Ah le parc campus ! Un concept si flexible, si adaptable, une véritable anguille… Quand vous croyez avoir compris ce que c’est, il vous échappe et revient sous une autre forme…

Nous avions déjà essayé, il y a quelques mois, d’expliquer le concept, recommençons donc, car nous avons de nouveaux éléments pour comprendre. Dans l’exposition "12 campus pour le 21 siècle" (jusqu’au 6 décembre au Trocadéro), l’architecte Michel Desvigne explique un des principes de son projet d’aménagement, à savoir la reproduction d’une maille, c'est-à-dire d’une unité géométrique simple qui se répète et dessine ainsi une trame :

"Dans les quartiers, compte tenu de leur dimension, de leur nombre, nous pensons qu’une structure géométrique simple  permet d’avoir un repérage toujours simple" : oui, on comprend.

"Par ailleurs, cette trame génératrice donne une grande flexibilité dans l’installation des quartiers" : admettons, mais déjà, la flexibilité ça nous inquiète un peu...

"Et cette géométrie simple a aussi l’avantage d’être un système fini, donc nous ne génèrerons pas une prolifération potentielle" : là on reste perplexe. Quoi de plus simple à reproduire, justement, qu’une forme géométrique simple ? Un damier ne peut-il pas se dessiner à l’infini ?

Travaux pratiques :

1) observons la carte présentée en juin par l’architecte, projection de ce que serait le campus en 2025 : on y voit les petit carrés blancs du maillage des bâtiments, des carrés verts clair, qui sont des prairies qui dessinent le paysage.

Campus_en_2025__juin_2010_

2) observons la même carte, toujours à l’horizon 2025, mais cette fois présentée sur le site internet de l’EPPS depuis la rentrée et également présentée au Trocadéro : les petites mailles, système fini se sont multipliées dans la torpeur de l’été, les blanches comme les vertes : c’est particulièrement net au sud de la ferme de la Matinière ; plus à l'est, une grande surface agricole s’est couverte de petites mailles carrés, d’un vert tirant sur le gris. De potentielle, la prolifération semble se matérialiser sous nos yeux.

Campus_en_2025__automne_2010__2

Tout semble ainsi prêt pour un grand quartier allant du CEA à Polytechnique, ce que l’architecte nous dit à demi mots : parlant des prairies il nous dit qu’elles vont "nous permettre d’abord de maintenir, de donner une qualité à ce lieu, et de donner à voir ce que sera son étendue, son échelle, sa forme."

On prépare le terrain avec des prairies en forme de terrain à bâtir, et puis il ne reste plus qu’à bâtir…