F o r u m I n f o . b l o g

Blog des citoyens actifs et solidaires, à Orsay, association de promotion de la démocratie participative locale, créée en 1995

02 avril 2009

La semaine du Développement durable en dessin

Le cheval, de retour ?

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18 juin 2008

Semaine du développement durable à l'école polytechnique

... Vue par Isabel Sanmartin

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03 octobre 2005

Les Jardins de Cérès : les citadins prennent la clé des champs

Publié dans le ForumInfo n°17, octobre 2005
Dossier Agriculture Péri-urbaine

Construisons les villes à la campagnes, proposait Alphonse Allais… Au delà du paradoxe, quels rapports entre ville et campagne ? Ce dossier (p. 3 à 7) présente deux situations contrastées : le plateau de Saclay, où c'est une association militante qui porte (presque) seule un projet de défense de l'agriculture, et le Triangle Vert, où des élus, quelque soit leur étiquette politique, s'engagent dans un projet agri-urbain.

Nous avons trouvé la comparaison des deux situations très éclairante, et vous ?

Les Jardins de Cérès : les citadins prennent la clé des champs

Une centaine de personnes qui se donnent rendez-vous un samedi après midi dans un champ cultivé sur le plateau de Saclay : faucheurs volontaires d’OGM ? Et bien non, ce sont les adhérents de l’AMAP "Les Jardins de Cérès" qui viennent arracher "leurs" pommes de terre.

Une AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) réunit en effet un groupe de consommateurs et un agriculteur qui passent un contrat pour l’achat d’une partie des récoltes ou de la production animale. Les deux principes fondamentaux de ce contrat sont l’équité et la proximité.

Équité, puisque les consommateurs s’engagent à acheter une certaine quantité de produits en payant à l’avance et à un prix juste. En contre partie, l’agriculteur s’engage à une totale transparence sur ses techniques de cultures, ses coûts, et cherche à minimiser, autant que possible, l’utilisation de produits de traitement chimiques.

La proximité entre la ferme et les consommateurs est le second principe essentiel du contrat. Cela permet aux consommateurs de savoir comment sont cultivées les terres, de participer à une partie des travaux, mais aussi de rapprocher la production de la consommation pour économiser les coûts de transport, emballage et marketing. La pollution et le gaspillage associés aux circuits de distribution traditionnels sont ainsi éliminés. Cette proximité réintroduit également du lien social entre agriculteurs et citadins et entre citadins eux-mêmes.

Au final, le lien entre la ville et l’agriculture est recréé, notamment là où il est le plus en péril, c’est à dire à proximité des grandes villes. Les AMAP contribuent ainsi au maintien des terres agricoles en zone péri-urbaine.

Les AMAP se développent rapidement. La première a été créée en 2001 dans le sud de la France, à l’image de celles existant au Japon. Il existe aujourd’hui une centaine d’AMAP en France, dont 15 en région parisienne (et 15 nouveaux projets). Les groupes comptent en général de 15 à 40 personnes, l’AMAP "les Jardins de Cérès", basée sur le plateau de Saclay compte elle déjà plus de 200 personnes.

Questions à François Lerique, président des Jardins de Cérès

Quelle est la motivation des adhérents de l’association ?

Manger des produits sains n’est qu’un des aspects de la motivation des consommateurs adhérents d’une AMAP. Concernant les Jardins de Cérès, c’est probablement la protection des terres agricoles contre l’urbanisation qui est leur préoccupation principale. Il ne reste qu’une douzaine d’agriculteurs sur le plateau de Saclay, et les projets d’urbanisation se multiplient.

Quelles actions mène votre AMAP pour défendre l’agriculture ?

Pôle de compétitivité, construction de logements à Palaiseau, Toussus le Noble, Saclay (Cf. carte p. 3), doublement des routes... La pression est forte. Les problèmes de logement en Île de France sont très sérieux, mais ne peuvent être résolus par une urbanisation qui apportera de nouveaux problèmes de circulation, de pollution et d’écoulement des eaux. La géologie très particulière du Plateau de Saclay, avec une couche d’argile perchée doit être respectée pour éviter un dérèglement complet du système hydraulique.

L’urbanisation est-elle inéluctable ?

Elle est par définition inéluctable si on laisse faire. À l’inverse, une politique volontariste peut rendre le projet agricole viable comme c’est le cas dans le Triangle Vert (Cf p. 6). Ici, certaines terres, pourtant classées non constructibles, sont vendues 10 fois le prix des terres agricoles par des services de l’État , comme s’ils avaient déjà anticipé le passage de ces terres en zone urbanisable ! Le conseil régional d’Île de France pourrait déclarer le Plateau de Saclay zone d’agriculture protégée mais ne le fait pas. Les agriculteurs sont prêts à s’installer ailleurs si l’exploitation des terres devient trop difficile. Les propriétaires terriens attendent que les prix montent….

Quels sont ces projets ?

