F o r u m I n f o . b l o g

Blog des citoyens actifs et solidaires, à Orsay, association de promotion de la démocratie participative locale, créée en 1995

29 mai 2009

Alphonse Allais, es-tu là ?

La réunion des associations avec l’équipe de Pierre Veltz le 25 mai (cf. article précédent) s’est tenue dans les locaux de la mission de préfiguration de l’établissement public Paris-Saclay, à l’aéroport de Toussus le Noble. Mais la mission devrait prochainement déménager à Orsay, dans des bureaux situés à proximité de la gare d’Orsay-Ville.
Raison invoquée : manque de place dans les locaux de Toussus le Noble et, surtout, plus grande commodité due à la proximité des transports en commun à Orsay ! Pierre Velz a eu l’humour , ou la lucidité, de dire que c’était quand même plus conforme au Développement Durable d’aller à Orsay, plutôt que d’imposer à ses visiteurs et à son équipe de prendre des voitures…
Que cet argument est doux à nos oreilles, surtout venant d’une équipe qui projetait de construire une ville (scientifique) à la campagne… Heureusement que la mission a eu la bonne idée de venir s’installer sur place plutôt que de planifier depuis Paris : rien de tel que la dure réalité du terrain pour revoir sa copie….

28 mai 2009

Un débat public sur l'aménagement du plateau de Saclay: il n'est pas trop tard !


Le 25 mai 2009, Pierre Veltz, délégué interministériel en charge de l’Etablissement public de Paris-Saclay accompagné de Guillaume Pasquier, chef de la mission de préfiguration de cet établissement public et de Lise Mesliand, architecte urbaniste responsable de l'aménagement dans le cadre de l'OIN, recevait le monde associatif. Après un accueil cordial, il nous a exposé ses trois grands principes pour l'aménagement du plateau de Saclay : 

1)  « Faisons l'aménagement sur les berges du grand lac vert ». Cette belle formule résume le premier principe, à savoir que nous avons « une chance extraordinaire d'avoir à 15 km du périphérique un espace ouvert et vert très peu connu du public » et qu'il faut donc
« préserver autant que possible cet espace naturel travaillé »
, le travaillé faisant référence au caractère à dominante agricole de cet espace. Bon, passons sur le périphérique comme point de référence (on aurait préféré quelque chose de moins routier) et sur le caractère très peu connu du plateau de Saclay... C'est essentiellement le «  préserver autant que possible » qui rend dubitatif, mais Pierre Veltz se veut rassurant : « le nouveau SDRIF nous convient », façon de dire que les 2300 ha d'espace agricole seront préservés, l'aménagement se ferait sur les bords du plateau.

 2)  Deuxième principe : « pour les zones d'aménagement elles-mêmes, principe d'économie d'espace »: les écoles et les centres de recherche déjà présents se sont étalés de façon excessive, il est possible de densifier sur les emprises existantes. « Ce n'est pas parce que l'espace est abondant qu'il faut l'utiliser sans compter » Encore une belle formule, mais belle en apparence seulement, car elle sous-tend l'idée que l'espace agricole est
« disponible » c'est à dire que son occupation par l'activité agricole ne le rend pas indisponible pour les autres activités: chasser le naturel de l'aménageur, il revient au galop... Mais ne nous arrêtons pas à ce que l'on peut considérer comme une maladresse de langage, quoique révélatrice. Le principe de la densification des espaces existant est intéressant, pour peu que l'on prenne en compte toutes les implications de cette densification, notamment en terme de besoin de transport.

 3) « Nous avons besoin de votre appui pour que ce projet soit mené dans une optique de développement durable ». Pierre Veltz décline rapidement les dimensions de ce troisième principe de durabilité : mobilité, eau et assainissement, biodiversité, espace naturels et artificialisés, énergie. Et c'est là qu'une incohérence forte apparaît. Pierre Veltz nous propose ainsi, après avoir posé les deux premiers principes de parcimonie dans l'urbanisation de nouvelles terres et de densification des espaces déjà urbanisés, de faire cela dans une perspective de développement durable, en concertation avec le monde associatif : l'ordre n'est pas le bon, et nous le lui avons dit. C'est bien au contraire sur la base d'une large consultation sur ce que pourrait être un développement durable de ce territoire que des principes d'aménagement pourrait se dégager. Un débat public d'options générales d'aménagement organisé par la CNDP, tel que nous le réclamons depuis près de deux ans et demi, serait certainement le bon outil pour faire émerger des principes d'aménagement partagés par tous: par exemple ne jamais considérer l'espace agricole comme « disponible » ; ou encore aller jusqu'au bout d'un principe de densification en questionnant l'opportunité du déménagement de l'université Paris Sud et en la reconstruisant sur l'emprise existante ; ou encore remettre en cause l’approche du cluster retenue a priori, reposant sur la concentration spatiale. Ce ne sont que quelques exemples, car on ne peut préjuger de la richesse des propositions qui peuvent émerger d'un tel débat.

 Alors ce débat aura-t-il lieu ? « Nous n'y sommes pas opposés » a répondu Pierre Veltz, il faut voir « quel serait son périmètre géographique » : très large (les 7700 ha du plateau) ou à l'inverse très étroit (le périmètre du plan Campus) ? Réponse complétée par Lucien Chabason qui rappelle que le débat peut porter sur un projet d'aménagement précis ou sur une option générale d'aménagement (option que nous défendons).

