29 mai 2009
Jussieu, l’épouvantail
Epouvantail, au sens figuré (attesté en 1556 chez Ronsard) : "ce qui inspire de vaines ou excessives terreurs".
Le chantier de réhabilitation de Jussieu est donc bien l’épouvantail des aménageurs du plateau qui voudraient ne pas réhabiliter la fac d’Orsay : plus cher soi disant que de reconstruire. Argument avancé par Christian Blanc en novembre dernier et repris dans la réunion du 25 mai par Pierre Veltz.
Sauf que Orsay n’est pas Jussieu : à Jussieu il y a très peu de place pour déménager temporairement les labos durant les travaux, ce qui complique tout, il y a de l’amiante floquée très délicate à enlever, etc… Alors arrêtons d’agiter cet épouvantail auquel personne ne croit, et installons plutôt les épouvantails sur le plateau pour protéger les récoltes ? Des épouvantails au sens propre : "objets placés dans les champs ou les jardins pour effrayer les oiseaux"…
28 mai 2009
Un débat public sur l'aménagement du plateau de Saclay: il n'est pas trop tard !
1) « Faisons
l'aménagement sur les berges du grand
lac vert ». Cette belle formule résume le premier principe, à savoir
que nous avons « une chance extraordinaire d'avoir à 15 km du
périphérique un espace ouvert et vert très peu connu du public » et
qu'il faut donc
« préserver autant que possible cet espace naturel travaillé »,
le travaillé faisant référence au caractère à dominante agricole de cet
espace. Bon, passons sur le périphérique comme point de référence (on aurait
préféré quelque chose de moins routier) et sur le caractère très peu connu du
plateau de Saclay... C'est essentiellement le « préserver autant que
possible » qui rend dubitatif, mais Pierre Veltz se veut rassurant : « le
nouveau SDRIF nous convient », façon de dire que les 2300 ha d'espace
agricole seront préservés, l'aménagement se ferait sur les bords du plateau.
« disponible » c'est à dire que son occupation par l'activité
agricole ne le rend pas indisponible pour les autres activités: chasser le
naturel de l'aménageur, il revient au galop... Mais ne nous arrêtons pas à ce
que l'on peut considérer comme une maladresse de langage, quoique révélatrice.
Le principe de la densification des espaces existant est intéressant, pour peu
que l'on prenne en compte toutes les implications de cette densification,
notamment en terme de besoin de transport.
02 avril 2009
La semaine du Développement durable en dessin
Le cheval, de retour ?
11 mars 2009
Plan campus : la nature et l’agriculture en vitrine
L’agriculture a besoin de terres.
Cela n’est certes pas suffisant pour assurer sa viabilité,
mais c’est au moins nécessaire.
La question de la consommation de terres agricoles
dans le projet Saclay est donc cruciale.
Petit rappel : le projet présenté par Christian Blanc en novembre 2008 promettait la sanctuarisation de 1800 ha de terres agricoles. Tollé général, l’ensemble des acteurs s’étant accordé sur un minimum de 2300 ha lors d’une phase précédente du projet. Ne garder que 1800 ha, suppose une consommation de terres agricoles que l’on peut estimer à 800 ha, en gros le double de ce qui est prévu dans le schéma directeur de la région Ile de France (SDRIF).
Le plan Campus est la première traduction concrète du projet Blanc, et oh surprise, pour l’ensemble du projet, seulement 183 ha d’urbanisation sont annoncés, soit moins que prévu par le SDRIF : au sud de la RD36, on compte 16 pastilles oranges (cf. carte du SDRIF), ce qui représente environ 400 ha urbanisables. Le projet ne prévoit d’urbaniser que la moitié de ce potentiel.
No problem donc ? Cherchez l’erreur : on ne parle tout simplement pas de la même chose ! Le plan Campus n’est ce que la partie « recherche » du projet, disons ce que la bande à Valérie Pécresse rêve de faire si ils avaient l’argent, ce qui n’est pas gagné. Le projet Saclay, celui de la bande à Christian Blanc, est beaucoup plus large (cf. carte du projet Blanc), les espaces urbanisables dépassent largement le périmètre du plan Campus. Essayer de nous refiler le projet en le coupant en petits morceaux, la ficelle n’est-elle pas un peu grosse ?
Ces précisions faites, voyons maintenant quel est le statut de l’agriculture dans le projet Campus : ce n’est jamais une activité économique, mais au choix un terrain d’expérimentation, un paysage, des « valeurs ». Même pas une page au total dans un projet qui en compte 65.
