F o r u m I n f o . b l o g

Blog des citoyens actifs et solidaires, à Orsay, association de promotion de la démocratie participative locale, créée en 1995

03 juillet 2009

Grand Paris : dérive autoritaire ? et déréglementaire ?

La défense, 30 juin.
Nicolas Sarkozy annonce une loi sur le grand Paris à l’automne.

Une loi ? En avons-nous besoin ? D’autant qu’à la lecture du discours, cette loi ne semble être rien d’autre que l’attribut du pouvoir contre les dispositifs de concertation actuels, contre les règles (d’urbanisme), contre les territoires, ou, encore contre le statut de la RATP.

Reprenons point par point ces éléments de lecture du discours.

- Nicolas Sarkozy veut "accélérer les procédures" pour "éviter les études interminables, les débats qui n’en finissent plus". On apprécie, alors que l’on attend toujours le grand débat public à propos du plateau de Saclay...
Conséquence 1 : un texte contre la concertation… Tout en annonçant un débat pour l’hiver 2010 (pendant la campagne des régionales).
Conséquence 1bis, sous forme de question : aura-t-on une seule concertation pour le grand Paris ? Est-ce à dire qu’il y aura un gigantesque objet traité très vite ? Et traitant de quoi : d’une orientation générale, ou d’une infinité de questions hyper locales…
En un mot, on redoute un grand débat très éloigné du terrain, clos rapidement, et qui ne permet en fait que de légitimer ce qui est décidé. La démocratie serait-elle aussi "un truc qui s'éternise pour aboutir à rien" pour reprendre les propos présidentiels ?

- Et puis Nicolas Sarkozy a souhaité un texte pour établir des périmètres "autour des gares où les procédures d’urbanisme seront assouplies".
Conséquence 2. Un texte pour déréglementer l’urbanisme, pour favoriser l’action des promoteurs. Densifier l'existant, pourquoi pas, l'extension de la ville est défavorable au développement durable, mais n'est-ce pas aux collectivités locales de le décider ?

- Ensuite la création d’un "établissement ou même d’une société à capitaux publics (…) chargé de la maîtrise d’ouvrage et d’aménagement". Le modèle de La Défense revient régulièrement dans le discours. Les amis promoteurs de Hauts-de-Seine apprécient certainement.
Conséquence 3. Un outil ad’hoc donc, dont on attend avec impatience le modèle de transparence et de gouvernance.

- Enfin, la RATP devra se moderniser, pour faire face à ces défis majeurs, et devenir une "véritable entreprise publique", "c’est l’ouverture progressive à la concurrence dans 20 ou 30 ans des transports parisiens".
Conséquence 4. La déréglementation des transports est clairement affichée. La RATP devra s’adapter… et pourra donc être mise en concurrence. Nous pourrions avoir un système morcelé avec des sociétés différentes coexistant sur le réseau. Pour ceux qui aiment Ken Loach, on vous conseille le film The Navigators ; c’est un parfait résumé des dégâts de la déréglementation des transports britanniques. Rappelons que suite à la dégradation radicale des conditions de transports et à plusieurs accidents graves, Tony Blair avait décidé de renationaliser…
Voici le choix qui sera imposé à la RATP : soit rester sous tutelle publique et se limiter au marché parisien, soit s’inscrire dans une logique concurrentielle pour pouvoir étendre son champ de compétence (ie viser les transports à Lille ou Marseille). Et dans ce cas c’est toujours le PDG qui décide… et qui nomme la direction ?

29 mai 2009

Universités – Grandes écoles : la fracture est géologique

Pourquoi donc les porteurs du projet Saclay insistent-ils à vouloir faire monter l’Université Paris-Sud sur le plateau plutôt que de la laisser dans la vallée ? Pierre Veltz, toujours dans la réunion du 25 mai, a apporté la réponse : c’est parce qu’actuellement, les universitaires et les écoles d’ingénieurs sont séparés par « une cassure » (sic) quasi infranchissable que constitue « la rupture de pente » (re sic) entre la vallée où se trouve la Fac et le plateau où sont les (grandes) écoles. L’argument parait faible quand on connaît la délicate alchimie que constitue un cluster, comme nous l’avons déjà écrit. Mais les enquêteurs de CAS se sont tout de même rendus sur les lieux, pour vérifier l’information et elle est exacte :

  • la rue de Versailles à Orsay est de plus en plus raide à mesure que l’on s’approche du plateau
  • monter la N118 est quasi impossible certains matins de grande affluence
  • enfin, et surtout, entre Orsay et Palaiseau, nous avons trouvé des falaises de grès que des universitaires essayaient désespérément de gravir pour atteindre l’école Polytechnique.  Le site est même connu des amateurs d’escalade...

CAS a trouvé la solution ! elle est plus économique que le déménagement de la Fac : des vélib électriques, des transports en communs vallée-plateau et des chaussures d’escalades pour
tous (1) !
En voilà du développement durable !

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(1) L’ouvrage  de Pierre Veltz, Faut-il sauver les grandes écoles, propose des pistes pour le dialogue grandes écoles-université, avait-il pensé aux chaussons d’escalade ?

Alphonse Allais, es-tu là ?

