Reunion Comité soutien SIOMPour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore : la collecte des déchets est fortement perturbée depuis 3 semaines à Orsay et dans les communes des alentours, suite à un conflit social au SIOM, syndicat intercommunal des ordures ménagères basé à Villejust. Une assemblée du comité de soutien aux salariés s’est tenue hier soir à la fac d’Orsay, réunissant plus de 150 personnes, habitants du territoire et salariés du SIOM.

Que se passe-t-il ? La collecte de nos déchets est de la responsabilité de ce syndicat intercommunal, qui sous-traite avec des entreprises privées. C’est Otus, filiale de Veolia Propreté, qui détenait le contrat jusqu’en 2018. Mais lors du nouvel appel d’offre, c’est l’entreprise Sepur qui a été choisie par le comité syndical du SIOM, où siègent des élus représentant les diverses villes membres de ce syndicat. Notre maire David Ros y siège, le président en est le maire de Bures, Jean-François Vigier.

L’offre de Sepur était beaucoup moins chère que celle d’Otus (qui avait également répondu à l’appel d’offre). Et pour cause : les salariés du SIOM se sont vu proposer des nouveaux contrats avec des conditions de travail très dégradées et des pertes de 300 à 600 euros par mois, pour des salaires entre 1400 et 1800 euros. Qui pourrait accepter cela ? Les salariés ont donc refusé de signer les nouveaux contrats et se sont mis en grève le 1er novembre, date à laquelle Sepur a pris le contrat. En représailles, Sepur a retiré tous les camions à l’agence de Villejust, de façon à faire pression sur les salariés (qui du coup ne sont plus en grève) en leur retirant leur outil de travail. Et fait ramasser les déchets par des intérimaires venant d’autres agences, de façon chaotique, comme chacun peut s’en rendre compte.

Comment en est-on arrivé là ? C’est à minima l’incompétence de nos élus qui est en cause. Car comment pouvaient-ils ne pas se douter qu’une offre à très bas coût se ferait sur le dos des salariés ? D’autant que la société Sepur est connue pour ses méthodes : un conflit similaire dans les Hauts de France a amené la communauté d’agglomération de La Porte du Hainaut, qui avait contractualisé avec Sepur, à finalement dénoncer le contrat. La société Sepur est abonnée aux tribunaux (administratif, correctionnel, prud’hommes…). Casser les prix et casser les droits des salariés : Sepur est clairement le low cost du déchet et n’en fait pas mystère, alors pourquoi l’avoir choisi ?

Quand on parlait d’incompétence chez nos élus, on était sans doute en deçà de la vérité. Car un événement troublant s’est produit au cours de la désignation de la société Sepur : comme c’est souvent le cas dans ces procédures de délégation de service public, le SIOM s’était attaché les services d’une société de conseil pour l’aider dans la rédaction de l’appel d’offre de ce marché. On appelle cela « assistance à la maîtrise d’ouvrage », et c’est la société Naldéo qui a effectué cette mission à partir d’avril 2017. Or il se trouve que le chef de projet de Naldéo chargé de la mission auprès du SIOM a rejoint la société Sepur en décembre 2017, soit avant la date de remise des offres par les entreprises candidates, fixée au 10 janvier 2018. La société Otus a attaqué la décision du SIOM, considérant que ces faits jetaient un doute sur l’impartialité de la procédure. C’est le moins que l’on puisse dire ! Le tribunal administratif de Versailles a été de cet avis et le 25 avril 2018, il a annulé la procédure. La société Sepur et le SIOM ont alors porté l’affaire au conseil d’Etat, qui le 12 septembre 2018 a, de façon assez inexplicable, cassé la décision du Tribunal administratif de Versailles, confirmant ainsi l’attribution de la collecte de déchets à la société Sepur…

Que va-t-il se passer maintenant ? Les salariés du SIOM sont extrêmement déterminés et soudés, leur présence massive hier en est la preuve. Même si Sepur lâchait du lest et leur proposait des contrats équivalents à ceux qu’ils avaient chez Otus, ils savent qu’à terme Sepur se débarrassera des salariés ayant de l’ancienneté pour prendre des intérimaires. La meilleure option pour les salariés est de voir le contrat dénoncé par le SIOM pour défaut dans son exécution. Ils sont prêts à travailler dans le cadre d’une régie publique. C’est également la meilleure option pour nous, habitants, pour bénéficier d’un service de qualité et dire non à d’aussi intolérables atteintes aux droits des travailleurs. Interpelons nos élus, signons la pétition, participons à des actions d’informations de nos concitoyens, contribuons à la caisse de solidarité avec les salariés, car cette lutte s’annonce longue.

pour en savoir et en faire plus :

L’enquête des journalistes du petit ZPL :
https://www.youtube.com/watch?v=jLeWuIutO7U

Signer la pétition (attention : pour soutenir financièrement les salariés du SIOM, ce n’est pas ici qu’il faut donner)
https://www.change.org/p/au-président-et-aux-élus-du-siom-soutien-aux-salariés-grévistes-du-siom-de-la-vallée-de-chevreuse

https://chn.ge/2OAQaC1

Contribuer à la caisse de solidarité des salariés : directement devant le SIOM, à Villejust