Publié dans le ForumInfo n°13, janvier 2003

"Les aspects d'urbanisme et d'insertion dans le site seront prioritaires"…"toutefois, la création de ce centre est aussi un moyen, pour un petit nombre, de s'offrir une tribune et de récupérer à des fins démagogiques un projet d'avenir qui fait l'unanimité tant sur le plan régional que national…". Les propos du maire au sujet du centre culturel (cf. bulletin d'informations municipales "les échos d'Orsay" d'avril 2002), s'il pratiquait l'autodérision, pourraient prêter à sourire. Mais ses agissements ont plutôt eu l'effet de mettre en ébullition une large frange de la population orcéenne, notamment lors d'une manifestation mémorable le 22 juin 2002.

Mal situé…

A l'évidence, le haut (15 m), long (51 m) et étroit (10 m) centre culturel qui devait être aujourd'hui en chantier, aurait créé un couloir sonore et visuel par rapport au bâtiment en vis à vis et ne pouvait que rompre l'harmonie du site ancien de la Bouvêche, dont une partie de l'enceinte devait être détruite.

A l'erreur d'urbanisme se cumulaient deux énormes écueils.

...mal conçu…

Le premier écueil concernait l'aspect fonctionnel d'un tel centre.

Une nouvelle salle polyvalente devait être créée, n’offrant guère plus de places (360 places) par rapport aux 250 places de l'actuelle salle Jacques Tati. Mais le projet initial prévoyait d'y installer des sièges fixes, ce qui enlevait tout l'avantage de la modularité d'une telle salle.

D'autre part, alors qu'il existe déjà un auditorium à côté du cinéma, le projet devait comporter un auditorium creusé (dans une zone d'affleurement de sources !), choix dispendieux et non dénué de risques chroniques de fuites d'eau.

Enfin, ce centre ne pouvait offrir que relativement peu de surface : 1000 m² pour l'auditorium et 2000 m² pour l'ensemble des disciplines qu'elle devait abriter (musique, théâtre, danse, peinture, sculpture) et des locaux pour accueillir les associations.

...trop cher.

Le second écueil était d'ordre financier. Le coût hors taxes annoncé s'élevait à 54 millions de francs (MF), dont 20 MF provenant de subventions (région et département). A cela, il aurait fallu ajouter les frais de construction des parkings (14,4 MF pour 120 places), d'aménagements intérieurs, d'accès, d'aléas de construction.

Ce budget mal ficelé aurait conduit la commune d'Orsay à s'endetter lourdement et ce d'autant que les finances de la municipalité ont été mises à mal par le déménagement de PFIZER en 2001, ancien premier contribuable de la ville (7 MF par an de taxe professionnelle).

Les associations ont d'ailleurs rebondi sur l'opportunité qui s'offrait alors à la commune d'acquérir le site PFIZER pour y installer son centre culturel. En effet, celui-ci offre une surface généreuse (11000 m²) sur un large terrain de 4,6 ha, et ce à deux pas du centre.

Une partie des locaux pouvait être louée à des entreprises, faisant entrer de l'argent à la commune, et une autre partie pouvait être consacrée à la culture. Mais le Maire n'a pas voulu user de son droit de préemption et de la possibilité d'achat à un prix inférieur à celui du marché. Le site PFIZER est aujourd'hui en cours de vente à la société SOGELYM-STEINER, à qui un permis de construire a été accordé le 25 octobre 2002.

C’est moi qui décide

Car Madame le Maire semble mépriser la démocratie et les orcéens. Les associations, à l’initiative du CASCO, collectif d’associations orcéennes regroupant la MJC, l’ASO et le CAO, relayées par CAS dans Forum Info, puis rejointes par l'ASEOR et "Le Quartier La Bouvêche" se sont escrimées pendant un an à demander à faire partie d'un groupe de travail sur le centre culturel, à consulter les plans, à faire des suggestions constructives (dont le site PFIZER). Et les 6000 signatures de pétition n'ont pas fait plier Madame le maire, qui a mené une véritable guerre d'usure en ne répondant pas aux courriers d'associations, en décalant les rendez-vous pris et en les annulant à la dernière minute.

Madame le maire s’est comportée en véritable despote et n’a pas accepté un contrôle démocratique. Ainsi, au cours du fameux conseil municipal du 25 mars 2002, pendant lequel 32 policiers de la BAC (Brigade Anti Criminelle) sont intervenus à sa demande pour "faire régner l'ordre public", les conseillers municipaux fantoches de la majorité ont "voté" à huis clos la programmation budgétaire du centre culturel et ce, sans avoir été mis au courant du fond du dossier.

Conséquence : même si le centre culturel ne voit pas le jour, 279.000 euros (1,8 MF) ont été dépensés au cours de l'année 2002. En ajoutant les 232502 euros (1,5 MF) déjà dépensés en 2001, les orcéens auront payé plus de 3 MF pour financer les frais de pré-étude d'un centre culturel virtuel.

De plus, l'opacité du choix du lauréat est totale : le jury d'examen (Madame le Maire, trois élus de la majorité, trois architectes d’un bureau d’étude et trois personnalités "qualifiées") chargé de sélectionner les propositions d'architectes a rendu un choix très tôt (10 janvier 2001 validé par le conseil municipal le 14 mai 2001) sans qu'aucun rapport sur ce choix n'ait été présenté à la population. Le lauréat (cabinet HERBERT-PELIZZA) , est spécialisé en architecture d'intérieur et sans expérience sur des projets tel qu'un centre culturel. Par ailleurs, et par hasard, l’une de ses membres est une amie d'enfance de Madame le Maire.

L'abandon du projet de centre culturel a été officiellement prononcé lors du conseil municipal du 25 novembre 2002. Cependant, l'avenir ne se présente pas sous les meilleurs auspices pour Orsay qui est devenu le terrain de jeu de promoteurs immobiliers et ce, par l'entremise de son maire, autoritaire et sans vision d'avenir pour la commune qu'il est censé gérer.