Depuis plusieurs années, la France est rappelée à l'ordre par la Commission Européenne pour ses dépassements récurrents des plafonds de pollution atmosphérique. Au moins deux gouvernements successifs n'ont rien fait et l'actuel se contente de réagir avec retard par des mesures symboliques. Inaction si forte qu'il est probable que la France soit mise à l'amende et que nous devions payer pour être pollués !

Localement, l’Etat, la Région, le département de l’Essonne, la CAPS et la commune d'Orsay, chacun-e à leur niveau, ne font pas grand-chose. Ils sont même tous d’accord, explicitement ou tacitement, pour augmenter le trafic routier sur le plateau de Saclay et, par voie de conséquence, sur la N118, en faisant un tronçon de la Francilienne, alors qu’elle est déjà régulièrement saturée (voir notre article sur la RD36).

Notre commune ne se préoccupe guère de ce problème et ne semble pas envisager de publier des relevés locaux de la pollution. Est-ce par aveuglement écologique ou pour ne pas froisser les promoteurs qui bâtissent au ras de la N118 ?

Dis, tonton, pourquoi tu tousses ?

Nous avons vécu cet hiver 2014 plusieurs épisodes d'alerte à la pollution de l'air. Il s'agissait de dépassement des seuils de teneur en particules (« PM10 », « PM2.5 ») et en oxydes d'azote (« NOx »), polluants classés dangereux pour la santé par l'OMS.

Il faut noter que ces dépassements sont déterminés par la moyenne des mesures sur une zone (Île-de-France pour ce qui nous concerne directement) et que de nombreuses études ont relevé que des pointes bien supérieures sont rencontrées le long des axes routiers.

En effet d'après Airparif ces pollutions sont produites par le trafic routier (70 % du NOx, 50 % des particules) et pour le reste par le chauffage (mazout, bois) et les activités humaines (chantiers, SIOM, avions).
Il n'y a donc aucune surprise à deviner sur des cartes fournies par Airparif, que les concentrations moyennes annuelles sont trois à quatre fois plus élevées le long de la N118 et de l'A10, avec des pointes dans le creux de l'Yvette et la montée vers Les Ulis :

Pollution-PM-NOx-Orsay-2012

Cela tombe mal, à Orsay rien n'est loin de ces axes, surtout pas les écoles maternelles et élémentaires pas plus que les crèches et autres structures d'accueil pour l'enfance. Aucun ostracisme, les résidences pour personnes âgées n'en sont guère éloignées, tandis que la piste cyclable des Genêts suit fidèlement la N118 et que le gymnase Blondin est juste en dessous. Il y en a pour tous les âges et tous les publics !

Peut-on agir au niveau communal ou de la CAPS ?

Pas de solution miracle mais un peu de logique : pour diminuer la pollution routière on ne peut guère que diminuer le nombre de véhicules, spécialement de poids lourds, ET ralentir leur vitesse.
Il faut d'abord et avant tout s'opposer à  tout projet susceptible d'augmenter le trafic des voitures et poids lourds sur la N118, et donc rejeter le doublement du RD36 sur le plateau de Saclay. Sur cette question centrale et sur toute autre mesure pertinente nous attendons les actions de nos instances locales. Entre temps, CAS propose.

Essayons de gagner quelques microgrammes sur la N118

Aujourd'hui pour des raisons qui échappent au commun des mortels, la N118 est limitée à 90 km/h dans le sens de la descente et à 110 km/h dans le 90bis sens de la montée. Pourquoi encourager les véhicules à accélérer de l'Yvette jusqu'au ring des Ulis pour leur intimer de freiner à 70 km/h à la jonctionavec la A10 ? La pollution (et le bruit) est maximale (3 à 5 fois supérieure) en phase d'accélération et en côte.
Calmons le jeu et gardons le 90 du Christ de Saclay jusqu'à la A10 et, pourquoi pas, encourageons les poids lourds à escalader les côtes à 70 km/h dans leur voie réservée.
A moins que, pleine de zèle, nos autorités calquent leur décision sur le périphérique parisien en limitant tous les véhicules à 70 km/h ?
N'écoutez pas ceux qui prétendent que cette limitation va ralentir le trafic ; le débit maximal d'une voie d'autoroute (1800 véhicules/heure) est obtenu à ... 30 km/h. Quand la vitesse augmente, le débit diminue du fait de la distance de sécurité.

Complétez votre information sur ce sujet avec notre dossier « AIR » sur le site internet cas-orsay.org.