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Jeudi dernier, le 17 Avril, avait lieu l'élection du président de la communauté d'agglomération du plateau de Saclay (CAPS). Cette première réunion de la nouvelle assemblée a permis d'entrevoir des projets assez différenciés pour ce territoire, mais dans l'ensemble assez décevants.

Petit rappel : lors de la récente élection municipale, nous avons élu non seulement nos conseillers municipaux, mais aussi nos conseillers communautaires, 58 au total pour les 11 villes de la CAPS, les communes ayant de 2 à 12 représentants en fonction de leur nombre d'habitants. Igny et Palaiseau étant passés à droite, et la liste PS-PC ayant perdu aux Ulis, il était déjà entendu que la communauté allait changer de bord politique.

Quatre candidats à la présidence se sont présentés : Michel Bournat, maire (UMP) de Gif-sur Yvette, Paul Loridant, élu (MRC) des Ulis, David Ros, maire (PS) d'Orsay et Grégoire de Lasteyrie, maire (Union de la droite) de Palaiseau. La droite n'avait donc pas trouvé d'accord préalable sur un candidat unique.

Michel Bournat, favori pour le poste, a déterminé 3 enjeux : l'aménagement de la frange sud du plateau, projet décidé par l'Etat sur lequel il n'a pas montré d'opposition, précisant simplement que son implantation devait être compatible avec les orientations décidées par les communes. Dans cet esprit, il a affirmé que le contrat de développement territorial (CDT), qui définit les orientations de cet aménagement et qui doit être mis à l’enquête publique à l'automne devait être révisé sur l'urbanisme, sans donner plus de précision. Il a fait du développement économique sur Courtaboeuf son second enjeu, le troisième étant le défi qui va être posé aux finances intercommunales, au vu du désengagement annoncé de l'Etat.
En termes de gouvernance, discours rassembleur, avec une attention appuyée pour les « petites communes » dont les élus municipaux mais non communautaires pourront faire partie des commissions de la CAPS. On sentait l'intention de ratisser large, pour s’assurer une large majorité.

Discours assez tranché de Paul Loridant : après avoir lui aussi rappelé le caractère exceptionnel de ce territoire au point de vue scientifique, son unique préoccupation dans le reste de son discours était de défendre la place des Ulis dans la CAPS : il a affirmé le caractère polycentrique de la CAPS, égratignant au passage les communes qui auraient eu par le passé des visées hégémoniques, le fait que la CAPS c'était 2 plateaux et une vallée, etc. Discours assez creux finalement, on sentait plutôt une volonté de négocier son appui à l'un ou l'autre des candidats les mieux placés. La noix d'honneur de la soirée lui revient sans contestation, puisqu'il a affirmé ne pas être un professionnel de la politique, quoique maire des Ulis pendant 30 ans, sénateur pendant 18 ans.

Le discours de David Ros était lui assez proche de celui de Michel Bournat, avec un appui plus marqué au projet de l'OIN Paris Saclay, qu'il a déclaré avoir défendu depuis 2007, bien avant qu'il ne devienne maire. Une véritable profession de foi pour le Progrès, la Science « irriguant ce plateau » pour assurer les emplois de demain, d’où l'attention portée au développement économique sur l'ensemble Saclay/Vallée/Courtaboeuf. Il a rappelé que le projet était équilibré, avec des terres pour le cluster, mais aussi une zone agricole et naturelle protégée (protégée mais bientôt traversée par une quatre voie aurait-on aimé lui répondre...) avec nécessité de protéger la qualité de vie des habitants, logement, transports, (RER B), etc. Et proposant de créer des commissions extracommuntaires.

Le dernier à parler fut Grégoire de Lasteyrie. Le petit nouveau, vainqueur par surprise à Palaiseau, a promis une rupture dans le fonctionnement et les orientations de la CAPS. Effectivement on a senti une différence : bien que ne pouvant renier le projet de cluster, il a le plus fermement de tous affirmé que les objectifs d'urbanisation sur le plateau devaient être revus à la baisse, et le CDT renégocié pour maintenir la qualité de vie. Sur le fonctionnement il a affirmé que la CAPS devait être avant tout au service des communes avec la création d'un conseil des Maires qui définirait les orientations stratégiques, et refusant tout nouveau transfert de compétence des communes vers la CAPS qui serait imposé. Bref, un discours qui tendait vers le chacun pour soi, assez démagogique et tranchant avec celui de Bournat et Ros.

Résultat du premier tour :

  • Bournat: 20 voix
  • de Lasteyrie: 19 voix
  • Ros: 9 voix
  • Loridant: 8 voix
  • nuls: 2 voix

Scores beaucoup plus serrés, entre les deux candidats de droite, qu'on aurait pu le penser. Après deux suspensions de séances durant lesquelles on a senti que les tractations allaient bon train, Bournat restait seul en piste, avec l'appui affirmé de de Lasteyrie retenant l'engagement de Bournat de réformer le CDT, et avec l'aval de David Ros, notant le discours « apaisé » de Bournat. Loridant, lui se retirait finalement sans commentaire.

Vote final :

  • Bournat: 51 voix
  • blancs: 7 voix

Une très large victoire... mais quelle est sa signification ? On préférerait au fond que cela soit le reflet du jeu tactique des uns et des autres, sans véritable accord sur le fond. Car s'il s'agit bien d'une véritable convergence sur un projet commun, réglée en deux fois 15 mn de conciliabule, cela augure mal de la qualité démocratique de cette assemblée. On jugera toutefois à l'usage. En attendant on a noté une belle unanimité par défaut : on n'a entendu personne parler de transition écologique, populations défavorisées, aire d'accueil pour les gens du voyage... A droite cela était attendu. Mais à gauche on aurait pu attendre un discourt plus offensif. Et après on va se demander pourquoi les électeurs de gauche et les alternatifs ne sont pas allés voter en masse pour le PS.