Extraits :
Il s’agit de créer « l’un des plus grands centres mondiaux de recherche en matière d’agro-systèmes et de milieux naturels ». (tout en détruisant les milieux naturels !)
« Des acteurs des pôles biologie santé, sciences et ingénierie du vivant pour l’agriculture (…) souhaitent que la préservation et la valorisation des agro-écosystèmes et des milieux semi-naturels du site soient assurées à des fins pédagogiques, scientifiques et de conservation ».
« Cette ambition est motivée par l’exceptionnelle dimension paysagère du plateau et parce que cette dimension s’inscrit dans le projet urbanistique comme une valeur fondamentale du projet ».
Tout cela est fort bien, les défis que les questions agricoles posent à la recherche sont effectivement redoutables (réduction des pollutions, augmentation de la demande alimentaire mondiale). Mais il n’est à aucun moment question de l’agriculture comme une activité économique créatrice de richesse et d’emploi, produisant des aliments et pouvant tirer profit de la proximité de la ville, par exemple pour raccourcir les circuits de distribution. Le projet a beau mentionner « les qualités agricoles, exceptionnelles, ceci sans irrigation » des terres du plateau, les seuls hectares de production agricole cités dans le projet sont les 150 ha prévus pour les expérimentations des organismes de recherche travaillant sur la question (AgroParisTech, INRA, etc.)
En bref : des paysages et des agro-systèmes oui, mais des agriculteurs, consommateurs et autres AMAP, non !
Et c’est de même pour les écosystèmes naturels et « semi-naturels » (c’est quoi ça ?) affichés comme « une vitrine de la recherche et de démonstration pédagogique ».
Certes le document recense l’existant : coopération entre l’Université Paris XI et l’ONF sur un projet pédagogique pour la gestion forestière de la Guyonnerie, collections botaniques du domaine de la faculté d’Orsay (au fait, que deviendraient-elles si la fac quitte le site de Launay ?)
Le projet propose même de créer un autre « pôle botanique » sur le plateau avec l’Université (en attendant, c’est l’association Orsay-Nature, ABON, qui entretient bénévolement le verger et ses militants sont complètement démoralisés !), ou encore de « valoriser la forêt pédagogique de la Guyonnerie », « valoriser le parc botanique de Launay dans la vallée », « réaménager l’Yvette » et promet finalement « un réseau structurant de circulation douce ».
Le ressenti persistant que la nature et l'agriculture ne sont, au mieux, que des faire-valoir se renforce dans les dernières lignes du chapitre, qui proposent de « créer un tissu végétal sur le campus afin de renforcer le caractère identitaire de la trame verte »
A quand des T-shirts et casquettes « I love plateau de Saclay ® » ?
24 décembre 2008
Solutions 2009
Dans Libération aujourd'hui (n° daté 24 & 25 décembre 2008), un dossier spécial "Solutions 2009" avec notamment une interview de François Lerique :
Pour accéder à l'article, cliquer sur l'image :
18 juin 2008
Semaine du développement durable à l'école polytechnique
Rencontre du mercredi 11 juin 2008 :
"Changement climatique, sécurité alimentaire,
biodiversité...
Enjeux et défis pour un Plateau de Saclay ancré dans le
futur."
L’Ecole Polytechnique est désignée : “site pilote pour l’aménagement du territoire de Saclay”.
Coordonnateur : M. SALEZ, membre fondateur de l’AMAP des Jardins de Cérès.
C’est Pierre RABHI qui ouvre la conférence. Agriculteur, écrivain, très engagé dans la vie publique depuis 45 ans, il parle de son expérience dans les Cévennes ardéchoises où il vit, et de sa participation au développement de régions africaines, Burkina-Fasso, Niger, Mali, Tunisie..
Son rêve d’harmoniser le vivant, la nature et les modes de vie, se heurte à l’évolution des techniques et à la prépondérance des enjeux financiers. La révolution industrielle a bouleversé l’équilibre de la planète : des besoins nouveaux (minéraux, bois, eau, engrais) ont provoqué les conquêtes coloniales, l’esclavage, l’installation de cultures intensives. Les circuits financiers ont profité de ces nouvelles ressources en dominant l’économie mondiale, et ont déstabilisé les moyens d’existence locale.
