Le résultat du premier tour porte la liste conduite par David Ros en tête de l'élection municipale, mais sans lui donner la majorité absolue des suffrages exprimés, ce qui obligera à un second tour. La tenue de ce deuxième tour nous semble salutaire pour la démocratie, et ce pour au moins trois raisons.

Par ordre d'importance

- Ce deuxième tour oblige les deux listes arrivées en deuxième et troisième position à mettre en application pratique leurs déclarations faites durant la campagne du premier tour : Raymond Raphaël a insisté en fin de campagne sur le fait que sa liste était la seule de droite, mettant David Ros et Jean-Christophe Péral dans le même sac, en rappelant leur alliance lors de la précédente élection municipale. Pour sa part, Jean-Christophe Péral a déclaré son indépendance vis-à-vis des deux autres listes. Les listes de Jean-Christophe Péral  et de Raymond Raphaël ont ainsi clairement annoncé, avant même ce premier tour, que tout rapprochement entre elles était impossible. La tenue d'un deuxième tour, qui rend théoriquement possible la fusion des deux listes, les oblige à assumer jusqu'au bout leur affirmation d'indépendance réciproque, et c'est salutaire pour la démocratie.

- La liste conduite par David Ros manque pour 176 voix son élection dès le premier tour*, et cela aussi nous semble salutaire :

D'abord et avant tout parce que ces calculs sur les suffrages exprimés font toujours abstraction de l'abstention, des bulletins blancs et nuls, et qu'il nous semble qu'il faut enfin se décider à les prendre en considération, parce qu'à chaque élection leur pourcentage s’accroît : 31,75%  d'abstention, de blancs et de nuls en 2008, 38,46 % en 2014, la progression est très significative. Exprimé en pourcentage des inscrits, le résultat de l'élection prend une toute autre dimension :

abstentions, blancs, nuls :       38,6%
liste conduite par D. Ros :       30,0%
liste conduite par R. Raphaël : 17,7%
liste conduite par JC Péral :     13,7%
total :                                  100,0 %

En présentant les résultats de cette façon, on perçoit bien que la liste conduite par David Ros est loin d'avoir attiré la majorité des Orcéens. Abstentions, blancs et nuls arrivent même en tête ! Le deuxième tour est donc salutaire pour voir de quelle façon la liste conduite par David Ros (mais aussi les deux autres) s'y prendra pour mobiliser ces abstentionnistes, nullistes et blanchistes.

- Enfin, symboliquement, il apparaît finalement logique et rassurant pour la démocratie que cette liste, qui n'avait pas fait le choix de composer avec toute la gamme des forces écologistes et solidaires présentes à Orsay, ne puisse obtenir son succès dès le premier tour. C'est un petit détail, symbolique, mais en politique ces petits détails ont toute leur importance...

* Oui vous avez bien compté : il manque formellement 74 voix pour avoir la majorité absolue des suffrages exprimés, mais pour avoir la majorité absolue des suffrages de ceux qui se sont exprimés en allant voter (avec blancs et nuls) alors oui, il manque en 176.