Nous renforçons nos liens avec l’agriculteur membre de l’AMAP. Au contrat sur la pomme de terre vient s’ajouter un nouveau contrat pour des lentilles. Au delà, nous proposons de créer un pôle de compétence agricole : il s’agit de transformer la ferme des Granges en un nouveau lieu de rencontre entre agriculture et citadins : une maison de l’agriculture et de l’écologie ouverte à tous, doublée d’un lieu de recherche, expérimentation et formation agricole. Enfin nous lançons un projet pour acheter collectivement des terres du plateau (voir encadré).

Pour en savoir plus :

http://jardins.ceres91.net/

Carte_plateau_de_Saclay

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02 octobre 2005

Le Triangle Vert, des campagnes en ville

Publié dans le ForumInfo n°17, octobre 2005
Dossier Agriculture Péri-urbaine

Le Triangle Vert, des campagnes en ville

Marcoussis, Nozay, Villebon, Saulx les Chartreux et Champlan : ces cinq communes ceinturées par l’autoroute A10, la francilienne et la N20 ont choisi de prendre au sérieux l’avenir de leur territoire. Dans cet îlot de verdure, l’agriculture occupe près de 40 % des surfaces. Or les études menées depuis 2001 par l’École du Paysage de Versailles à la demande de deux élus, Thierry Laverne et Brigitte Bouvier, ont montré que l'agriculture était menacée de disparition si une politique volontariste n'était pas menée. Les jeunes susceptibles de prendre la relève des agriculteurs partant à la retraite préféraient soit se tourner vers d'autres activités, soit se délocaliser dans des régions plus favorables à l'agriculture.

Or l'agriculture, notamment par sa composante maraîchère, est perçue comme une dimension de l'identité de ce territoire, y compris pour les habitants des zones urbaines venus chercher un paysage et un cadre de vie agréable. Les études ont cependant révélé que les contacts des urbains avec les agriculteurs étaient très limités. Ces derniers, principaux acteurs de la vie locale il y a encore une trentaine d'années, sont devenus très minoritaires.

Le Triangle Vert a été créé en 2003 pour définir et conduire un projet d’"agriculture urbaine". Il fédère les 5 communes et les agriculteurs du territoire souhaitant adhérer. Sur les 60 exploitations agricoles recensées, 30 sont réellement des exploitations professionnelles, et 12 ont adhéré au Triangle Vert. Prochainement, les autres acteurs du territoire (les urbains) vont y être intégrés via des groupes de travail thématiques : randonneurs, cyclistes, environnement, usagers des services publics, etc.

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Questions à Christelle Stacchetti, Animatrice de projet agri-urbain, Triangle Vert

Son rôle est de coordonner les actions dans deux domaines principaux :

- soutien aux exploitations agricoles. Il s’agit de réduire les contraintes d’origine urbaine pesant sur l’agriculture du secteur : aménagements de voirie pour faciliter la circulation d’engins agricoles, limiter l’accès des parcelles aux autres véhicules, baliser l’espace agricole pour le faire respecter, recherche de nouveaux débouchés pour les produits, notamment localement et aide à la création de gîtes ruraux.

- actions de sensibilisation et de communication auprès des urbains. Elles visent à établir un dialogue entre deux populations qui se côtoient sans vraiment se connaître. Les urbains sont souvent des cadres "néo-ruraux" qui ne connaissent pas forcement la réalité de l'agriculture. Ainsi, ils sont souvent peu enclins à accepter les éventuelles nuisances sonores, la boue sur les routes, des odeurs, dues à l’activité agricole.

L'association est financée par les apports des communes participantes et, ponctuellement par des subventions départementales et régionales.

Y a-t-il des menaces d'urbanisation dans cet espace ?

Le potentiel touristique des lieux, y compris pour ceux qui y habitent, est très peu développé. Nous allons lancer le projet "les itinéraires du Triangle vert". Il s'agit de boucles de randonnées de longueur variable. Nous espérons ainsi amener les habitants de la zone à "pratiquer" réellement l'espace au-delà de sa composante paysagère. Sur le parcours, l’agriculture et ses paysages seront expliqués aux promeneurs. Un nouveau gîte à la ferme est en projet.

Quels sont vos projets d'actions concrètes dans un avenir proche ?

Un projet de charte agricole est en cours d’élaboration, afin de sceller l’implication de tous les partenaires du Triangle Vert dans ce projet agri-urbain (État, Région, Département, SAFER, AEV, Chambre d’Agriculture etc.). Vivre dans un cadre agréable entretenu par les agriculteurs suppose en contre partie d'accepter quelques contraintes, notamment pour ne pas gêner la circulation des engins agricoles.

S’il n'y a pas une volonté politique locale forte de défendre l'espace agricole, le mitage progressif de cet espace par la ville reste une menace réelle. Ainsi, dans l'actuel projet de schéma directeur de l'Île de France (Cf. p. 3), certains espaces agricoles du périmètre avaient été proposés à l'urbanisation (sur la commune de Saulx les Chartreux). Les élus locaux l'ont refusé.

Pour en savoir plus : http://trianglevert.org/

Quel est le rôle de l’association ?

Posté par cas_orsay à 14:12 - Agriculture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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