Au cours des dernières décennies, les pratiques agricoles ont aggravé les déquilibres existants par le déboisement excessif, et les conséquences sont connues : changement climatique, pénurie alimentaire, disparition de la biodiversité des espèces, utilisation d’énergies nouvelles, soumission aux lois du marché international, etc. Tous les facteurs sont réunis pour engendrer les révoltes et les migrations vers des villes et des régions supposées plus accueillantes.
Dans les pays les plus riches, c’est la question des ressources énergétiques et du partage des richesses qui focalise les mécontentements : la paupérisation s’accentue dans certaines catégories sociales, et les oeuvres de bienfaisance se multiplient comme à la fin du 19ème siècle.
P.RABHI propose une "après-civilisation". Mais il sait qu’il est difficile d’imaginer que les pays riches acceptent de réduire leurs dépenses en énergies et leurs profits financiers.
La planète peut nourrir tous ses habitants, à condition d’accepter des modes de vie nouveaux : les besoins créés artificiellement n’engendrent pas plus de bonheur.
Pour l’avenir de la planète Terre, il faut réapprendre la notion sacrée de la vie.
Pierre Rabhi, vu par Isabel Sanmartin
Autres intervenants :
Pierre VANDAMME et François LERIQUE expliquent leurs
difficultés de travail sur les terres de Saclay et leur limites de répliques au
projet politique en cours. En visite le 18 mai dernier, Monsieur Christian
BLANC, chargé du développement de la région capitale, a assuré que “le
développement durable sera la condition du développement économique et social”.
Faut-il y croire ?
Mattieu LABONNE, climatologue, a été chargé d’établir le bilan-carbone du CEA-SACLAY. Il explique cette évaluation des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les équipements nouveaux, les aménagements doivent répondre à l’objectif d’une diminution drastique : l’objectif étant de diviser par 4 ces émissions dans les 10 prochaines années.
Pour Pierre TEXIER, ingénieur du Conseil Général de l’Agriculture, les données chiffrées du Produit National Brut peuvent être difficiles à interpréter. Il faut savoir que 70 % du PNB représentent des produits immatériels comme les services et seulement 2 % pour l’agriculture.
Cyril DION : de l’Association Terre et Humanisme. De nombreux acteurs désirent modifier les comportements actuels. Son association se veut fédératrice en redonnant le pouvoir d’agir dans de nombreux domaines. Par la sensibilisation aux questions d’environnement et de consommation, par des propositions d’actions et par la mise en réseaux des réalisations existantes : Terres et Cités, Jardins de Cérès et AMAP, …
Les participants (environ 150 personnes, adeptes et sympathisants de la cause), posent des questions sur l’avenir du plateau de Saclay, l’AMAP, les projets en cours, le rôle des grandes écoles...
Invités à continuer la discussion au buffet servi dans le hall de réception de l’Ecole, face à la Cour d’honneur et au plan d’eau reflétant le soleil couchant... nous découvrons une profusion de gâteries : petits fours, canapés garnis, fruits exotiques ... boissons variées. Produits des terroirs proches ? Les fraises peut-être, mais nous n’avons pas demandé leur provenance.
Difficile de concilier le rêve d’une "après-civilisation" et la réalité.
Pour terminer, bonne nouvelle : le CEA vient de passer un marché de pommes de terre et de lentilles avec la ferme de P. VANDAMME. Rassurant pour l’avenir du plateau de Saclay.
Les conférenciers vus par Isabel Sanmartin : masculin le DD ?
21 septembre 2007
Les charmes de la concertation venue d'en haut
« Nous serons bientôt confrontés à ce choix dramatique: bouffer ou rouler »
Catherine Reinaud, présidente de l'Union des Amis du Parc de la Vallée de Chevreuse.
« Si vous nous mettez dehors, on est des retraités millionnaires,
mais ce n'est pas ce que l'on veut »
Emmanuel Vandame, agriculteur à Villers le Bacle.
L'OIN, c'est à dire l'Etat, réunissait mercredi 19 septembre les associations mobilisées sur le projet d'Opération d'intérêt national, à l'occasion de la présentation des résultats du concours à idées pour l'aménagement du périmètre (exposition ouverte au siège de l'OIN jusqu'au 5 octobre).
