L’Etat a décidé d’interdire l’accès d’une bonne partie du plateau de Saclay à toute personne ne pouvant justifier d’y résider ou d’y travailler et ceci jusqu’au 14 décembre, comme l’atteste cet arrêté préfectoral. Or, à l'occasion de la COP21, des cortèges de territoires en lutte venant notamment de Notre Dame des Landes (projet d’aéroport), Bure (projet d’enfouissement de déchets nucléaires), avaient prévu de faire étape sur le plateau de Saclay avant de rallier Paris.

Cette décision est un abus de pouvoir.

L’état d’urgence a été décrété en France suite aux événements tragiques du 13/11 afin de se donner tous les moyens d’empêcher d’autres actions de ce type et de protéger la population. Nous ne discuterons pas ici de ce choix. Mais il est évident que les participants des convois pacifistes de tracteurs, vélos et marcheurs n’ont rien à voir avec ceux qui ont semé la terreur à Paris, qu’ils ne constituent pas une menace pour la population, et que de passer une nuit sur le plateau de Saclay ne met pas leur vie en péril. Par contre, ils constituent une opposition démocratique, tenace et têtue aux projets de l’Etat, qui ont d’ailleurs un impact direct ou indirect sur le climat. En prétextant de l’état d’urgence pour les bloquer, l’Etat est bien en situation d’abus de pouvoir.

Cette décision est une erreur stratégique du point de vue de la sécurité de la COP21

Les moyens humains des forces de police ne sont pas illimités. Or boucler toute la frange sud du plateau de Saclay pendant plusieurs jours est une opération de grande envergure, tant on connaît les multiples voies d’accès au plateau par le nord, l’est et l’ouest, sans compter sa lisière boisée au sud qui regorge de chemins sillonnant le coteau et débouchant sur le plateau, et qui doit donner des cauchemars à l’état-major chargé du déploiement des policiers. Boucler la zone nécessite donc de mobiliser des moyens de police très conséquents qui ne seront pas mobilisables ailleurs, au risque de mettre en péril des sites de la COP21 autrement plus exposés. C’est une erreur stratégique.

Cette décision est une faute éthique

130 morts, 352 blessées. Que peuvent donc bien penser les milliers de proches de ces victimes, aujourd’hui dans la souffrance, en voyant que l’Etat détourne de sa fonction première un dispositif qui devrait avoir comme unique objectif de protéger la population ? Ils doivent aujourd'hui se sentir misérablement instrumentalisé-e-s. C'est une faute éthique.

 

En ce moment, l’ambiance est lourde. On redoute la surenchère répressive et autoritaire, dont une des manifestations pourrait être de faire taire les voix discordantes comme la nôtre. On redoute également les provocations, telles celles auxquelles la direction de Centrale-Supelec se livre dans un récent message interne à son personnel, alertant sur les possibles « actions violentes » que pourraient mener les participants des convois.

Pour revenir à plus de légèreté, que nous affectionnons tout particulièrement, on ne peut pas s’empêcher de penser à la lettre que nous a envoyée une correspondante qui vit en 2025 et que nous avons publiée ici. Grâce à une rétro-boucle quantique, elle nous a envoyé des informations en provenance du futur. Citation de cette lettre : «  un groupe de jeunes venus à pied de toute la France à l'occasion de la COP21 et qui avaient fait étape sur le plateau de Saclay, occupent les terres agricoles promises à l'urbanisation, résistent à l'expulsion grâce au soutien des militants locaux, et installent dès le printemps 2016 des potagers bio sur le plateau. ». On a entendu dire que la sous-préfète de Palaiseau, le préfet de l’Essonne et le ministre de l’intérieur ont mobilisé les meilleurs spécialistes de mécanique quantique de la fac d’Orsay afin d’expertiser cette lettre et en évaluer la véracité. Mais cette information n’est pas confirmée…

Le communiqué des organisateurs des convois est reproduit ici