Lors de cette fameuse réunion du 6 avril, nous avons vécu un grand moment d’émotion. Au départ, rien que de très classique : D’abord une présentation générale du projet par Pierre Veltz, toute en angles arrondis. Puis une attaque en règle par le représentant du maire Palaiseau pour dénoncer le caractère anti-démocratique de la façon de mener ce projet, au mépris de la population et des collectivités locales, alors même que celles-ci seront sollicitées pour financer logement, transport en commun et équipement public. Puis plusieurs interventions dans le même sens, bref ça commençait à chauffer, mais jusque là rien que de très normal.

C’était alors le tour du paysagiste en charge du projet, Michel Desvigne, de prendre la parole, et on a alors eu droit à un pétage de câble en direct, à moins qu’il ne se soit agit d’un numéro de guignol très bien joué… Le paysagiste commença son exposé, pour l’interrompre presque aussitôt, faisant état du profond trouble dans lequel les échanges précédents l’avait jeté. On aurait presque été émus nous même s’il n’avait continué sur un ton nettement plus déplaisant, du style « je suis un professionnel et depuis que j’exerce ce métier j’en ai fait des réunions de concertation, mais je n’ai jamais vu une chose pareille, un tel mépris et j’aimerais un peu moins de mépris pour des gens qui travaillent sur ce projet depuis plus d’un an » Sifflets, huées, prises de parole spontanées sans micro pour dire de quel côté était le mépris…

Un peu plus tard, une fois la tension un peu retombée, l’architecte reprenait la parole, s’excusant confusément de son irritation précédente. Mais, alors que les gens dans la salle avaient exprimé des préoccupations très concrètes (comment pourraient-ils se déplacer, se loger, vivre quoi!), il se lança dans un grand discours avec un vocabulaire abscond (ah..! la « géographie amplifiée » c’est beau, mais c’est quoi au juste ?), avec des considérations certes brillantes sur le traitement des lisières et les « paysages intermédiaires », mais illustrées d’images de simulation pas crédibles du tout…Bref quelque chose qui donnait à penser que l’homme considérait le plateau de Saclay comme son terrain de jeu et où il pouvait expérimenter des gestes esthétiques sans trop se soucier des indigènes résidants, calamiteuse impression…