Dialogue de sourds avec les associations qui ont toutes réaffirmé le paradoxe de la situation: l'Etat prétend engager une concertation sur l'avenir du plateau mais impose les hypothèses fondamentales du projet, transport en commun lourd sur le plateau, 5000 logements par an, etc. Que reste-t-il alors à la concertation? Des questionnements sur l'opportunité de maintenir 20% de la population en France sur 2% du territoire, sur l'importance de rapprocher l'agriculture et les consommateurs dans le contexte énergétique actuel n'avaient donc pas leur place. Perdant peu à peu son calme devant l'obstination des participants à ramener le débat vers ces enjeux essentiels, Jean-Pierre Dufay, représentant de l'OIN qui menait les débats finit par déclarer: « Qu'on le veuille ou non, ce territoire évoluera. Le monde deviendra de plus en plus urbain ».
Tout était alors dit, et il avait alors beau nous parler du Groupement d'Intérêt Public où tous unis, Etat, collectivités locales, associations pourrions la main dans la main travailler sur ce beau projet et « fabriquer une gouvernance », il avait beau regretter que les réponses au concours à idée se focalisaient trop sur le plateau (ben donc, ç'est là qu'il y a de la terre fraiche, non ?), le dialogue était rompu.
Au lieu d'urbaniser selon le modèle de la ville excroissante, qui s'impose au territoire, il faut, comme l'a très justement proposé Thierry Laverne, président du Triangle Vert des villes du Hurepoix, renverser la démarche: d'abord péréniser l'espace naturel et agricole, s'assurer qu'il profite aux villes et seulement alors on peut inventer une solution locale qui puisse être durable et qui puisse être assurée du soutien des élus et des populations.
Encore un petit effort.....
17 novembre 2006
La Région et l'OIN
Selon nos sources, la région Ile de France a exprimé sa position, encore amendable, sur l'OIN dans la version 1 du SDRIF sortie mercredi dernier :
Y figurent en toutes lettres "le maintien de 2 300 hectares d'espaces agricoles sur le plateau du Saclay"
et "le projet d'OIN Massy-Palaiseau-Versailles-Saclay-St Quentin en Yvelines, dont la responsabilité relève de l'État et qui s'impose par la loi ne reçoit pas un avis favorable de la Région qui souhaite en négocier le principe, la définition, la localisation et les modalités de réalisation."
Le débat est ouvert !
À suivre...
15 octobre 2005
Des villes en campagne
Éditorial du ForumInfo n°17, octobre 2005
En décembre 1995, paraissait le premier numéro de ForumInfo, avec un dossier sur l’urbanisme : "Quelle ville voulez-vous ?". Dix ans plus tard, cette question est ravivée par la montée des prix des logements qui rend Orsay inaccessible à une part importante de la population. Et l’état du logement social s’empire, comme le souligne Alternatives Économiques ce mois-ci, dans lequel Orsay est cité parmi les situations les plus consternantes : non seulement le taux de logement social est parmi les plus bas (5,1 % au lieu des 20 % minimum prévus par la loi), mais il décroît d’année en année, puisque aucune construction nouvelle n’est engagée.
Construction de logements accessibles ne veut cependant pas dire urbanisation des zones qui y ont jusqu’alors échappé : les zones agricoles péri-urbaines. C’est le thème du dossier que nous vous proposons dans ce nouveau numéro avec un arrêt sur quelques initiatives favorisant le maintien d’une activité agricole tout près de nos lieux de vie. Respect du cadre de vie et de l’environnement, rapprochement entre les producteurs et les consommateurs et diversité culturelle, sociale en sont les principaux moteurs. Une petite bouffée d’air pour souffler les 10 bougies de ForumInfo !
Et comme cadeau d’anniversaire, l’association s’est adaptée à l’air du temps en s’offrant une adresse mail, qui vous permettra de réagir encore plus facilement à nos articles et pourquoi pas de proposer les vôtres :
03 octobre 2005
Les Jardins de Cérès : les citadins prennent la clé des champs
Publié dans le ForumInfo n°17, octobre 2005
Dossier Agriculture Péri-urbaine
Construisons les villes à la campagnes, proposait Alphonse Allais… Au delà du paradoxe, quels rapports entre ville et campagne ? Ce dossier (p. 3 à 7) présente deux situations contrastées : le plateau de Saclay, où c'est une association militante qui porte (presque) seule un projet de défense de l'agriculture, et le Triangle Vert, où des élus, quelque soit leur étiquette politique, s'engagent dans un projet agri-urbain.
Nous avons trouvé la comparaison des deux situations très éclairante, et vous ?
