F o r u m I n f o . b l o g

Blog des citoyens actifs et solidaires, à Orsay, association de promotion de la démocratie participative locale, créée en 1995

23 mars 2009

Menaces sur l'enseignement et la recherche: des rendez-vous à venir

De la maternelle à l'Université, la colère gronde....
Parents d'élèves, lycéens, étudiants, salariés de l'éducation nationale, de la maternelle à l'université, organisent une manifestation pour la défense du service public d'éducation
le samedi 28 Mars à 14h00
à Lonjumeau
départ rue Henri Dunant

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Face à la crise, quels enjeux d'une politique d'enseignement supérieur et de recherche ?
Que propose le PS ?
réponses?:
le lundi 30 mars à 20h30
Salle Jacques Tati à Orsay
réunion publique organisée par les sections PS des communes de la CAPS et des Les Ulis
avec:
Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS à l'enseignement et à la recherche
David Ros, Vice président du CG de l'Essonne, chargé du développement économique de la recherche et de l'enseignement supérieur

NB: Les CAS ne sont pas impliqués dans l"organisation de ces événements. Mais nous les relayons comme tout ce qui nous semble pouvoir contribuer au débat public



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14 mars 2009

Un Cluster avec béton et sans moteur…

Au fur et à mesure que le projet de Campus OIN avance,
on se dit que l’on est en retard d’un demi siècle.
C’est dommage pour une zone de haute technologie d’avenir.
Un demi siècle, ou deux siècles d’ailleurs ?

Un demi siècle car ce n’est qu’à l’aune du bâti, du construit, de l’investissement matériel que les pilotes du Cluster semblent agir. Et alors on se croirait dans l’après guerre, quand le bâtiment va, tout va disait-on !
On parle déménagement, emménagement, comme si nous étions dans la construction d’une chaîne de montage et qu’il fallait que les ouvriers soient dans un même espace pour engendrer des gains de productivité… Là on se retrouverait quasiment dans la manufacture d’épingle d’Adam Smith… (1776 !).

De quoi souhaiterait-on entendre parler pour défendre un projet contemporain, pensant le territoire et l’engendrement de connaissances pour faire face aux défis du XXIème siècle (pour parler comme l’UE) ? Ou, pour le dire différemment, comment penser un développement qui ne pense pas une croissance matérielle, que l’on sait insoutenable ? Il n’est pas question ici de défendre la décroissance, mais de penser les outils pour cesser l’accumulation infinie de marchandises (1).

On souhaiterait entendre parler d’une dynamique de projets scientifiques. Cela n’exclut pas l’investissement matériel, mais  implique d’abord, des investissements immatériels : de la confiance, des relations, des contenus scientifiques, des coopérations, des dispositifs permettant des apprentissages communs, des espaces communs aussi certes, des instances délibératives et collaboratives.
Pas essentiellement besoin d’être éloigné de moins de 10 km pour travailler ensemble, il faut un avenir commun, et une confiance réciproque.
Nombre d’ouvrages de ces dernières années (l’âge des accès de Rifkin, la société de réseau de Castells, le capitalisme cognitif de Moulier-Boutang…) ont montré le caractère central de l’immatériel, des réseaux d’acteurs, d’une société épistémique (communauté de savoir)…

Cohn Bendit défend avec quelques autres, une nouvelle fable des abeilles : ce qui importe n’est pas tant le miel, que la pollinisation. Qu’est ce donc ? Une réflexion sur les connexions, les échanges, et non seulement sur l’infrastructure.

L’investissement immatériel, c’est bien sur la connaissance elle-même, mais c’est aussi la structure de gouvernance, celle qui assure que les institutions sont prêtes à avancer, à partager…
Le plan Campus est bien loin de ce nouveau mode de développement. Il est pensé dans la logique du NMP (Nouveau Management Public), qui met les personnes, les équipes et les entités en compétition. C’est la compétition pour les fonds, pour les partenariats, pour les postes… Or, cela est aux antipodes de ce qui fonde la coopération scientifique, qui suppose un langage et des objectifs communs, et donc pas une lutte pour être toujours mieux classés que le collègue… Penser la dynamique collective d’un Cluster passe par de la diffusion, qui suppose de la confiance et non essentiellement de la concurrence. Oui bien sur dans le plan Campus il y a du scientifique, c’est sans nul doute un grand projet scientifique d’ampleur mondiale… mais ce qui chagrine, c’est le manque de coopération
La connaissance ne s’engendre pas seulement dans un labo flambant neuf, elle s’engendre dans les usages, dans les réseaux, dans les coopérations, dans les partenariats sur des projets communs. C’est là l’esprit du Cluster.

