F o r u m I n f o . b l o g

Blog des citoyens actifs et solidaires, à Orsay, association de promotion de la démocratie participative locale, créée en 1995

28 novembre 2004

L'EAU : instrument de puissance pour Israël, facteur d'impuissance pour la Palestine

Publié dans le ForumInfo n°16, novembre 2004

La question de l'eau dans le bassin du Jourdain montre comment, dès les années 1920 et le mandat britannique, une tension profonde s'est progressivement installée et a fait émerger un contexte politique particulier : désormais possession de la terre et de l'eau se confondent.

À partir de 1953, Israël commence à détourner les eaux du Jourdain et se trouve confronté au désaccord de la Jordanie et de la Syrie qui construisent deux réservoirs artificiels sur le Yarmouk. La carte des lieux occupés par Israël depuis ses conquêtes de 1967 - ou jusqu'à une date récente - recouvre celle des espaces hydro-graphiques : les hauteurs du Golan, les rives du lac Tibériade et du Jourdain, de sa source à la Mer Morte. Depuis les accords d'Oslo de 1993 et 1995, le règlement du partage des ressources en eau est sans cesse reporté.

Une répartition équitable de l'eau ?

Depuis 40 ans Israël a un contrôle presque total sur les sources d'eau palestiniennes par la destruction de puits, de citernes, de canalisations, en raison des restrictions d'accès aux puits et aux réserves naturelles ainsi qu'aux "zones militaires" fermées.

Et le mur de sécurité enclave encore des puits, des sources, des citernes et accélère la confiscation de l'eau. Ce mur ne serait-il pas aussi la mise en pratique de l'étape finale de la colonisation ?

L'eau, problème de santé publique dans les territoires palestiniens

La pénurie d'eau aggrave les inégalités dans les domaines de l'agriculture, de la vie quotidienne et de la santé. Dans le sud de la bande de Gaza, "zone écologiquement morte", les habitants boivent une eau impropre même à l'agriculture, chargée en nitrates et il n'y a pas d'autres solutions que d'acheminer l'eau de l'extérieur. Les palestiniens doivent recourir à l'achat d'eau fournie par des camions-citernes, vendue par une compagnie israélienne qui en a le monopole.

Les nappes phréatiques de la bande de Gaza, surexploitées ont une teneur en sel excessive pour être consommées.

Les habitudes culturelles entretiennent ces inégalités : la plupart des colons qui viennent de pays occidentaux (Russie, Europe de l'Ouest, États-Unis) sont peu sensibilisés à la "valeur" de l'eau et à la nécessité de l'économiser : consommation domestique élevée... villas avec jardin, cultures gourmandes en irrigation.

Depuis les années 80, Israël a commencé à réutiliser les eaux usées pour l'irrigation et a signé en 2004 un marché pour acheter de l'eau en provenance de Turquie, acheminée par des camions-citernes...

Actuellement, certaines villes de Cisjordanie ne bénéficient d'eau courante que pendant quelques heures ou quelques jours par semaine : ainsi, chacun des 50 districts d’Hébron, ne peut accéder à l'eau potable que durant 24 heures tous les 50 jours. Plus de 150 villages ne sont pas reliés à ces réseaux (37 % environ de la population) et les réserves sont faites dans des conditions d'hygiène hasardeuses.

Y a-t-il une coopération possible et des solutions ?

Le 27 mai 2004, Israël dépose un projet au Comité de la Chambre des Représentants des Relations Internationales (HRCIR) concernant la construction d'une usine géante de dessalement de l'eau de mer - à Césaré - sur la côte méditer-ranéenne. L'eau sera acheminée vers la Cisjordanie par un réseau de pipelines qui desservira les grandes villes et 250 villages.

Mais le financement et l'acheminement de cette opération sont problématiques : le gouvernement israélien garantirait le passage de l'eau sur son territoire en échange de l'autorisation de continuer à pomper les eaux de Cisjordanie.

La Cisjordanie serait donc alimentée par l'eau de mer, alors que ses nappes phréatiques peuvent lui fournir l'eau dont elle a besoin. Une autre usine alimenterait la bande de Gaza : le projet serait à ce jour, approuvé et financé mais en suspens en raison de la permanence de l'Intifada.

On ne peut que s'inquiéter de la réalisation de ces projets qui laisseront la Palestine tributaire des bonnes ou des mauvaises relations avec ses voisins. Des évènements récents montrent que de nombreuses infrastructures de l'état palestinien, financées en partie par l’Union Européenne, ont été détruites par les bombardements.

Le cas de cette région est un symbole fort pour le monde entier parce que la question de l'accès à l'eau est un des enjeux majeurs du 21ème siècle : une conférence de l'UNESCO s'est tenue à Zaragoza en Espagne, du 6 au 8 octobre 2004, " L'eau, un catalyseur pour la paix".

Un site à consulter : www.france-palestine.org

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17 septembre 2003

Témoignages de Palestine

Publié dans ForumInfo n°14, septembre 2003

Compte-rendu d’une réunion publique le 24 avril à ORSAY

Deux participants à la 41ème mission de la Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (C.C.I.P.P.P.) sont venus témoigner de la situation en Cisjordanie, à Bethléem, à Hébron et dans le secteur de Qilqilya, au nord d’Hébron..

