Le bétonnage en béton du Plateau (cf. article précédent) proposé par l’Etat a un petit défaut : il n’est pas en conformité avec le schéma directeur d’Ile de France (SDRIF). Ce plan d’aménagement du territoire, adoptée par le conseil Régional d’Ile de France le 26 septembre dernier, a été le résultat d’un long processus d’élaboration au cours duquel les citoyens se sont exprimés (certes, pas aussi facilement que nous l’aurions souhaité), et auquel l’Etat central a été associé. Pour en résumer l’esprit, il propose de plutôt densifier l’habitat là où il est déjà implanté afin de ne pas mordre sur les espaces naturels et agricoles. Exactement le contraire du projet présenté par Christian Blanc.

Alors comment se débarrasser de cet objet encombrant ? Une première solution est de passer outre : dans le cadre d’un OIN (cf. explications dans nos archives OIN), l’Etat peut mettre en place des projets d’aménagement qui s’imposent à tous les documents d’urbanisme existants. Mais ce ne serait guère élégant : l’Etat passerait outre le travail de tous les acteurs du territoire. Il y a beaucoup plus simple : il suffit que ce SDRIF n’existe pas et on n’aura pas besoin de le piétiner. Aussitôt dit, aussitôt fait : le SDRIF a certes été approuvé par le Conseil Régional d’Ile de France, chargé de le mettre en place, mais pour qu’il entre en service, il faut qu’il passe en Conseil d’Etat, simple formalité. Encore faut-il que le gouvernement le transmette au dit Conseil d’Etat. Ce qu’il ne fait pas, délibérément semble-t-il. Subtil, non ?

Face à ce déni de démocratie avéré, le Conseil municipal d’Orsay a voté le 22 octobre une motion demandant "au gouvernement de transmettre sans attendre le SDRIF au Conseil d’Etat, pour son approbation définitive". Les contorsions des élus de l’opposition pour expliquer que cette motion était tout a fait légitime mais qu’ils n’allaient pas la voter faisait peine à voir. Au final, presque tous ont courageusement choisi de ne pas prendre part au vote.