F o r u m I n f o . b l o g

Blog des citoyens actifs et solidaires, à Orsay, association de promotion de la démocratie participative locale, créée en 1995

03 octobre 2009

Concertation sur le plateau de Saclay : nous contenterons-nous de quelques miettes ?

« J’ai déjà dit, au sujet du projet de loi du Grand Paris, que dans la partie concernant le futur établissement public (EP) Paris-Saclay (Titre 5), la description des moyens de la concertation avec le public devait être fortement améliorée. Ce sera le rôle du débat parlementaire. »

Voilà une déclaration faite par Lucien Chabason, garant de la concertation au sein de la mission de préfiguration de l’EP Paris-Saclay, qui à la fois nous rassure et nous inquiète.

Elle nous rassure, parce qu’elle émane d’une personnalité engagée dans ce processus sans faire partie du milieu associatif mais qui rejoint nos analyses. Dans notre précédent article, nous avions en effet pointé que l’article concernant la concertation était passé à la trappe dans la dernière version du projet de loi. Il est rassurant de voir que d’autres que nous trouvent cela préoccupant. Cette prise de position courageuse du garant de la concertation s’est faite au cours d’une réunion entre le milieu associatif et la Mission de préfiguration de l’EP Paris-Saclay qui s’est tenue hier dans les locaux de la Mission à Orsay.

Mais cela nous inquiète aussi. En effet, au cours de la même réunion nous avons demandé à Pierre Veltz, Guillaume Pasquier et Lise Mesliand, représentants de la Mission, pourquoi cet article avait-il disparu. Ils ont fait comme s’ils n’étaient pas au courant. « il y a eu tant de versions de ces textes… » .. se sont-ils contentés de dire. Un peu court, non ?

Tout au long de la réunion, les responsables de la Mission nous ont semblé manquer pour le moins de clarté sur leur rôle dans le processus d’aménagement. L’exemple le plus flagrant concerne le déménagement de la faculté d’Orsay sur plateau : « le Conseil d’Administration de l’Université a voté en faveur de ce déménagement, il n’appartient pas à la Mission d’interférer dans cette décision ». Louable attitude de respect d’un principe démocratique, mais qui cadre mal avec le fait que cette opération se fasse dans un OIN, où justement l’Etat (qui de surcroît va financer l’opération) peut choisir de prendre la main. Et il y aurait matière.

En effet, le déménagement de l’Université sur le plateau est parfaitement contraire aux principes généraux d’aménagement énoncé par Pierre Veltz lui-même en début de réunion, notamment la parcimonie quant à l’usage de l’espace. Interrogé sur le caractère fort avancé des implantations des autres infrastructures prévues par le plan Campus, il a réaffirmé que ces « propositions, faites par les 23 institutions partenaires du plan Campus, n’étaient qu’un élément versé au dossier, et en aucun cas un plan définitif ». Est-ce crédible ? Dans ce contexte, proposer la création d’une ZAD (Zone d’aménagement différée) comme outil juridique de protection des terres agricoles apparaît au mieux comme un surcroît de maladresse, au pire comme la promesse d’urbanisation de ces terres.

En début de réunion Pierre Veltz nous avait présenté les 3 grands enjeux (synergie université recherche ; création d’emploi et d’activité ; cadre de vie et attractivité) et les 4 grands principes (préserver l’espace agricole, constituer un pole attractif mixant emploi et habitat ; penser l’économie d’espace ; concilier urbanité et nature). Des mots, déconnectés de la réalité et révélant même de l’impensé, de l’inconscient :les enjeux ne sont pas le développement durable, ni l’agriculture, ni la démocratie locale… tout cela reste au mieux au stade des principes.

Percevant finalement le manque de crédibilité de cette attitude ambiguë, les responsables de la Mission nous ont donné quelques exemples de leur volontarisme : négociation avec responsables de Polytechnique pour les convaincre de la nécessité de densifier le site de l’école, négociation serrée avec EDF sur la surface de leur futur implantation. Louable certes, mais secondaire…

Car pendant que nous discutons bien sagement, les projets avancent : Trois cabinets en charge respectivement de la définition des options générales d’aménagement, d’une étude d’impact environnemental et de l’établissement d’un schéma hydrologique du plateau sont en passe d’être sélectionnés et se mettront au travail d’ici la fin de l’année. La Mission nous a proposé d’accompagner leur travail (ainsi que le dossier des transports) en faisant parti d’un Comité dont le fonctionnement suivrait la charte de la concertation. Nous avons mis comme préalable à cette participation que les cahiers des charges sur lesquels ces cabinets travaillaient nous soient communiqués, selon un principe d’égalité d’accès à l’information. La mission s’y est engagée.

