Éditorial du ForumInfo n°10, avril 2001


La victoire de la liste Aubry à Orsay est celle d'une droite sans nom, qui ne se dit pas de droite. Elle prétend donner l'image d'une relation de proximité, aussi personnalisée que possible, avec chaque Orcéen. Elle est un danger pour la démocratie.

Cette fausse proximité repose en fait sur l'individualisme. Elle dépolitise les gens, en les considérant comme de simples individus-consommateurs de services. Elle voudrait faire croire à chacun que l'argent de ses impôts lui profite à lui personnellement, alors que le rôle d'un maire est d'arbitrer des décisions pour la collectivité. Elle tente en résumé de transformer les citoyens en une clientèle.

L’intitulé de la liste Aubry était « Orsay 2001 » : un nom aussi évasif que possible qui lui permet de « ratisser » très large. Agiter l'épouvantail « Les Ulis » pour susciter un repli identitaire orcéen, c'est faire appel à la peur. C'est sur ce même réflexe de peur de l'autre, de l'étranger, que l'extrême-droite a prospéré. Ses électeurs peuvent aisément se reconnaître dans cette droite sans nom, et personne ne peut faire semblant de l'ignorer.

Pour l'avenir, une gauche vraiment plurielle

Face au danger que représente cette droite, les Citoyens Actifs et Solidaires se sont laissés convaincre qu'il ne devait y avoir qu'une seule liste à gauche. Alors, sans que l'association entre nommément dans la campagne, plusieurs de ses membres se sont présentés sur la liste de la gauche plurielle. C'était sans doute une erreur. Pour mobiliser les gens lassés des partis politiques traditionnels, il faut au contraire offrir le maximum de diversité, et afficher clairement notre originalité d’association qui croit à la politique, qui fait de la politique, tout en restant indépendante des partis. Les CAS continuent donc à exercer leur vigilance et à être une force de proposition et d’action locale. Avec vous, pourquoi pas ?