Les Jardins de Cérès : les citadins prennent la clé des champs
Une centaine de personnes qui se donnent rendez-vous un samedi après midi dans un champ cultivé sur le plateau de Saclay : faucheurs volontaires d’OGM ? Et bien non, ce sont les adhérents de l’AMAP "Les Jardins de Cérès" qui viennent arracher "leurs" pommes de terre.
Une AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) réunit en effet un groupe de consommateurs et un agriculteur qui passent un contrat pour l’achat d’une partie des récoltes ou de la production animale. Les deux principes fondamentaux de ce contrat sont l’équité et la proximité.
Équité, puisque les consommateurs s’engagent à acheter une certaine quantité de produits en payant à l’avance et à un prix juste. En contre partie, l’agriculteur s’engage à une totale transparence sur ses techniques de cultures, ses coûts, et cherche à minimiser, autant que possible, l’utilisation de produits de traitement chimiques.
La proximité entre la ferme et les consommateurs est le second principe essentiel du contrat. Cela permet aux consommateurs de savoir comment sont cultivées les terres, de participer à une partie des travaux, mais aussi de rapprocher la production de la consommation pour économiser les coûts de transport, emballage et marketing. La pollution et le gaspillage associés aux circuits de distribution traditionnels sont ainsi éliminés. Cette proximité réintroduit également du lien social entre agriculteurs et citadins et entre citadins eux-mêmes.
Au final, le lien entre la ville et l’agriculture est recréé, notamment là où il est le plus en péril, c’est à dire à proximité des grandes villes. Les AMAP contribuent ainsi au maintien des terres agricoles en zone péri-urbaine.
Les AMAP se développent rapidement. La première a été créée en 2001 dans le sud de la France, à l’image de celles existant au Japon. Il existe aujourd’hui une centaine d’AMAP en France, dont 15 en région parisienne (et 15 nouveaux projets). Les groupes comptent en général de 15 à 40 personnes, l’AMAP "les Jardins de Cérès", basée sur le plateau de Saclay compte elle déjà plus de 200 personnes.
Questions à François Lerique, président des Jardins de Cérès
Quelle est la motivation des adhérents de l’association ?
Manger des produits sains n’est qu’un des aspects de la motivation des consommateurs adhérents d’une AMAP. Concernant les Jardins de Cérès, c’est probablement la protection des terres agricoles contre l’urbanisation qui est leur préoccupation principale. Il ne reste qu’une douzaine d’agriculteurs sur le plateau de Saclay, et les projets d’urbanisation se multiplient.
Quelles actions mène votre AMAP pour défendre l’agriculture ?
Pôle de compétitivité, construction de logements à Palaiseau, Toussus le Noble, Saclay (Cf. carte p. 3), doublement des routes... La pression est forte. Les problèmes de logement en Île de France sont très sérieux, mais ne peuvent être résolus par une urbanisation qui apportera de nouveaux problèmes de circulation, de pollution et d’écoulement des eaux. La géologie très particulière du Plateau de Saclay, avec une couche d’argile perchée doit être respectée pour éviter un dérèglement complet du système hydraulique.
L’urbanisation est-elle inéluctable ?
Elle est par définition inéluctable si on laisse faire. À l’inverse, une politique volontariste peut rendre le projet agricole viable comme c’est le cas dans le Triangle Vert (Cf p. 6). Ici, certaines terres, pourtant classées non constructibles, sont vendues 10 fois le prix des terres agricoles par des services de l’État , comme s’ils avaient déjà anticipé le passage de ces terres en zone urbanisable ! Le conseil régional d’Île de France pourrait déclarer le Plateau de Saclay zone d’agriculture protégée mais ne le fait pas. Les agriculteurs sont prêts à s’installer ailleurs si l’exploitation des terres devient trop difficile. Les propriétaires terriens attendent que les prix montent….
Quels sont ces projets ?
Nous renforçons nos liens avec l’agriculteur membre de l’AMAP. Au contrat sur la pomme de terre vient s’ajouter un nouveau contrat pour des lentilles. Au delà, nous proposons de créer un pôle de compétence agricole : il s’agit de transformer la ferme des Granges en un nouveau lieu de rencontre entre agriculture et citadins : une maison de l’agriculture et de l’écologie ouverte à tous, doublée d’un lieu de recherche, expérimentation et formation agricole. Enfin nous lançons un projet pour acheter collectivement des terres du plateau (voir encadré).
Pour en savoir plus :