S’il s’avérait que toutes les options possibles ne sont pas a priori ouvertes, notamment concernant les options générales d’aménagement, nous nous retirerions bien évidemment, pour ne pas servir de caution démocratique à un projet déjà ficelé… et nos craintes à ce sujet restent entières.

29 mai 2009

Jussieu, l’épouvantail

Epouvantail, au sens figuré (attesté en 1556 chez Ronsard) : "ce qui inspire de vaines ou excessives terreurs".
Le chantier de réhabilitation de Jussieu est donc bien l’épouvantail des aménageurs du plateau qui voudraient ne pas réhabiliter la fac d’Orsay : plus cher soi disant que de reconstruire. Argument avancé par Christian Blanc en novembre dernier et repris dans la réunion du 25 mai par Pierre Veltz.
Sauf que Orsay n’est pas Jussieu : à Jussieu il y a très peu de place pour déménager temporairement les labos durant les travaux, ce qui complique tout, il y a de l’amiante floquée très délicate à enlever, etc… Alors arrêtons d’agiter cet épouvantail auquel personne ne croit, et installons plutôt les épouvantails sur le plateau pour protéger les récoltes ? Des épouvantails au sens propre : "objets placés dans les champs ou les jardins pour effrayer les oiseaux"…

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Universités – Grandes écoles : la fracture est géologique

Pourquoi donc les porteurs du projet Saclay insistent-ils à vouloir faire monter l’Université Paris-Sud sur le plateau plutôt que de la laisser dans la vallée ? Pierre Veltz, toujours dans la réunion du 25 mai, a apporté la réponse : c’est parce qu’actuellement, les universitaires et les écoles d’ingénieurs sont séparés par « une cassure » (sic) quasi infranchissable que constitue « la rupture de pente » (re sic) entre la vallée où se trouve la Fac et le plateau où sont les (grandes) écoles. L’argument parait faible quand on connaît la délicate alchimie que constitue un cluster, comme nous l’avons déjà écrit. Mais les enquêteurs de CAS se sont tout de même rendus sur les lieux, pour vérifier l’information et elle est exacte :

  • la rue de Versailles à Orsay est de plus en plus raide à mesure que l’on s’approche du plateau
  • monter la N118 est quasi impossible certains matins de grande affluence
  • enfin, et surtout, entre Orsay et Palaiseau, nous avons trouvé des falaises de grès que des universitaires essayaient désespérément de gravir pour atteindre l’école Polytechnique.  Le site est même connu des amateurs d’escalade...

CAS a trouvé la solution ! elle est plus économique que le déménagement de la Fac : des vélib électriques, des transports en communs vallée-plateau et des chaussures d’escalades pour
tous (1) !
En voilà du développement durable !

troche2

(1) L’ouvrage  de Pierre Veltz, Faut-il sauver les grandes écoles, propose des pistes pour le dialogue grandes écoles-université, avait-il pensé aux chaussons d’escalade ?

23 mars 2009

Menaces sur l'enseignement et la recherche: des rendez-vous à venir

De la maternelle à l'Université, la colère gronde....
Parents d'élèves, lycéens, étudiants, salariés de l'éducation nationale, de la maternelle à l'université, organisent une manifestation pour la défense du service public d'éducation
le samedi 28 Mars à 14h00
à Lonjumeau
départ rue Henri Dunant

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Face à la crise, quels enjeux d'une politique d'enseignement supérieur et de recherche ?
Que propose le PS ?
réponses?:
le lundi 30 mars à 20h30
Salle Jacques Tati à Orsay
réunion publique organisée par les sections PS des communes de la CAPS et des Les Ulis
avec:
Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS à l'enseignement et à la recherche
David Ros, Vice président du CG de l'Essonne, chargé du développement économique de la recherche et de l'enseignement supérieur

NB: Les CAS ne sont pas impliqués dans l"organisation de ces événements. Mais nous les relayons comme tout ce qui nous semble pouvoir contribuer au débat public



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09 février 2009

Réforme des universités : Orsay en lutte

Le collectif ORSAY EN LUTTE
Organise une réunion d'information sur les réformes de l'université
et sur les réformes de la formation des maîtres et des professeurs

"De la maternelle à l'université, tous concernés !"

