Le 22 février dernier, le gouvernement a annoncé le report de la mise en service de plusieurs lignes du réseau de transport Grand Paris Express, pour des motifs de financement. Et parmi celles-ci la ligne 18, prévue pour desservir le plateau de Saclay depuis Orly. Elle ne sera finalement ouverte au mieux qu’en 2027 au lieu de 2024 initialement prévu.

Cette annonce a pour effet de rebattre les cartes concernant l’aménagement du plateau de Saclay. Les réactions de diverses collectivités territoriales, ainsi que d'institutions d'enseignement et de recherche susceptibles de s'installer sur le plateau (telles qu'AgroParisTech) en sont la preuve. L'inquiétude de nombreux enseignants de l'Université Paris-Sud devant la perte d'attractivité de leurs formations pour les étudiants est patente.

Dans ce contexte d'incertitude, quelle devrait être la réaction des porteurs du projet s'ils voulaient mener un processus de concertation sincère, honnête et efficace? Ils devraient mettre toutes les parties prenantes autour de la table, et remettre en débat ce qui, de leur point de vue, était bouclé. Et notamment prendre enfin au sérieux l'option de l’abandon du métro, dont l'utilité a été mise en cause aussi bien par le milieu associatif que par des professionnels de la question des transports, pour envisager une solution légère et moins coûteuse.

Au lieu de cela, face à cette situation de crise, l’État, via la préfecture de région, monte un groupe de travail excluant les associations. La réunion avec les associations qui était y prévue le 20 Mars a été annulée. Celles-ci seront de nouveau conviées, d'ici 3 mois ou plus, le temps que la situation soit de nouveau verrouillée et que la pseudo-concertation puisse reprendre dans les conditions où elle s'est déroulée depuis le début du projet. Il y aura sans doute, comme toujours, quelques miettes à se partager, ce qui permettra à l'EPAPS, bras armé de ce projet, de se glorifier de cet exemplaire processus de concertation. Notre association ne participe plus depuis longtemps à ces réunions, refusant ainsi d'être instrumentalisée.

On ne pourra pas nous accuser de procès d'intention : dans le message qu’il a adressé vendredi 16 Mars au milieu associatif, l’EPAPS justifie le report de cette réunion de la plus belle façon : "nous la reportons après que le groupe de travail aura abouti son plan d'actions". On ne peut dire plus clairement que l’expertise citoyenne n’est pas la bienvenue… Et au passage, on apprend que le groupe de travail va "évaluer les leviers complémentaires de financement éventuels, y compris privés, pouvant être mobilisés pour réaliser dans les meilleurs délais la ligne 18 et fixer son calendrier". Financement privés ? Dans leur aveuglement, les promoteurs du projet prépareraient-il une solution de type Orlyval XXL, fiasco financier inclus?  On comprend que ces décisions doivent être prises à huis clos...