Le premier équipement du projet Saclay est pratiquement achevé.
Il s’agit d’une
audacieuse usine à gaz à bi-rotor cataplasmique,
qui devrait en produire suffisamment (du gaz) pour alimenter
l’ensemble du projet jusqu’en 2015.


L’aménagement du plateau de Saclay, avant, en 2006, c’était pourtant simple : un premier ministre (Dominique Galuzot de Villepin) demande au Préfet de Région (Bertrand Landrieu) de préparer une OIN, mission confiée à un préfigurateur (Jean-Pierre Dufay). Schéma centralisateur, certes, mais limpide comme de l’eau claire qui coule depuis le haut des montagnes vers les mornes plaines.

Aujourd’hui, seule une élite du gouvernail administratif et de la voilure politique s'autorise à penser (ah! Coluche, tu nous manques...) qu'elle appréhende les principes de la gouvernance du bazar. C’est pourtant pas si compliqué : une étude préliminaire avait été confiée à Philippe Lagayette, qui, après avoir rendu un rapport en 2007, a finalement démissionné en octobre 2008, (semble-t-il en désaccord avec Christian Blanc, le secrétaire d’Etat chargé du Développement de la région capitale, auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire). Il est en tout cas remplacé fin octobre par deux chargés de mission, un pour les aspects scientifiques, Jacques Glowinski, professeur honoraire au Collège de France, nommé par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse (élue UMP des Yvelines), et un pour les aspects aménagement, Vincent Pourquery de Boiserin, directeur régional et départemental de l’Equipement de la région Centre et du Loiret, nommé par Christian Blanc (élu Nouveau Centre, des Yvelines lui aussi). On vient bien de pénétrer dans le champ de la tectonique des territoires ministériels et régionaux, un peu comme en géologie, à la frontière de deux plaques de l’écorce terrestre, là où surgissent les volcans et se déchaînent les tremblements de terre.

Heureusement un nouvel acteur vient de débarquer : Pierre Veltz, directeur de la mission région capitale auprès du secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale. Cela ne fait-il pas beaucoup de chefs pour une seule région, toute capitale soit-elle ? Et bien non, bien au contraire, et ils seront fort heureusement épaulés par Guillaume Pasquier. Ah, vous n’avez pas été présentés ? C’est le conseiller au cabinet du secrétaire d’Etat (Christian Blanc, voyons, un peu d’attention !). Il est le chef de la mission de préfiguration, sous l’autorité du délégué ministériel. Ah oui, j’avais oublié de dire que Pierre Veltz est, de surcroît, délégué ministériel pour la mise en œuvre de la mission de préfiguration de la création de l’Etablissement Public Paris Saclay.

L’Etablissement Public Paris Saclay ? C’est très simple : c’est un nouvel outil juridique d’aménagement qui fera l’objet d’une loi avant l’août (foi d’animal, intérêts et principal) et qui concernera 49 communes, périmètre dans lequel l'État pourra déployer l’OIN, opération d’intérêt national, qui, elle, ne concerne que 27 des 49 communes en vertu du décret signé le 3 mars 2009 et où l’Etat, côté Blanc, confisquera tous leurs pouvoirs aux collectivités territoriales et leur demandera de faire la manche pour payer les tuyaux (de gaz). L’OIN débutera par la mise en œuvre de l'opération Campus, projet scientifico-immobilier pour le plateau, signé en février par ses 23 partenaires et pour lequel il ne manque que quelques centaines de millions d’euros de financement à l'Etat, côté Pécresse. Voilà.

Moquons, moquons mais méfions nous des apparences quand les usines à gaz ne semblent produire que du vent… Elles produisent en tout cas des emplois entre Bercy et Varennes et, certainement, y génèrent moult heures sup'...