Après cette longue parenthèse électorale, les manœuvres vont pouvoir reprendre sur le Grand Paris et le plateau de Saclay, avec le débat au Sénat, à partir de début avril. Ah ! si Pécresse, comme c’était prévu il y a un an, avait gagné les élections ! Comme tout serait plus simple ! Un petit relookage du schéma directeur et hop ! Et pourtant elle a fait le maximum, jusqu’à organiser en compagnie de Nathalie Kosciusko-Morizet une réunion sur le plateau entre les deux tours (le 16 mars). Nous, on a boudé, parce que c’était un peu gros d’essayer de moissonner de l’électeur bio après avoir semé des graines de béton (poéthiques les CAS en 2010 !)

On n’y était pas mais on a eu des échos. L’inscription de 2300 hectares de terres agricoles "au minimum" dans la loi serait acquise. Promesse confirmée par le sénateur Laurent Béteille présent à la réunion. Effectivement dans le projet amendé par les sénateurs qui va être débattu très prochainement, on lit "au moins 2 300 hectares". Mais le gouvernement acceptera-t-il cette impertinence sénatoriale ? Autre promesse dans cette réunion : la gare du "grand huit" n'aurait pas d'effet sur les surfaces des terres agricoles et ne provoquerait pas d'urbanisation puisque les terres sont protégées de manière définitive : on en prend bonne note. Une gare sans ville autour… c’est un nouveau concept ?!

Les espaces naturels autres qu’agricoles seraient aussi protégés mais séparément. Pas de logements autres que d'étudiants sur le plateau, pas d'activités économiques, ce qui semble contradictoire avec le projet Blanc… Par contre Valérie Pécresse persiste et signe au sujet du transfert de la Faculté d’Orsay sur le plateau. Proximité avec l’école polytechnique pour favoriser les contacts, coût de la réhabilitation supérieur à celui de la démolition : des arguments tellement ressassés qu’ils semblent devenus d’eux-mêmes obsolètes sans même qu’il soit nécessaire de répéter combien ils sont fallacieux.

Côté mission de préfiguration de l’Etablissement public Paris-Saclay, rien à signaler, parce que là aussi on boude, pas envie de cautionner une pseudo-concertation si le cœur du projet, à savoir le déménagement de la Faculté d’Orsay sur le plateau n’est pas négociable. On nous propose de fait de la concertation "à la découpe" : on concerte sur des parties du projet sans que son bien fondé d’ensemble ne soit questionnable. Cela est typiquement le cas de la concertation sur le Quartier Ouest de Polytechnique, QOX pour les intimes. Voyez vous-même le beau site internet de cette concertation.

Sur ce même site, on trouve un compte rendu d’une première réunion (celle du 21 janvier 2010) où Pierre Veltz indique que "de grandes entreprises ont manifesté leur volonté de venir implanter leur centre de R&D sur le plateau. L’arrivée d’activités économiques et la création d’emplois sont en effet essentielles pour la stratégie de cluster et font partie intégrante du programme", tout le contraire de Pécresse (cf. plus haut). Autres points saillants de cette réunion : les participants ont insisté d’abord et avant tout sur la nécessité d’améliorer les transports en commun existants (RER B et C), sur la difficulté d’atteindre le plateau depuis la vallée en transports en communs et déplorent l’absence de concertation sur le principe même du déménagement de la Faculté d’Orsay…. On a beau expliquer au peuple qu’il a tort, il continue de penser qu’il a raison….