Les militants d’A.T.T.A.C. ont filmé et commenté leurs interventions et leurs rencontres avec la population qui les a accueillis chaleureusement sur la place de la Nativité à Bethlém, dans les rues désertées plusieurs heures par jour d’Hébron et dans les chemins encore accessibles des régions agricoles.

Hébron -une des plus belles villes du monde- est un condensé de la situation en Palestine.

C’est une ville de 170 000 habitants coupée en deux zones, l’une sous autorité palestienne H1, l’autre sous contrôle israëlien H2. Cette zone H2 qui englobe la vieille ville est sous couvre-feu depuis des mois : interdiction de sortir sauf quelques heures par jour, au bon vouloir des soldats -souvent de 18 à 22 heures- Tous les commerces ont fermé, les rues sont désertes et sur les murs on voit les impacts des balles.

Dans cette vieille ville, qui en d’autres pays serait classée au patrimoine mondial de l’humanité, 30 000 habitants vivent terrés derrière les murs de leurs maisons destinées à la démolition : une nouvelle route doit être construite pour relier les colonies entre elles et la colonie de Quirya Arbat,enclavée dans la vieille ville, aux lieux saints (juif et musulman). C’est une colonie de 500 habitants protégée en permanence par 1 500 soldats, auxquels il faut assurer une sécurité absolue ! Des maisons de plus de 600 ans doivent disparaître ...

Et les témoignages filmés se succèdent : images de quartiers désolés, rues défoncées, habitants soumis à des contrôles incessants (les check-points si célèbres), qui isolent les villages des terres agricoles, ne permettant plus les récoltes, dans cette Cisjordanie aux riches cultures fruitières d’agrumes, aux oliveraies plusieurs fois centenaires. En 2002, des milliers d’arbres ont été arrachés.

L’attitude de l’armée se modère devant les “internationaux” et les habitants profitent parfois de leur présence pour se faufiler...

La “ligne verte” est la frontière définie en 1967 entre la Cisjordanie et Isräel qui a décidé unilatéralement de construire un mur pour se protéger des attentats. Mais ce mur rogne sur les terres palestiniennes, annexant plus de 35 000 hectares dont 8 000 hectares de terres agricoles. Dans le district de Qilqilya, au nord d’Hébron, le mur englobe les colonies israëliennes , confisquant au passage les puits et les réservoirs d’eau . De nombreux villages sont impitoyablement isolés : plus d’accès aux champs, aux routes, aux écoles, aux hôpitaux : paysages de désolation, terrains éventrés, arbres arrachés, et le mur se matérialise inexorablement - déjà plus de 100 km sur les 360 km prévus-

Cette barrière de béton ou de barbelés mesurera huit mètres de hauteur avec des tours de contrôle. Des “passages” sont prèvus tous les cinq, six, sept kilomètres ... personne ne sait.

Devant cet enfermement économique et ce désastre écologique,en Cisjordanie et aussi dans la bande de Gaza, quel est l’avenir des habitants ? Quelle est la possible négociation? Tout accepter afin de vivre sur ses propres terres, dans de véritables bantoustans ? Partir? C’est ce qu’attendent les colons.

Il est difficile de rester indifférents à ces témoignages. Les initiatives, les rapports des organisations non gouvernementales et les actions de résistance des missions civiles (plus de cinquante à ce jour) sont indispensables pour exprimer la solidarité des citoyens du monde au peuple palestinien. Mais elles ne peuvent pas remplacer les interventions (ne faut-il pas penser plutôt les “non-interventions”?) des institutions internationales qui doivent faire appliquer les nombreuses résolutions de l’O.N.U. et permettre à chacun -palestinien et israëlien- de vivre dignement et en paix.

Des documents et des informations sur les sites internet

http://:www.protection-palestine.org

http://www.france-palestine.org

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12 septembre 2003

La santé du monde est aussi la notre

Publié dans ForumInfo n°14, septembre 2003

Lors de la dernière réunion de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Doha au Qatar une mesure avait suscité un certain espoir : il s'agissait pour les pays pauvres de pouvoir bénéficier de médicaments "génériques" (donc à prix beaucoup plus réduit puisqu'il échappent aux brevets) pour lutter contre les grandes épidémies: sida, tuberculose.… Cette mesure faisait suite aux procès intentés par les multinationales pharmaceutiques, en particulier américaines, à certains pays qui produisent ces médicaments sans payer de redevances sur les brevets. Elle était censée s'appliquer en cas d'urgence sanitaire ou de prix trop élevés imposés par le fournisseur.

En réalité, cette mesure a été limitée aux seuls pays capables de produire ces médicaments (ex: Brésil, Afrique de Sud), mais il ne sera pas possible pour ces pays d'exporter ces médicaments beaucoup moins chers vers des pays plus démunis par exemple en Afrique touchée par de grandes épidémies. De plus, récemment ces mesures ont été limitées à un très petit nombre de pathologies ex: sida et tuberculose.

Ceci est un scandale et le récent épisode de pneumonie atypique nous montre que si l'ensemble des pays ne coordonnent pas leurs efforts et n'acceptent pas le principe de la solidarité pour lutter contre ces grandes épidémies, c'est la santé de tous qui est menacée.

Posté par cas_orsay à 10:57 - International - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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