La réunion des associations avec l’équipe de Pierre Veltz le 25 mai (cf. article précédent) s’est tenue dans les locaux de la mission de préfiguration de l’établissement public Paris-Saclay, à l’aéroport de Toussus le Noble. Mais la mission devrait prochainement déménager à Orsay, dans des bureaux situés à proximité de la gare d’Orsay-Ville.
Raison invoquée : manque de place dans les locaux de Toussus le Noble et, surtout, plus grande commodité due à la proximité des transports en commun à Orsay ! Pierre Velz a eu l’humour , ou la lucidité, de dire que c’était quand même plus conforme au Développement Durable d’aller à Orsay, plutôt que d’imposer à ses visiteurs et à son équipe de prendre des voitures…
Que cet argument est doux à nos oreilles, surtout venant d’une équipe qui projetait de construire une ville (scientifique) à la campagne… Heureusement que la mission a eu la bonne idée de venir s’installer sur place plutôt que de planifier depuis Paris : rien de tel que la dure réalité du terrain pour revoir sa copie….

13 mars 2009

Les déplacements d'un clusterman dans les années 2010-2030

Tout d'abord, il faut noter qu'après avoir titré "LES TRANSPORTS : UNE ARDENTE ET URGENTE NÉCESSITE", les auteurs du Plan Campus se déclarent eux même incompétents et illégitimes pour les organiser ! Surprenant, vraiment, puisque le volumineux document est signé par… Vincent Pourquery de Boisserin, secrétaire d'Etat à l'aménagement de la région capitale ! Mais il est bien plus facile de botter en touche sur le STIF (Syndicat des Transports en Ile-de-France), quitte à inclure des cartes bigarrées illustrant le merveilleux maillage prévu pour irriguer (et féconder) le futur cluster.

Le Plan Campus de 2009 présente un projet de transports collectifs à réaliser en plusieurs phases de 2010 à 2030

1) Première et urgente nécessité :

Actuellement, les déplacements s'effectuent à 75% en voitures particulières et l'arrivée d'environ 50 000 personnes supplémentaires - étudiants, enseignants, chercheurs, personnels des entreprises, visiteurs - exige une amélioration rapide des circuits existants.

Les solutions proposées pour le court terme consistent à "optimiser" les réseaux actuels : RER B et RER C, en assurant des connexions souples est-ouest et nord-sud. Mais le RER B, avec 400 000 voyageurs /an est saturé aux heures de pointe. Seuls travaux en cours, la section du TCSP (Transport en Commun en Site Propre) de Massy à l'Ecole Polytechnique - 6,3 km - est en voie d'achèvement.

2) Les projets à court terme : cf. Carte transports Campus

La solution reposera sur deux lignes dites structurantes :

- une connexion est-ouest  du plateau vers le RER B (Massy / gare du TGV, Orly) et vers le RER C (Saint-Quentin en Yvelines, Evry). Cette connexion serait en TCSP, dont les travaux entre l'Ecole Polytechnique et Saclay puis Magny-les-Hameaux sont à l'étude.
- une connexion nord-sud entre les Ulis, Courtaboeuf, le Guichet et le RER C à Jouy-en-Josas et Versailles. Le Plan Campus ne donne aucune information sur le projet d'un éventuel TCSP, ce qui laisse supposer l'utilisation des axes existants  (N 118  en particulier).

Des lignes de dessertes dites "fines" – "Midibus" de 50 voyageurs- assureront les besoins de mobilité interne et d'échanges entre les zones de logements, d'enseignement, de services, d'entreprises, du nouveau Campus vers les vallées :

  • de l'Ecole Polytechnique au CNRS à Gif-sur-Yvette
  • de la gare RER d'Orsay vers Supélec, Soleil, en utilisant les lignes de desserte de l'actuelle Université Paris XI et du plateau du Moulon.

3) Les projets à moyen et long terme :

Les solutions enterrées (métro) ou prolongement des RER, sont lourdes et coûteuses donc dites " incompatibles avec des échéances à court terme".

4) Les investissements financiers et coûts d'exploitation :

  • Le budget de la section de TCSP entre Polytechnique et Le Christ de Saclay s'établit à 35 M€ et à 30 M€ pour la section Christ de Saclay - HEC, INRA à Jouy-en-Josas.
  • Les coûts d'exploitation du nouveau dispositif sont de 22 M€/an.

Le Clusterman de demain devra compter sur les dessertes organisées par les acteurs du Plan Campus : CEA, Ecole Polytechnique, Thalès, Onera, ... qui ont créé leurs propres lignes de bus. Mais, pour les jeunes étudiants (avant d'être chercheur, on est étudiant) qui ne résideront pas sur place, rien n'est précisé. Les déplacements risquent de coûter très cher, les sociétés d'exploitation n'étant pas des entreprises philanthropiques...

Et les liaisons douces pour piétons et cyclistes ? A ce jour, 6 km sont réalisés entre Massy et Polytechnique. Pas d'autre projet à l'horizon 2010-2030 : le choix est simple, le "clusterman" risque d'utiliser en priorité une voiture particulière.

Posté par cas_orsay à 00:45 - L'O.I.N. Massy Saclay St Quentin - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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