Canalblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

F o r u m I n f o . b l o g

F o r u m I n f o . b l o g
F o r u m I n f o . b l o g
Derniers commentaires
21 juin 2026

Place du centre ville d’Orsay : on ne discute que des détails...

Le 4 juin dernier,nous étions sortis de la réunion de concertation sur la nouvelle place du centre ville avec une grosse interrogation : tout en disant qu’il s’agissait de régler des détails « d’ambiance », la mairie avait demandé aux participant.es de s’exprimer sur des orientations de fond pour cette nouvelle place (voir article précédent). Était-ce sincère? Ou juste une façon de faire taire les critiques sur cette concertation, mal menée par la municipalité depuis près de 10 ans, puis malmenée par les habitants durant la campagne des municipales?

 

En tout cas, le 4 juin, les participant.es s’étaient exprimé.es sans ambiguïté : oui à une place végétale et piétonne!

 

La réunion du 18 juin a levé l’interrogation : les quatre scénarios présentés concernaient bien les détails et non les grandes orientations.

  • Dans le scénario 1, le plus végétal, il n’y a finalement que 6 ou 8 arbres, sensés devenir grands, et quelques arbustes. Sans doute y a t il de bonnes raisons à cela, mais alors pourquoi avoir fait miroiter des images d’une place quasi forestière à la réunion précédente ?
  • Quant au caractère piétonnier, c’est encore plus criant : sur les quatre scénarios, un au moins aurait pu proposer une suppression de la circulation automobile, par exemple sur la portion de la rue de Paris entre l’entrée de la Bouvêche et l’actuelle librairie (hachuré en bleu sur le plan ci-dessous), de façon à ce que la quasi totalité du pourtour de la place soit alors sans voitures. Cela nécessiterait sans doute de repenser l’ensemble des circulations, mais si cela a pu être fait dans le quartier du Guichet, pourquoi pas dans le centre ville?

 

Au lieu de cela, on gardera un flux de voitures au plus près de la partie principale de la place, avec le bruit, la pollution et les dangers pour les piétons qui y circulent. Et cela quelque soit le scénario qui sera retenu parmi les quatre présentés lors de la réunion. Et quelque soit la forme des bancs que les habitants auront préféré (sans contester que la forme des bancs, c’est très important!).

Bref, Une occasion perdue de renouveler les pratiques démocratiques…

En bleu sur le plan, notre proposition d’extension de l’espace piéton

En bleu sur le plan, notre proposition d’extension de l’espace piéton

5 juin 2026

Concertation sur l’aménagement du cœur de ville : post-it et gommettes, c’est chouette !?

Une photo aussi floue que les tenants et aboutissants de cette réunion...

Une photo aussi floue que les tenants et aboutissants de cette réunion...

Hier soir, à la salle Jacques Tati, réunion publique à haut risque pour la nouvelle équipe municipale d’Orsay : le sujet était l’aménagement du « cœur de ville », c’est le joli nom donné à la nouvelle place située sur l’emprise de l’ancienne poste, le parking qui était derrière, et quelques beaux arbres qui avaient eu la mauvaise idée de pousser dans ce périmètre. Haut risque, car tout au long de la campagne électorale la question de cet aménagement a été un fardeau, voire un boulet, pour la liste « Énergies Orcéennes », héritière du projet du précédent maire, et confrontée à un mécontentement généralisé des habitant.es.

 

Parmi les principales critiques entendues durant la campagne électorale : une concertation en trompe l’œil, dans laquelle on a demandé aux orcéen.nes de choisir entre des options prédéfinies, sans que les attentes des habitant.es n’aient été sérieusement considérées ; une part de logements sociaux au minimum réglementaire, tous regroupés dans un seul bâtiment au lieu d’être distribués dans l’ensemble des édifices ; un projet d’urbanisme sur dalle très daté, avec abattage de grands arbres, alors que les canicules sont devenues fréquentes depuis les premières réflexions sur ce projet, qui date d’une dizaine d’années et qui semble aujourd’hui dépassé.

 

Qu’allait-il donc se passer ce soir ? Remise à plat de tout le projet ? On n’y croyait pas. Opération de « com », pour convaincre les gens que le projet est bon, mais que c’est eux qui ne l’ont pas bien compris ? Ils n’auraient pas osé. On a eu de fait un truc bizarre, très cadré, et présenté comme se situant dans la continuité du projet : il s’agissait ainsi de discuter des « éléments d’ambiance qui restent à préciser ». Et c’est quoi des éléments d’ambiance ? Des petits détails comme le design des bancs publics ? L’intensité de l’éclairage ? Et bien non, pas du tout, c’était :

  • 1, une place végétale ou minérale ?
  • 2, piétonnière ou carrossable ?
  • 3, animée ou calme ?
  • 4, mono-usage ou multi-usage ?

