Publié dans le ForumInfo n°16, novembre 2004

Quand Michel Lochot était maire d’Orsay, un vaste projet de rénovation du quartier du Guichet avait été lancé. S’appuyant sur des groupes de travail actifs, ce projet avait abouti à un schéma de rénovation qui avait obtenu la majorité des suffrages des orcéens. André Laurent avait alors poursuivi cette action et créé pour sa réalisation une ZAC (zone d’aménagement concertée) sur le Guichet ; une société d’économie mixte, la SEMORSAY, était chargée de la maîtrise d’ouvrage. Après son élection, Marie-Hélène Aubry n’a eu de cesse de supprimer la SEMORSAY, et d’annuler la ZAC du Guichet.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de ces sigles, quel est l’avantage d’une ZAC ? Quand une commune souhaite mener une politique d’urbanisme, elle a un premier niveau d’action au niveau de ce qui s’appelait le POS (Plan d’Occupation des Sols). Celui-ci définit des zones de divers types, correspondants à des degrés d’urbanisation. La ZAC est une zone définissant son propre règlement, indépendamment du POS existant, ce qui permet d’aménager un quartier dans un délai déterminé. Sa procédure de création, quoique non dénuée d’une certaine lourdeur, est plus simple que la révision du POS. Une fois la ZAC créée par décision préfectorale, la maîtrise de la réalisation est alors généralement confiée à une SEM. La SEM va acheter les terrains pour la commune, puis elle revendra soit les terrains, soit les constructions réalisées à des propriétaires publics ou privées. Un des intérêts de ce mode d’aménagement, outre le contrôle renforcé de la commune sur le type et la qualité des bâtiments réalisés, est de profiter de la plus-value réalisée lors de la revente des terrains pour financer des équipements publics. Sans ZAC, la commune doit acheter les terrains dont elle a besoin pour ses équipements, puis les réaliser entièrement à ses frais sans aucune rentrée permettant d’atténuer la charge financière.

L’annulation d’une ZAC entraîne des frais de procédure, de dossiers et de pertes financières dépendant de l’état d’avancement au moment de l’annulation.

Que voit-on à Orsay depuis l’arrêt de la SEMORSAY et de la ZAC du Guichet ?

- Des constructions anarchiques et de qualité douteuse, tel l’immeuble construit à la place de l’ancienne gare, avec des terrasses donnant sur la RN118.

- Des ratés notoires dans les possibilités d’aménagement : lors de son premier mandat, Marie-Hélène Aubry avait un plan d’aménagement du centre ville dont la réalisation dépendait de la récupération de l’espace qui fermait le parking de la poste. À notre grande surprise, elle a laissé un promoteur construire un immeuble sans bondir sur l’occasion de pouvoir enfin réorganiser le centre.

Quelle est la vision d’ensemble de la municipalité actuelle ?

Pour Marie-Hélène Aubry, les ZAC ne servent à rien, les promoteurs privés se débrouillent très bien tous seuls. Résultat : un coût pour arrêter les opérations lancées par ses prédécesseurs, suivi par des coûts d’aménagement des équipements publics, tels le passage sous les voies RER du Guichet, la gare routière, etc. Et d’autres équipements publics en attente : réaménagement de la bibliothèque et des écoles, maison de quartier, etc.

D’après Marie-Hélène Aubry, il est hors de question de réaliser un PLU (Plan local d’urbanisme), plan remplaçant les POS, avec des obligations de définir, outre le type de construction, le type d’environnement et de déplacement en zone urbaine. Pourtant le PLU est obligatoire dans les communes.

L’absence de plan d’urbanisme est flagrante et son coût pour la commune ne pourra être entièrement chiffré qu’après le départ de Madame Aubry et l’audit précis des comptes communaux. Et nous ne parlons pas ici de l’absence de logements "sociaux" qui nous coûte pourtant une fortune chaque année (environ 170 000 euros) au titre de la loi de solidarité urbaine !

Il faut bâtir un projet de ville cohérent pour Orsay, s’intégrant dans une vision d’ensemble de la communauté d’agglomération du Plateau de Saclay, avec la participation massive de tous les habitants.