Là encore un ENORME hic : le plan Campus, comme la LRU n’ont pas pensé un instant la question clé de tout le système éducatif français, ce qui fonde sa schizophrénie entre l’université de masse et les grandes écoles. Ce système produit un écrémage : accaparement des moyens, de la réputation et des ‘élites‘ par des grandes écoles qui ne sont que des nains à l’échelle internationale. C'est comme si on pensait une équipe de basket avec deux profils : quelques géants sous alimentés (les facs) et quelques nains survitaminés…Il n'est alors  pas facile de créer de la cohésion…

Bien sur, on aurait envie aussi de dire que l’abandon de la politique d’aménagement du territoire, au profit d’une concentration sur des pôles régionaux, c’est revenir avant les années 1950…
Penser les synergies ne se fait pas  uniquement par le bâti mais par un travail plus sous-terrain, plus humble peut-être, pour penser l’agir commun, et non l’agir des uns contre les autres. Certes, c’est moins honorifique que d’inaugurer des palais de verre... Mais nous préférons penser aux personnes, aux espaces dans lesquels ils vivent, avant de penser la visibilité des projets.

(1) i.e. En référence à la première phrase du Capital « La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s'annonce comme une "immense accumulation de marchandises" ».

08 mars 2009

Plan Campus… un financement au risque du marché financier

Harvard, Harvard… Que vas-tu nous apprendre aujourd’hui ?
Aujourd’hui, Harvard, mais aussi quelques autres grandes universités américaines, vont nous aider à réfléchir au financement du Grand Campus de Saclay.

Le plan Campus sera financé par le moyen d’une cagnotte, issue de la privatisation partielle d’EDF. L’argent de la vente de titres d’EDF ne va pas être utilisé directement mais va nourrir un fonds. Il s’agit d’une dotation "non consomptible": durant les 25 années du contrat, seuls les intérêts du capital seront disponibles.

Traduction pratique : dans le cadre du plan Campus, les acteurs du projet Saclay demandent 1,45 milliards d’euros de dotation en capital à prendre sur les 5 milliards d’euros partagés entre les 12 projets sélectionnés dans toute la France. Ils en attendent 620 millions d’euros d’intérêts sur dix ans. Il n’y a donc aucune garantie du financement. Merveilleux, n’est-ce pas de baser un financement de long terme sur le rendements d’actifs financiers, et cela en pleine crise financière qui voit s'effondrer leurs cours (le CAC 40 a perdu en un an plus de 50% de sa valeur !).
Certes on ne connaît pas la nature des placements, mais l'analyse de la gestion des fonds sur les 20 dernières années nous montre que toutes les institutions (y compris l’économie sociale, les fondations, le caritatif...) ont utilisé des placements à haut risque.

Ainsi, le plan Campus ne permettra pas de financer la recherche en masse, via un lourd investissement. Non non, le gouvernement français ne suit pas la résolution très keynésienne d’Obama qui sait qu’il est important pour l’Etat de dépenser pour d’une part dynamiser la demande qui est en  berne (plombée par les bas salaires) et d’autre part pour forger les infrastructures de l’activité (non seulement des ponts ou des routes, mais celles du savoir et de la santé).
Le plan Campus va juste doter quelques universités triées sur le volet d’un fonds dont elles pourront utiliser les intérêts pour payer les loyers de leurs locaux neufs ou rénovés. Ce fonds ne suffira que si les collectivités locales renforcent les efforts prévus dans les CPER 2007-2013 et les poursuivent jusqu'en 2035 (2010+25 ans).

Et Harvard dans tout ça ? Et bien c’est un peu le modèle qui inspire ce mode de financement dans le plan Campus : cette Université est financée par la fondation d’Harvard. Celle-ci valorise le trésor qui permet à la grande université américaine d’être super dotée. Sauf qu’il y a un hic : la valorisation boursière de cette fondation a chuté de plus de 25 % en 2008 (et d’autres universités ont vu pire !). Dommage pour des cracks de la finance de perdre plus de 8 milliards de dollars de fonds propres… Et oui… Au fait, le financement d’Harvard repose bien les intérêts… même quand le fonds fond... Heureusement que, quoi qu’on en dise, ce sont bien les Etats et l’Etat fédéral qui financent à plus de 70 % la recherche publique aux Etats-Unis !

