29 mai 2009
Alphonse Allais, es-tu là ?
La réunion des associations avec l’équipe de Pierre Veltz le 25 mai (cf. article précédent) s’est tenue dans les locaux de la mission de préfiguration de l’établissement public Paris-Saclay, à l’aéroport de Toussus le Noble. Mais la mission devrait prochainement déménager à Orsay, dans des bureaux situés à proximité de la gare d’Orsay-Ville.
Raison invoquée : manque de place dans les locaux de Toussus le Noble et, surtout, plus grande commodité due à la proximité des transports en commun à Orsay ! Pierre Velz a eu l’humour , ou la lucidité, de dire que c’était quand même plus conforme au Développement Durable d’aller à Orsay, plutôt que d’imposer à ses visiteurs et à son équipe de prendre des voitures…
Que cet argument est doux à nos oreilles, surtout venant d’une équipe qui projetait de construire une ville (scientifique) à la campagne… Heureusement que la mission a eu la bonne idée de venir s’installer sur place plutôt que de planifier depuis Paris : rien de tel que la dure réalité du terrain pour revoir sa copie….
28 mai 2009
Un débat public sur l'aménagement du plateau de Saclay: il n'est pas trop tard !
1) « Faisons
l'aménagement sur les berges du grand
lac vert ». Cette belle formule résume le premier principe, à savoir
que nous avons « une chance extraordinaire d'avoir à 15 km du
périphérique un espace ouvert et vert très peu connu du public » et
qu'il faut donc
« préserver autant que possible cet espace naturel travaillé »,
le travaillé faisant référence au caractère à dominante agricole de cet
espace. Bon, passons sur le périphérique comme point de référence (on aurait
préféré quelque chose de moins routier) et sur le caractère très peu connu du
plateau de Saclay... C'est essentiellement le « préserver autant que
possible » qui rend dubitatif, mais Pierre Veltz se veut rassurant : « le
nouveau SDRIF nous convient », façon de dire que les 2300 ha d'espace
agricole seront préservés, l'aménagement se ferait sur les bords du plateau.
« disponible » c'est à dire que son occupation par l'activité
agricole ne le rend pas indisponible pour les autres activités: chasser le
naturel de l'aménageur, il revient au galop... Mais ne nous arrêtons pas à ce
que l'on peut considérer comme une maladresse de langage, quoique révélatrice.
Le principe de la densification des espaces existant est intéressant, pour peu
que l'on prenne en compte toutes les implications de cette densification,
notamment en terme de besoin de transport.
02 avril 2009
La semaine du Développement durable en dessin
Le cheval, de retour ?
18 juin 2008
Semaine du développement durable à l'école polytechnique
Rencontre du mercredi 11 juin 2008 :
"Changement climatique, sécurité alimentaire,
biodiversité...
Enjeux et défis pour un Plateau de Saclay ancré dans le
futur."
L’Ecole Polytechnique est désignée : “site pilote pour l’aménagement du territoire de Saclay”.
Coordonnateur : M. SALEZ, membre fondateur de l’AMAP des Jardins de Cérès.
C’est Pierre RABHI qui ouvre la conférence. Agriculteur, écrivain, très engagé dans la vie publique depuis 45 ans, il parle de son expérience dans les Cévennes ardéchoises où il vit, et de sa participation au développement de régions africaines, Burkina-Fasso, Niger, Mali, Tunisie..
Son rêve d’harmoniser le vivant, la nature et les modes de vie, se heurte à l’évolution des techniques et à la prépondérance des enjeux financiers. La révolution industrielle a bouleversé l’équilibre de la planète : des besoins nouveaux (minéraux, bois, eau, engrais) ont provoqué les conquêtes coloniales, l’esclavage, l’installation de cultures intensives. Les circuits financiers ont profité de ces nouvelles ressources en dominant l’économie mondiale, et ont déstabilisé les moyens d’existence locale.
Au cours des dernières décennies, les pratiques agricoles ont aggravé les déquilibres existants par le déboisement excessif, et les conséquences sont connues : changement climatique, pénurie alimentaire, disparition de la biodiversité des espèces, utilisation d’énergies nouvelles, soumission aux lois du marché international, etc. Tous les facteurs sont réunis pour engendrer les révoltes et les migrations vers des villes et des régions supposées plus accueillantes.
Dans les pays les plus riches, c’est la question des ressources énergétiques et du partage des richesses qui focalise les mécontentements : la paupérisation s’accentue dans certaines catégories sociales, et les oeuvres de bienfaisance se multiplient comme à la fin du 19ème siècle.
P.RABHI propose une "après-civilisation". Mais il sait qu’il est difficile d’imaginer que les pays riches acceptent de réduire leurs dépenses en énergies et leurs profits financiers.
La planète peut nourrir tous ses habitants, à condition d’accepter des modes de vie nouveaux : les besoins créés artificiellement n’engendrent pas plus de bonheur.
Pour l’avenir de la planète Terre, il faut réapprendre la notion sacrée de la vie.
Pierre Rabhi, vu par Isabel Sanmartin
Autres intervenants :
Pierre VANDAMME et François LERIQUE expliquent leurs
difficultés de travail sur les terres de Saclay et leur limites de répliques au
projet politique en cours. En visite le 18 mai dernier, Monsieur Christian
BLANC, chargé du développement de la région capitale, a assuré que “le
développement durable sera la condition du développement économique et social”.
Faut-il y croire ?
Mattieu LABONNE, climatologue, a été chargé d’établir le bilan-carbone du CEA-SACLAY. Il explique cette évaluation des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les équipements nouveaux, les aménagements doivent répondre à l’objectif d’une diminution drastique : l’objectif étant de diviser par 4 ces émissions dans les 10 prochaines années.
Pour Pierre TEXIER, ingénieur du Conseil Général de l’Agriculture, les données chiffrées du Produit National Brut peuvent être difficiles à interpréter. Il faut savoir que 70 % du PNB représentent des produits immatériels comme les services et seulement 2 % pour l’agriculture.
Cyril DION : de l’Association Terre et Humanisme. De nombreux acteurs désirent modifier les comportements actuels. Son association se veut fédératrice en redonnant le pouvoir d’agir dans de nombreux domaines. Par la sensibilisation aux questions d’environnement et de consommation, par des propositions d’actions et par la mise en réseaux des réalisations existantes : Terres et Cités, Jardins de Cérès et AMAP, …
Les participants (environ 150 personnes, adeptes et sympathisants de la cause), posent des questions sur l’avenir du plateau de Saclay, l’AMAP, les projets en cours, le rôle des grandes écoles...
Invités à continuer la discussion au buffet servi dans le hall de réception de l’Ecole, face à la Cour d’honneur et au plan d’eau reflétant le soleil couchant... nous découvrons une profusion de gâteries : petits fours, canapés garnis, fruits exotiques ... boissons variées. Produits des terroirs proches ? Les fraises peut-être, mais nous n’avons pas demandé leur provenance.
Difficile de concilier le rêve d’une "après-civilisation" et la réalité.
Pour terminer, bonne nouvelle : le CEA vient de passer un marché de pommes de terre et de lentilles avec la ferme de P. VANDAMME. Rassurant pour l’avenir du plateau de Saclay.
Les conférenciers vus par Isabel Sanmartin : masculin le DD ?