 

C’est à dire des choix entre de grandes options d’aménagement, qui auraient dû être débattues très en amont du projet. Comment peut-on proposer de discuter de cela alors que dans le même temps on précise qu’il y a « quelques invariants techniques et réglementaires » qui « ne sont pas négociables », comme « une implantation des arbres contrainte » (à cause des réseaux qui passent en dessous) ? Et qu’on annonce, comme un trophée, que 21,5 % de la place sera de pleine terre (et donc bétonnée à près de 80 %) ? Après le trompe l’œil, le jeu de dupe.

 

Mais le public a quand même accepté de jouer ce jeu (1), en s’exprimant dans des ateliers à base de post-it pour les idées et de gommettes pour voter entre les quatre options proposées. Toute question sur la méthodologie et les conditions de cette consultation avait été renvoyée à la fin de soirée, après les ateliers. Le tout était animé par un consultant spécialiste de concertation (du cabinet « Cityzens factory ») et une consultante spécialiste d’aménagement urbain (du cabinet « La condition urbaine »). Tous deux semblaient techniquement solides, mais percevant sans doute que les conditions de l’échange étaient biaisées. Verdict des gommettes : il est ressorti de leur synthèse que les participants voulaient une place végétale, piétonnière, multiusage, et ni trop animée ni trop calme, tout en pointant de possibles contradictions. Gageons que les partisans du tout-voiture, qui visiblement n’étaient pas présents ce soir, vont remonter au créneau. La boite de Pandore semble ré-ouverte…

 

Et puis il y a enfin eu le temps d’échange avec la salle, où sont ressorties, comme on pouvait s’y attendre, les questions fondamentales : Jusqu’où irait la piétonisation ? Comment penser cet aménagement en se projetant en 2050 ? Et plus tranchant encore : Le « cœur de ville » est-il bien celui dont on parle ? Ne faut-il pas penser cet aménagement dans un cadre élargi, incluant l’ancien hôpital (et ce qui va devenir), la mairie, le marché, la nouvelle poste, les autres parcs de la ville ? Question à laquelle l’élue en charge du dossier, Véronique France-Tarif, a répondu que ce n’était pas l’objet de la réunion, mais que la question était cependant pertinente...

 

Rémi Darmon a conclu en disant qu’il faudrait trouver le bon équilibre dans tout ce qui avait été évoqué, et tenir compte des contraintes budgétaires. Il était visiblement très satisfait de la soirée : « on a voulu lancer ce mandat avec une nouvelle façon de faire, et donc proposer des ateliers, des gommettes, des images, des réflexions, des contradictions aussi, c’était une nouvelle façon de concevoir l’action publique. » On n’est pas convaincu que post-it et gommettes puissent se substituer à une clarification sur les tenants et aboutissants de la concertation… Le prochain rendez-vous est fixé au 18/06 et ne sera pas forcément un îlot de fraîcheur…

 

(1) Voir le reportage dans les albums photos du blog

31 mai 2026

Nous ne nous laisserons plus voler nos existences ! Conférence de Ludivine Bantigny (2/2)

Nous ne nous laisserons plus voler nos existences ! Conférence de Ludivine Bantigny (2/2)

Dans le post précédent, nous avons rendu compte du diagnostic fait par Ludivine Bantigny du processus de fascisation à l’œuvre dans le monde, et plus particulièrement en France. Elle a ensuite détaillé ses propositions de lutte contre ce processus :

 

  • Recenser toutes les prises de positions du RN (programme, votes à l’assemblée, mesures prises dans des villes gérées par le RN, etc.), en montrant que c’est un parti qui agit contre les classes populaires et en faveur des plus riches.
  • Soutenir les médias indépendants (avec une mention spéciale à StreetPress) et mettre l’ensemble des médias à l’abri des forces de l’argent (comme le proposait le Programme du Conseil National de la Résistance).
  • Se fédérer à gauche (enfin la vraie gauche, celle qui ne s’est pas tournée vers le macronisme...), comme l’avaient fait les Fédérés de la Commune de Paris, pour faire face. Il y a plein d’initiatives de collectifs anti-fasciste à l’échelle locale. Avec un appel vibrant de la conférencière à ne pas exclure la France insoumise de ces collectifs, et de rejeter les attaques ignobles qu’elle subit. Message dont on mesure mieux la portée quand on sait que la conférencière s’était présentée comme n’appartenant pas à ce mouvement.
  • Repenser nos stratégies de lutte : il faut encore tirer les enseignements de l’échec du mouvement d’opposition à la réforme des retraites (mais aussi de la grêve victorieuse des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles) ; il faut aussi s’appuyer sur des mouvements spontanés issus de la base, comme des coopératives visant la maîtrise de nos biens communs et des moyens de production.
  • Établir un programme fort, visant une nouvelle répartition des richesses et basé sur la réfutation de l’idéologie de la « loi du marché », tout ce que le RN ne fera pas.

