16 septembre 2009
"Et le septième jour dieu se reposa"...
18 novembre 2004
Développement durable ou décroissance soutenable, y-a-t-il un malentendu ?
Publié dans le ForumInfo n°16, novembre 2004
Avec le culte de la croissance sans fin et de la consommation sans limites, nous allons droit dans le mur. Et pas seulement parce que les ressources naturelles de la planète seront bientôt épuisées, ou que notre environnement sera devenu invivable. C'est aussi parce que la logique libérale porte en elle l'augmentation continuelle des inégalités entre pays et, dans un même pays, entre les riches et les pauvres.
Face à cette double impasse écologique et sociale, de multiples réflexions, théories et initiatives apparaissent, développement durable, décroissance soutenable, difficile d'y voir clair d'autant plus que les mots sont piégés... Essayons de faire le tri, et pour cela, examinons comment les divers courants traitent l'équilibre entre les questions sociales et les questions écologiques dans ce futur mode de vie, qui reste encore à inventer.
Il y a ceux qui se focalisent sur l'objectif d'abolition des inégalités, mais en restant dans le même schéma productiviste. C'était notamment le cas des anciens "pays socialistes" et, sans rentrer dans le débat sur les résultats de leur politique en termes social, ils sont tout comme les pays capitalistes responsables de véritables désastres écologiques.
Il y a ceux, par exemple les tenants de "l'écologie profonde", qui aujourd'hui donnent la priorité absolue à la protection de l'environnement, au point de penser que la nature passe avant l'homme. Cette vision fait bien peu de cas de considérations sociales, sa logique pouvant aller jusqu'à prôner que l'homme disparaisse de la planète, seul moyen de la sauver.
Le développement durable se donne pour objectif de concilier le développement économique, la réduction des inégalités et la protection de l'environnement. Club de Rome (1968), rapport Brutland (1987), Sommet de Rio (1992) et de Johannesburg (2002) sont quelques étapes de l'émergence de ce concept et de sa traduction dans des décisions à portée internationale, qui tardent cependant à faire concrètement leurs preuves (les reports successifs de la ratification du protocole de Kyoto montrent que ça n'est pas si simple et qu'il ne s'agit pas d'un simple ravalement de façade mais d'un changement radical des modes de pensée et de production).
Aujourd'hui, le développement durable est sous le feu des critiques, notamment de mouvements qui se réclament de la décroissance soutenable, à la suite de l'économiste Nicholas Georgescu-Roegen. Deux motifs à la popularisation de la thèse de la décroissance :
- l'ineptie du modèle de consommation d'une petite minorité de la planète qui surconsomme et détruit les ressources collectives (air, eau, forêt…). Il faudrait alors réduire la production et la consommation;
- utilisation désordonnée de la notion de développement durable : Certaines entreprises, voire certains gouvernements opportunistes, qui continuent de ne se soucier ni du social, ni de l'environnement, utilisent à tors et à travers cette idée pour se construire une image de responsabilité et de citoyenneté, en vidant complètement ces mots de leur sens.
Sorti de cette confusion, développement durable et décroissance soutenable convergent en bonne partie: il faut cesser de vouloir toujours plus, il faut vouloir mieux. Perspective réformiste pour le développement durable, rupture d'ordre philosophique pour la décroissance soutenable, c'est là peut-être la principale différence, et cette divergence d'approche peut être très féconde. Avec des questions de fond : Peut-on trouver une voie pour le développement hors de la spirale production - consommation ? Comment passer d'une croissance inégalitaire à une plus juste répartition ? Et si oui; au moyen de quelles techniques? Et plus généralement : développement et durable sont-ils réellement conciliables ? Quel développement cherche-t-on ? Vivre bien c'est quoi au fond ?
Pour prolonger le débat :
DD : www.sommetjohannesburg.org, www.revue-ddt.org/index.htm
DS : www.decroissance.org
29 janvier 2004
La vie n'est pas que du commerce
Publié dans le ForumInfo n°15, janvier 2004
Au sein de l'OMC, l'Accord Général sur le Commerce et les Services (AGCS) fixe un cadre juridique international pour la commer-cialisation des services. Il recouvre l'ensemble des activités humaines qui doivent être libéralisées et soumises à concurrence dans le monde. À terme, aucun service public ou d'intérêt collectif ne pourrait y échapper si nous ne disons pas stop.
De nombreuses communes en France (environ 200) dont cinq près de chez nous, Paris, Palaiseau, les Ulis, Bures, Briis sous Forges et le Conseil général de l'Essonne ont voté une motion pour se déclarer hors AGCS. Mesure symbolique mais qui a l'avantage d'ouvrir le débat localement, près des élus.
Et à Orsay ? On n'en parle pas.
L'AGCS, c'est la primauté du commerce sur les droits humains. Les États doivent réduire et éliminer toute mesure législative ou réglementaire qui gênerait cette mise en concurrence.
Cela rendrait encore plus difficile la prise en compte de critères sociaux ou environnementaux.
Quelques exemples aident à mieux saisir:
Les mesures nécessaires à la protection de l'environnement peuvent entrer en conflit avec les dispositions de l'AGCS. C'est ainsi qu'une loi sur l'air propre aux États-Unis a été amputée.
Tout étiquetage d'un produit portant sur ses conditions de production est contestable (par exemple commerce équitable ou agriculture biologique). Les néerlandais ont été menacés et obligés de retirer l'étiquetage d'un bois provenant d'une sylviculture respectueuse de l'environnement.
La main d'œuvre étrangère pourrait être embauchée sur la base salariale du pays d'origine.
De manière générale, la menace pèse sur l'ensemble des activités subventionnées (les subventions peuvent être attaquées comme anti-concurrentielles) ainsi que sur les services publics.
