Publié dans le ForumInfo n°13, janvier 2003

Des statistiques, des graphiques, sont diffusés régulièrement pour nous informer sur la situation économique de notre pays : déficit public, indices boursiers, pouvoir d’achat, taux de chômage, moral des ménages, évolution de la délinquance…..
L’indicateur qui semble l’objet de toutes les attentions est la croissance. Mais qu’est ce qui se cache derrière ce terme ? La croissance de quoi ? Mais du PIB (Produit Intérieur Brut) bien sûr !

Qu’est ce qui compte pour le PIB ?

Le PIB mesure ce qui a été produit dans un pays, en distinguant le PIB marchand, concernant les entreprises, et le PIB non marchant, qui mesure la production des services publics (éducation, santé, infrastructures). Dans les deux cas, on ne mesure que ce qui se comptabilise de façon monétaire.
Dans ce système, le travail domestique, le temps passé avec les enfants, la participation à des activités bénévoles ne sont par évaluées. A l’inverse, les réparations causées par les activités humaines (accidents de la route, dégâts provoqués par un pétrolier qui s’échoue,…) augmentent le PIB.
Alors, il faut se poser des questions : qu’est ce qu’une société riche ? Et les échanges marchands sont-ils les seuls créateurs de richesse ?
Une société riche, c’est sûrement une société avec un assez bon PIB, qui produit des biens et des services en quantité suffisante pour les mettre à la disposition de tous. Mais c’est aussi une société qui sait répartir ses revenus, qui développe ses services publics avec une égale possibilité d’accès pour tous, qui participe au développement des libertés individuelles, à l’égalité hommes –femmes.
Ainsi, d’autres indicateurs doivent permettre d’étendre le champ d’informations concernant la richesse. Comment évaluer le bien-être et le bien-vivre d’une société ?

Qu’est-ce qui compte vraiment ?

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) propose d’établir un Indice de Développement Humain (IDH). Celui-ci inclut un bilan du développement de chaque pays en matière de santé, logement, éducation, revenus, scolarisation des femmes, mortalité infantile, environnement, sécurité humaine. Cet ensemble de données permet de s’intéresser autrement à l’être humain, et non plus seulement à ses capacités de production de biens consommables.

Tel un pied-de-nez au CAC 40, indice boursier les 40 grandes entreprises françaises, quelques associations ont eu l’idée, en avril 2000, de créer le BIP 40 (Baromètre des Inégalités et de la Pauvreté), qui regroupe des informations sur l’emploi, les conditions de travail, la répartition des revenus, la santé, l’éducation, la justice. Il donne une autre représentation de la richesse et de l’évolution de la pauvreté.

Les règles du système actuel de représentation de la richesse ont été établies dans l’après-guerre, en fonction des priorités de cette période :
reconstruction et industrialisation.
Il serait nécessaire d’y inclure aujourd’hui d’autres exigences :
environnement, relations sociales, éléments qui
privilégient plus l’être que l’avoir
et qui donnent une valeur à ce
qui n’a pas de prix.