Mardi 10 février
à 20h30
Salle de conférence de la Bouvêche, Orsay


Intervenants:

Catherine Dreux, Maître de conférence
Corinne Donzaud, Maître de conférence
Michel Dron, Professeur
Alexandre Moreau, Doctorant

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Source photo : http://www.orsayenlutte.info/

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23 octobre 2008

Bétonnage du Plateau de Saclay : la nouvelle politique de la main tendue

Rappelons nous le bon vieux temps : concours à idées sur l’aménagement du Plateau de Saclay, charte de la concertation, démarche exemplaire, réunions publiques etc., oui c’était le bon vieux temps (Cf rubrique OIN de ce blog). Nous étions certes méfiants, remarquant que tout cela ne dépendait guère que du bon vouloir de l’Etat, qui n’avait pas souhaité inscrire sa démarche de concertation dans un cadre clairement défini. Nous avions pourtant, avec d’autres associations, demandé l’ouverture d’un débat public qui soit organisé dans le cadre de la Commission Nationale du Débat Public, gage de sérieux et de qualité de la démarche. Mais l’Etat avait répondu que c’était trop tôt, que l’on débattrait quand le projet serait suffisamment avancé.

La mission de préfiguration de l’OIN se contentait donc de quelques réunions dans les villes du périmètre, de réunions avec les associations. C’était sympa, certes un peu dans l’ambiance une-main-tendue-et-l’autre-cachée-dans-le-dos-avec-une-grosse-massue, mais sympa quand même, on aurait fini par y croire, par oublier la massue. Et puis depuis quelques temps, en gros depuis la nomination en mars 2008 de Christian Blanc comme secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, en charge notamment de l’aménagement du Plateau de Saclay, plus rien, silence radio. Le calme avant la tempête ?

Au début de la semaine ça frémissait, et mardi matin, le dit Christian Blanc recevait les élus des villes de la CAPS pour leur présenter son projet. Lui aussi avec la politique de la main tendue et la massue, mais dans une version légèrement modifiée : le coup de massue d’abord, la main tendue après. Voyez plutôt (ce qui suit est un libre compte rendu des informations que David Ros, maire d’Orsay a rendu publiques lors du Conseil Municipal du 22 Octobre).

1) Le Campus de la Faculté d’Orsay déménagera sur le Plateau. En conséquence tout l’espace compris entre l’Ecole Polytechnique et le CEA, en passant par la Ferme de la Martinière, et limité au Sud par le rebord du plateau sera urbanisé. Cela représente 800 ha de terres agricoles. Or, pour pouvoir conserver les 2300 ha de terre agricoles sur lesquelles la plupart des élus du secteur étaient d’accord, le maximum urbanisable dans ce secteur était de 300 ha. Résultat 500 ha de plus de bétonné.

2) Il y aura une loi pour sanctuariser les 1800 ha restant. Alléluia.

3) Le sanctuaire c’est en surface. En sous sol passera un métro reliant Orly-Massy-Saclay-Versailles. Voila sûrement de quoi canaliser un peu l’hydrologie capricieuse de ce plateau.

4) Petits détails : dans les 800 ha, il y aura des logements pour 25.000 chercheurs et étudiants et pour relier le plateau et la vallée, un funiculaire montant de la gare de Lozère (pratique pour les étudiants restés en rade dans quelques résidences universitaires de la vallée).

5) Sur l’ex campus d’Orsay : des start-up (c’est connu, les start-up, il suffit de leur donner des vieux bâtiments pour qu’elles aient envie de venir s’installer).

6) Tout le projet sera bouclé d’ici la fin de l’année ; au printemps 2009 une loi en précisera la "gouvernance", du style Etablissement public d’aménagement. En clair : c’est moi qui décide tout, et quelques miettes pour les collectivités locales.

7) Mise en œuvre : dans les 10 ans.

8) Coût : estimé à un milliards d’euros, (sans compter le métro souterrain, pour lequel il faudrait rajouter autant). Pour financer : des partenariat public privé (PPP), montages où l’on confie au privé le soin d’investir. En ces temps de récession, c’est gagné d’avance (c’est peut-être le point faible du projet, encore que pour que le privé puisse investir, il suffit de lui repasser de l’argent public, et ça le gouvernement sait faire).


A la fin de l’exposé, Christian Blanc, très à l’aise, a déclaré "maintenant la concertation peut commencer". La main tendue, encore et toujours.

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