Éditorial du ForumInfo n°3, mars 1997

Le mois de mars nous amène plein de surprises  : le printemps d'abord... et le vote du budget de la commune. Dans une ville comme Orsay on trouve de nombreuses activités culturelles, sportives, des transports, des écoles... Comment les financer ? Soit par des contributions individuelles de chaque citoyen, soit sur le budget municipal alimenté par les impôts locaux. Le problème est de décider de la part de l'un et de l'autre.

L'actuelle équipe nous propose de réduire le recours à l'impôt et d'augmenter le paiement individuel, pour faire de nous des citoyens moins « consommateurs » et plus « responsables ». Allons jusqu'au bout du raisonnement, c'est à dire que chacun ne paye que pour ce qu'il utilise : les nageurs pour leur piscine, les lecteurs pour leurs livres, les bébés pour leur crèche, les vieux pour leur maison de retraite et les piétons pour leur trottoir... Résultat : tout ne serait que « service » qui s'achète : nous serions de simples consommateurs, de moins en moins impliqués dans la vie locale, de moins en moins responsable. En somme, de plus en plus individualistes et de moins en moins citoyens.

Pire  : le solidarité reculerait car il n'y aurait plus de contribution de chacun au bien être de tous. À la limite, la démocratie s'efface  : il suffirait que le préfet de l'Essonne publie chaque année la liste des prix des différents services ! Des élus ? Pour quoi faire !

Le commune est l'espace démocratique auquel les gens tiennent le plus  : parce que c'est là très concrètement que chacun peut prendre part aux décisions collectives, par le vote et par la participation directe, c'est là que la solidarité peut s'exprimer au plus près des besoins de chacun.

Tiens, voilà le printemps qui vient...