Éditorial du ForumInfo n°7, d'avril 1999

Comme chaque année, février est pour la municipalité le temps du « débat d’orientation budgétaire ». Dans beaucoup de communes, et bien sûr dans la notre, ce débat n’en porte que le nom. Il s’agit plutôt de juxtaposition de monologues. Chaque groupe du conseil ou, plus précisément, chaque groupe minoritaire, va pouvoir exposer pourquoi l’orientation proposée ne lui convient pas, mais il n’y aura pas de débat, et surtout, tout est fixé, réglé et immuable, car ce point de l’ordre du jour n’existe qu’imposé par la loi. C’est un détournement total de l’esprit de cette loi : l’idée d’imposer un débat d’orientation 2 mois avant le vote d’un budget voulait permettre l’expression d’une véritable concertation.

Sur le fond, rien de bien nouveau n’est proposé cette année. La majorité municipale se félicite d’avoir réduit (très légèrement) les dépenses et augmenté (un peu) les recettes. Ceci lui permet de lancer de grands projets d’investissements sans augmenter les impôts. Ce dernier point cache en fait un élément important : pour faire subir le moins possible au budget le poids du remboursement d’emprunts, la commune se débrouille pour faire réaliser ses plus gros travaux par les syndicats intercommunaux, ou avec des subventions départementales ou régionales, ce qui a pour effet de faire porter la dette sur les budgets de ces organismes. Pour le contribuable, la somme à payer sera la même, mais l’avantage politique – pour la municipalité – c’est que l’augmentation d’impôts sera en apparence imputable au département ou au syndicat intercommunal, et pas à la municipalité! En d’autres termes, on augmente bien les impôts mais on fait porter le chapeau... aux autres.

Mais si nous refusons le budget actuel, c’est essentiellement du fait de l’absence de projet de ville qu’il comprend. Si projet il y a, il n’est que d’ordre budgétaire : réduire les charges communes et accroître le financement privé. Cela se traduit par la volonté de faire payer individuellement à chaque usager le coût des services offerts, ce qui est à l’opposé de notre conception de la solidarité à l’échelle d’une commune.