Nous avons tenté de montrer, dans notre précédent article, que nous n'étions plus dans un pays où les décideurs publics administrent des décisions à leurs administrés, mais où ceux qui ont reçu mandat de la part des citoyennes et des citoyens sont là pour organiser de façon démocratique les décisions, et qu’ils ont des outils pour cela.

En réalité, dans cette réunion du 15/10, on était bien loin de ce renouveau démocratique. En effet, le président de la CAPS, Michel Bournat, qui a fait la présentation initiale, a expliqué que de faire un CDT était une « possibilité » offerte par la loi Grand Paris, et en aucun cas une « obligation ». Et que « si il n’y avait pas de CDT le projet se ferait quand même ». Et que suite à l’avis défavorable rendu par la commission d’enquête sur le projet de CDT, les élus avaient longuement débattu avant de décider de faire une enquête complémentaire (sous-entendu : on aurait pu passer outre l’avis de la commission d’enquête). Et que légalement la durée d’une enquête publique complémentaire était de 15 jours, mais qu’ils avaient décidé de la faire durer un mois (du 2 au 28 Novembre).

Du coup, on se serait presque sentis comme les sujets de sa Majesté, qui dans sa grande bienveillance, distribue quelques faveurs et largesses à ses manants... En réalité l’ambiance n’était point si conviviale, c’était plutôt du style « c’est à prendre ou à laisser », avec un ton assez autoritaire, voire parfois vaguement menaçant.

Alors, quand on a osé dire que cela s’apparentait à une forme de chantage, un murmure d’approbation a parcouru la salle et le souverain prit ombrage de voir un peuple si ingrat. Peut-être s’était-il maladroitement exprimé, sans doute sommes nous particulièrement suspicieux, peut-être avait-il mal perçu l’exaspération de la salle après tant d’errements de la concertation sur ce projet. Il n’avait en tout cas pas relu les « éléments de langage » bien plus amènes que l’on pouvait lire sur le site de la CAPS pour inviter à la réunion. L’ambiance était donc tendue.

Mais sans préjuger de la qualité du débat à venir autour de ce projet de CDT 2ème version, ne nous y trompons pas. Le CDT, dans sa première version ou dans cette version corrigée à la marge (et entre quatre murs), reste une compilation d’éléments disparates qui n’ont pas été pensés dans leur interaction car ils n’ont pas fait l’objet d’une approche globale. C'est le projet de l'Etat (dont la représentante n'a quasi pas ouvert la bouche lors de la réunion) avec l'appui de fait des élus locaux. Ce n'est pas une vision de l'avenir du plateau partagée entre tous les acteurs après avoir été débattue. Ce CDT n’est qu’un pis-aller, et il ne faut jamais l’oublier. Il est comme les miettes d'un festin qui s'est déroulé sans que les manants n'y participent.

A noter malgré tout : durant l’enquête publique, une réunion aura lieu à Orsay, salle Jacques Tati, le 13/11