 Et bien allons-y tout de suite ! Plus de deux ans ont passé depuis notre première demande d’organisation d’un débat public CNDP, mais on peut encore rattraper le temps perdu. Avec l’expertise que les associations présentes à la réunion ont démontrée (et que Pierre Veltz a saluée), l’Etat devrait rapidement pouvoir monter le dossier. La balle est clairement dans le camp des aménageurs, à suivre.... vite !

02 avril 2009

La semaine du Développement durable en dessin

Le cheval, de retour ?

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18 juin 2008

Semaine du développement durable à l'école polytechnique

Rencontre du mercredi 11 juin 2008 :

"Changement climatique, sécurité alimentaire, biodiversité...
Enjeux et défis pour un Plateau de Saclay ancré dans le futur."

L’Ecole Polytechnique est désignée : “site pilote pour l’aménagement du territoire de Saclay”.

Coordonnateur : M. SALEZ, membre fondateur de l’AMAP des Jardins de Cérès.

C’est Pierre RABHI qui ouvre la conférence. Agriculteur, écrivain, très engagé dans la vie publique depuis 45 ans, il parle de son expérience dans les Cévennes ardéchoises où il vit, et de sa participation au développement de régions africaines, Burkina-Fasso, Niger, Mali, Tunisie..

Son rêve d’harmoniser le vivant, la nature et les modes de vie, se heurte à l’évolution des techniques et à la prépondérance des enjeux financiers. La révolution industrielle a bouleversé l’équilibre de la planète : des besoins nouveaux (minéraux, bois, eau, engrais) ont provoqué les conquêtes coloniales, l’esclavage, l’installation de cultures intensives. Les circuits financiers ont profité de ces nouvelles ressources en dominant l’économie mondiale, et ont déstabilisé les moyens d’existence locale.

Au cours des dernières décennies, les pratiques agricoles ont aggravé les déquilibres existants par le déboisement excessif, et les conséquences sont connues : changement climatique, pénurie alimentaire, disparition de la biodiversité des espèces, utilisation d’énergies nouvelles, soumission aux lois du marché international, etc. Tous les facteurs sont réunis pour engendrer les révoltes et les migrations vers des villes et des régions supposées plus accueillantes.

Dans les pays les plus riches, c’est la question des ressources énergétiques et du partage des richesses qui focalise les mécontentements : la paupérisation s’accentue dans certaines catégories sociales, et les oeuvres de bienfaisance se multiplient comme à la fin du 19ème siècle.

P.RABHI propose une "après-civilisation". Mais il sait qu’il est difficile d’imaginer que les pays riches acceptent de réduire leurs dépenses en énergies et leurs profits financiers.

La planète peut nourrir tous ses habitants, à condition d’accepter des modes de vie nouveaux : les besoins créés artificiellement n’engendrent pas plus de bonheur.

Pour l’avenir de la planète Terre, il faut réapprendre la notion sacrée de la vie.

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Pierre Rabhi, vu par Isabel Sanmartin

Autres intervenants :

Pierre VANDAMME et François LERIQUE expliquent leurs difficultés de travail sur les terres de Saclay et leur limites de répliques au projet politique en cours. En visite le 18 mai dernier, Monsieur Christian BLANC, chargé du développement de la région capitale, a assuré que “le développement durable sera la condition du développement économique et social”.
Faut-il y croire ?

Mattieu LABONNE, climatologue, a été chargé d’établir le bilan-carbone du CEA-SACLAY. Il explique cette évaluation des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les équipements nouveaux, les aménagements doivent répondre à l’objectif d’une diminution drastique : l’objectif étant de diviser par 4 ces émissions dans les 10 prochaines années.

Pour Pierre TEXIER, ingénieur du Conseil Général de l’Agriculture, les données chiffrées du Produit National Brut peuvent être difficiles à interpréter. Il faut savoir que 70 % du PNB représentent des produits immatériels comme les services et seulement 2 % pour l’agriculture.

Cyril DION : de l’Association Terre et Humanisme. De nombreux acteurs désirent modifier les comportements actuels. Son association se veut fédératrice en redonnant le pouvoir d’agir dans de nombreux domaines. Par la sensibilisation aux questions d’environnement et de consommation, par des propositions d’actions et par la mise en réseaux des réalisations existantes : Terres et Cités, Jardins de Cérès et AMAP, …

Les participants (environ 150 personnes, adeptes et sympathisants de la cause), posent des questions sur l’avenir du plateau de Saclay, l’AMAP, les projets en cours, le rôle des grandes écoles...

Invités à continuer la discussion au buffet servi dans le hall de réception de l’Ecole, face à la Cour d’honneur et au plan d’eau reflétant le soleil couchant... nous découvrons une profusion de gâteries : petits fours, canapés garnis, fruits exotiques ... boissons variées. Produits des terroirs proches ? Les fraises peut-être, mais nous n’avons pas demandé leur provenance.

Difficile de concilier le rêve d’une "après-civilisation" et la réalité.

Pour terminer, bonne nouvelle : le CEA vient de passer un marché de pommes de terre et de lentilles avec la ferme de P. VANDAMME. Rassurant pour l’avenir du plateau de Saclay.


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Les conférenciers vus par Isabel Sanmartin : masculin le DD ?

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