A CAS, on aime bien Essonne Info. Parce qu'on trouve qu'ils pratiquent une forme de journalisme engagé. Quand on dit engagé, cela ne signifie pas qu'ils se placent dans le registre de l'opinion, du parti-pris : il s'agit bien d'information, fiable, vérifiée, comme c'est la règle du journalisme. Leur engagement se traduit plutôt dans la façon de traiter les sujets (approfondir, suivre dans la durée, accepter la complexité, ne pas se cantonner aux sources officielles et aux dépêches AFP, faire des dossiers, etc.) et surtout d'explorer des champs trop souvent délaissés par les médias traditionnels. Ceux qui ne connaissent pas jugeront par eux-mêmes.

Pour l'exprimer de la façon la plus délicate possible, on dirait qu'ils ont apporté à la presse essonnienne un je ne sais quoi de pluralisme qui lui faisait défaut... et le tout gratuitement! Bon, la presse gratuite et indépendante, on sait bien que cela n'est pas possible, ou alors ça n'a qu’un temps. L'information a un coût.

Aujourd'hui Essonne Info lance une campagne de financement participatif (contributions à partir de 5 euros) visant à assurer la poursuite de son projet. Ils expliquent tout ici, et ils viennent en discuter avec des acteurs de notre territoire mardi 27/10 à 18h45 sur le campus d'Orsay, au Proto204, 204 Rue André Ampère, 91440 Bures-sur-Yvette.

S'agissant d'indépendance de la presse, on a lu avec inquiétude l'article de Serge Halimi dans le numéro d'octobre du Monde Diplomatique. Arnault, Dassault, Pinault, Bolloré, Drahi et quelques autres grandes fortunes détiennent un nombre croissant de titres de presse. L’esprit de la presse libre de la Libération semble bien mort dans les pratiques de ces holdings, où le média sert le groupe.

Que ce soit à l'échelle locale ou nationale, un journal, pour défendre son indépendance, doit plus que jamais compter sur ses lecteurs...