Le secteur de Corbeville, c'est le troisième morceau du projet d'aménagement du plateau de Saclay, situé au beau milieu de la zone, entre le secteur de l'école Polytechnique, à l'est, et le secteur du Moulon, à l'ouest. On a déjà dit tout le mal que l'on pensait du principe de saucissonner ainsi la consultation sur le projet, façon de le faire passer plus facilement, car on masque ainsi les enjeux globaux, comme la circulation automobile, la pollution de l'air, la mise en péril de toute l'agriculture du plateau, y compris dans la zone qui lui est réservée, les risques d'inondations, la survie des espèces protégées, etc.

Dans le dossier de l'enquête publique, qui vient de se clore, l'EPPS nous tient un langage bien confus qui peut être traduit comme ceci : nous avons soumis un projet d'urbanisation autour de l’École Polytechnique, et un autre autour du quartier du Moulon, il nous reste une tranche entre les deux dont on n'ose pas trop dire que l'on va l'urbaniser aussi, alors que l'on sait déjà très bien où l'on veut en venir ; alors on dit juste qu'il faut nous en donner la maîtrise foncière tout de suite pour que, l'heure venue, on puisse en faire ce que bon nous semble.

Et le dossier de l'enquête liquide en une ligne et demi toute la question des impacts négatifs potentiels de cet aménagement, appelés « inconvénients » dans le texte, en écrivant :

« Ces inconvénients n’apparaissent pas excessifs au regard des très nombreux avantages que le projet présente. »

Une étude d'impact environnemental en une ligne et demi : record (d'arrogance) battu.

Lire ici notre contribution à cette enquête, que nous avons consignée à la Mairie d'Orsay et où nous donnons un avis négatif.

Mais cette façon de passer en force a ses limites. Ainsi, le rapport de la commission d'enquête concernant le CDT Paris Saclay, précédente enquête publique concernant le projet (et sur laquelle nous nous étions également exprimés), vient de rendre un avis défavorable sur le projet, à l'unanimité de ses membres.

Cela a dû être dur à avaler pour l'EPPS. Que va-t-il maintenant faire de cet avis, qui a un caractère consultatif ? Saura-t-il en tenir compte ?