Les exemples sont nombreux. Renseignez vous. Il n'est pas possible d'accepter de telles décisions.
Pour plus d'informations :
www.natureetprogres.org
AGCS, brochure Urfig/OXFAM
9, rue Dareau Paris 14ème
28 septembre 2003
Comment consommer "citoyen et solidaire ?
Publié dans ForumInfo n°14, septembre 2003
... ou comment donner un sens à sa consommation ?
Urgence, facilité, gain de temps (mais combien d’heures passe-t-on devant la télévision ?), ne pas avoir envie de penser à l’origine des achats, pour ces motifs, nous adoptons le mode d’achat qui semble le plus économique, le plus rapide. Si pendant les attentes aux caisses des super-marchés, dans les embouteillages, nous pensions à une façon de consommer autrement, en se posant ces questions :
- perte de temps ou gain de temps ?
- perte d’argent ou gain d’argent ?
- perte de choix ou gain de choix ?
La meilleure réponse n’est pas toujours celle que l’on croit.
Et si, de plus, nous nous posions la question de la solidarité mondiale, du devenir de la planète pour nos descendants ...
Un certain George W. Bush a dit à un journaliste qu’il n’avait pas d’inquiétude sur la qualité de l’eau : ses petits-enfants seront assez riches pour s’acheter de l’eau en bouteille...
Sans faire un long exposé sur les possibilités de consommer autrement, de placer son argent autrement, de travailler autrement, sachez qu’il existe deux possibilités très proches :
“Artisans du Monde” à Bures :
une des cent boutiques en France, tenues par des bénévoles et qui pratiquent le commerce solidaire avec les petits producteurs, les coopératives de pays en voie de développement d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du Sud.
On y trouve alimentation, vêtements, artisanat, linge de maison etc.
67 rue Charles de Gaulle
près de la gare et l’église
tél : 01 69 2 8 64 61
“Les potagers de Marcoussis”,
entreprise d’insertion par l’agriculture, le maraîchage, qui livre tous les jeudis des sacs de fruits
et légumes bio aux personnes qui s’inscrivent sous forme d’abonnement.
Chemin de la Ronce
91460 Marcoussis
tél : 01 64 49 52 80
ou www.chez.com/potagers
D’autres formes d’économie solidaire et équitable existent, avec des statuts différents. Si vous souhaitez en savoir plus, contactez-nous : nous organiserons une rencontre en septembre-octobre pour vous donner d’autres informations, et vous pourrez même nous en apporter.
Cette rencontre- atelier serait une préparation au Forum Social Local de 2004.
Adressez vos idées à : C.A.S. 12 rue de Chevreuse 91400 Orsay
20 janvier 2003
Des indicateurs de quelle richesse ?
Publié dans le ForumInfo n°13, janvier 2003
Des statistiques, des graphiques, sont diffusés régulièrement pour nous informer sur la situation économique de notre pays : déficit public, indices boursiers, pouvoir d’achat, taux de chômage, moral des ménages, évolution de la délinquance…..
L’indicateur qui semble l’objet de toutes les attentions est la croissance. Mais qu’est ce qui se cache derrière ce terme ? La croissance de quoi ? Mais du PIB (Produit Intérieur Brut) bien sûr !
Qu’est ce qui compte pour le PIB ?
Le PIB mesure ce qui a été produit dans un pays, en distinguant le PIB marchand, concernant les entreprises, et le PIB non marchant, qui mesure la production des services publics (éducation, santé, infrastructures). Dans les deux cas, on ne mesure que ce qui se comptabilise de façon monétaire.
Dans ce système, le travail domestique, le temps passé avec les enfants, la participation à des activités bénévoles ne sont par évaluées. A l’inverse, les réparations causées par les activités humaines (accidents de la route, dégâts provoqués par un pétrolier qui s’échoue,…) augmentent le PIB.
Alors, il faut se poser des questions : qu’est ce qu’une société riche ? Et les échanges marchands sont-ils les seuls créateurs de richesse ?
Une société riche, c’est sûrement une société avec un assez bon PIB, qui produit des biens et des services en quantité suffisante pour les mettre à la disposition de tous. Mais c’est aussi une société qui sait répartir ses revenus, qui développe ses services publics avec une égale possibilité d’accès pour tous, qui participe au développement des libertés individuelles, à l’égalité hommes –femmes.
Ainsi, d’autres indicateurs doivent permettre d’étendre le champ d’informations concernant la richesse. Comment évaluer le bien-être et le bien-vivre d’une société ?
Qu’est-ce qui compte vraiment ?
Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) propose d’établir un Indice de Développement Humain (IDH). Celui-ci inclut un bilan du développement de chaque pays en matière de santé, logement, éducation, revenus, scolarisation des femmes, mortalité infantile, environnement, sécurité humaine. Cet ensemble de données permet de s’intéresser autrement à l’être humain, et non plus seulement à ses capacités de production de biens consommables.
Tel un pied-de-nez au CAC 40, indice boursier les 40 grandes entreprises françaises, quelques associations ont eu l’idée, en avril 2000, de créer le BIP 40 (Baromètre des Inégalités et de la Pauvreté), qui regroupe des informations sur l’emploi, les conditions de travail, la répartition des revenus, la santé, l’éducation, la justice. Il donne une autre représentation de la richesse et de l’évolution de la pauvreté.
Les règles du système actuel de représentation de la richesse ont été établies dans l’après-guerre, en fonction des priorités de cette période :
reconstruction et industrialisation.
Il serait nécessaire d’y inclure aujourd’hui d’autres exigences :
environnement, relations sociales, éléments qui
privilégient plus l’être que l’avoir
et qui donnent une valeur à ce
qui n’a pas de prix.



