Salle comble à la CPS...« Bon, il ne vous a pas échappé qu’il y a un public exceptionnel dans cette assemblée ce soir ». C’est par cette phrase prononcée avec une voix ne trahissant aucune bienveillance, mais plutôt une sorte de distance froide, que Michel Bournat a ouvert la séance du Conseil Communautaire. La quasi totalité des 85 employés du Siom accompagnés d’une cinquantaine de citoyens appuyant leur lutte s’étaient en effet donné rendez vous devant la salle du Conseil, et un bon nombre ont finalement pu y pénétrer. Le tout s’est déroulé dans le plus grand calme, meilleure expression qui soit de la détermination des salariés du Siom à faire entendre leur voix. Il a alors donné la parole au porte parole des salariés du Siom, Steeve Avisse, en précisant bien que c’était « à titre exceptionnel » et qu’à l’issue de cette déclaration il n’y aurait pas de débat « puisque ce n’est pas le sujet qui est à l’ordre du jour de cette instance ».

 

L'intervention de Steeve AvisseSteeve Avisse a donc pris la parole, et a récapitulé la situation des 85 salariés du Siom, et les conditions inacceptables de leur transfert vers la société Sepur (voir notre article précédent). Il a également expliqué la situation de « lock-out » dans laquelle ils se trouvaient actuellement, à savoir l’impossibilité de travailler en l’absence d’outil de travail. Et ce ne sont pas les deux camions « dans un état lamentable » qui ont été amenés le matin même au Siom à Villejust qui leur aurait permis d’accomplir leur mission. Ce qui signifie que le contrat passé entre le Siom et la société Sepur n’est pas honoré. Le porte parole des salariés a également expliqué que la société Sepur envoyait des camions venant d’autres dépôts, en mobilisant des intérimaires et sans faire de collecte sélective, autre infraction au contrat. Sachant que certains secteurs notamment aux Ulis, sont restés 12 jours sans être collectés. « Tout ce que que l’on demande, c’est les éléments de rémunérations que nous avons actuellement. Pas plus, mais pas moins. Et que l’on respecte nos contrats de travail » a conclut Steeve Avisse.

 

Michel Bournat, la solitude du roi face à ses sujets...Michel Bournat a du reconnaître que le tonnerre d’applaudissements qui a suivi cette déclaration  provenait à la fois des salariés du Siom mais aussi « manifestement d’un certain nombre d’autres soutiens » (quelle belle observation…). Il a alors enchaîné très rapidement sur l’ordre du jour prévu, sans aucune forme de réponse à ce qu’il venait d’entendre. A ce moment, une élue de Palaiseau, Chrystel Lebœuf, a courageusement protesté de l’absence de débat : « ils sont là, ils viennent pour des revendications, ce sont des points qui concernent le SIOM, je pense que ce serait intéressant pour eux de... » avant d’être coupée par Bournat lui priant « de bien vouloir respecter la règle du jeu ».  Du public qui quittait la salle est alors venue la réponse suivante « Ce n’est pas un jeu ! » Et oui l'avenir de ceux qui étaient venus n’est pas un jeu et Michel Bournat, qui est alors apparu comme la personnification d’une forme de mépris institutionnel, n’a pas trouvé quoi répondre…