Pérenne, vous avez dit financement pérenne ?

Alors il faudra penser à autre chose pour financer le plan Campus !

09 février 2009

Réforme des universités : Orsay en lutte

Le collectif ORSAY EN LUTTE
Organise une réunion d'information sur les réformes de l'université
et sur les réformes de la formation des maîtres et des professeurs

"De la maternelle à l'université, tous concernés !"

Mardi 10 février
à 20h30
Salle de conférence de la Bouvêche, Orsay


Intervenants:

Catherine Dreux, Maître de conférence
Corinne Donzaud, Maître de conférence
Michel Dron, Professeur
Alexandre Moreau, Doctorant

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Source photo : http://www.orsayenlutte.info/

Posté par cas_orsay à 09:54 - Local - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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21 novembre 2008

Mayonnaise de cluster et salades idéologiques

<p><p><p><p><p><p>Mayonnaise de cluster et </p></p></p></p></p></p>

"Le danger est de casser des liens pluridisciplinaires,
les plus générateurs de créativité,
d’une communauté qui a mis des dizaines d’années
à se constituer et à élaborer ses codes"

Roger Fourme, chercheur au synchrotron Soleil

 

Mais où sont donc passés les chercheurs ? Pas très visibles depuis la relance du projet d’aménagement du plateau par Christian Blanc, mis à part des déclarations de la présidente de l’Université Paris Sud, Anita Bersellini, estimant que le corps enseignant est "massivement d’accord". Cela peut se comprendre, vu les conditions actuelles de travail dans les bâtiments dégradés de la faculté d’Orsay, comme l’expliquait une chercheuse (tout en le déplorant), lors de la réunion publique organisée hier par le GALU de Palaiseau.

Au cours de cette réunion, Roger Fourme, directeur scientifique du synchrotron Soleil pendant plusieurs années, a montré de façon très vivante et vécue combien ce que l’on faisait miroiter aux chercheurs était un leurre, voire un piège. Certes, le pôle de recherche constitué autour de la Faculté d’Orsay, des centres de recherche et des écoles du plateau de Saclay constitue un potentiel formidable qui pourrait être mieux exploité, accord sur ce point du chercheur avec Christian Blanc. Mais l’accord s’arrête là. Tout le projet de l’Etat, argumente le chercheur, s’appuie en effet sur une conception "inexacte et tendancieuse" de l’état de la science française, vue à travers le prisme déformant du classement de Shanghai et repose sur une conception du cluster ne tenant pas compte des relations "très complexes" qui se nouent entre les différents acteurs d’un cluster, et qui font que la mayonnaise prend ou ne prend pas. On retrouve là des arguments que nous avions avancés d’un point de vue général dans notre récente lettre à Christian Blanc. Cela est très rassurant (et en même temps inquiétant) de les voir avancés de façon très concrète par un praticien local de la recherche, preuve qu’on n’était pas à coté de la plaque.

Mais le chercheur va plus loin, en analysant les soubassements idéologiques à l’oeuvre derrière tout cela. Il s’agit de mettre la recherche publique au service des plus grands groupes privés (et eux seuls) au moyen d’un pilotage des orientations scientifiques s’appuyant sur les nouveaux instruments de financement et d’évaluation de la recherche que sont l’ANR et l’AERES. Cela permettra au passage de "casser" ce repère de gauche un peu incontrôlable que constitue la Faculté d’Orsay.

Il y a donc beaucoup à perdre en gagnant des locaux flambant neuf, comme le résume la phrase citée en introduction de cet article. Proposition de l’intervenant : face à la "stratégie du choc", (pour reprendre le titre du dernier ouvrage de Naomi Klein) impulsée par l’Etat, il est urgent de prendre le temps de bien penser à ce que l’on fait, en mandatant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), instance parlementaire, pour analyser en profondeur tous les tenants et aboutissants de la question.

L’Etat saura-t-il se mettre à l’écoute des acteurs ou persistera-t-il dans ses visées bonapartistes ?

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