 

Elle conclut en rappelant qu’il y a aussi des luttes victorieuses, qu’il ne faut plus « se laisser voler nos existences » (autre slogan de manifestation) et que le capitalisme, petite parenthèse dans l’histoire de l’humanité, n’a rien d’inéluctable !

 

Dans les nombreuses questions que l’exposé a suscité, une interrogation est revenue plusieurs fois : Pourquoi vouloir faire cette différence entre le fascisme et l’extrême droite ? (voir post précédent). La réponse en version courte : « Si ce qu’on vit aujourd’hui était le fascisme, on ne serait pas là pour en parler ». Quand le fascisme arrive au pouvoir, c’est l’éradication totale des libertés. Et de citer à l’appui de son propos le livre de Daniel Guérin « La peste brune », récit de ses deux voyages en Allemagne en 1932 et 1933, c'est à dire avant et après l'accession de Hitler au pouvoir, montrant comment en quelques mois le nazisme a tout écrasé.

 

Son point de vue dans le détail, tel que nous l'avons compris: le danger de l’extrême droite est suffisamment élevé pour qu’on la combatte de toutes nos forces, sur la base d’une analyse précise, qui montre bien que l’extrême droite est le produit d’un système économique, sans qu’elle ne soit à ce jour en mesure de s’imposer par la force, ce qui nous laisse encore la possibilité de la combattre. Et pour cela, il est important d’utiliser les mots justes. Assez convaincant.

 

Parmi ses publications :

Face à la menace fasciste - Sortir de l'autoritarisme
Ludivine Bantigny et Ugo Palheta, 2021

La Bourse ou la vie - Le Front populaire, histoire pour aujourd'hui
Ludivine Bantigny, 2026

31 mai 2026

Ascenseur pour les fachos: conférence de Ludivine Bantigny (1/2)

Ascenseur pour les fachos: conférence de Ludivine Bantigny (1/2)

Comment faire face à la menace fasciste ? Vendredi 29/05 à Bures sur Yvette, l’historienne Ludivine Bantigny donnait une conférence sur ce thème, à l’initiative du NFP Val de Bièvres – Val d’Yvette et du groupe « Ensemble pour Bures ».

 

Retraçant au début de sa conférence les étapes de la montée du fasciste en Italie à partir de 1919 et de la prise de pouvoir « foudroyante » par Mussolini après sa marche sur Rome en 1922, la conférencière pointe tout d’abord les caractéristiques d’un État fasciste : établissement d’un ordre politique au service des puissants, totalitarisme, ce qui signifie éradication de toute forme d’opposition (et particulièrement le mouvement ouvrier), vision d’une société « holiste », c’est à dire dans laquelle les individus ne sont que des rouages au service d’un grand corps social unique, vision racialiste qui considère qu’il existe des races humaines présentant une hiérarchie entre elles.

 

Après ce cadrage, elle insiste d’emblée sur un point important à ses yeux : au regard de ces caractéristiques d’un État fasciste, ni le Rassemblement national (RN) ni le régime politique actuel ne peuvent être qualifiés de fascistes. Mais nous vivons bien un « processus de fascisation », d’où l’urgence d’en prendre conscience et d’agir tant qu’il est encore temps. On y reviendra.

 

Elle déroule ensuite les acteurs, composantes, signaux de cette fascisation en cours :

  • La multiplication, dans la sphère politique en France, d’affirmation complètement à contre emploi, visant à nous faire perdre nos repères, dans une ambiance proprement orwellienne (1) : « le fascisme, c’est l’extrême-gauche », « l’anti-facisme ne passera pas (2)», etc., visant préférentiellement la France Insoumise, identifiée comme le mouvement le plus en capacité de s’opposer à la montée de l’extrême droite.
  • Le soutien apporté par le capitalisme financier aux mouvements et idées d’extrême droite, car il a besoin de cet autoritarisme pour prospérer (3)
  • La montée des gouvernements autoritaires ou en voie de fascisation dans le monde (Victor Orban, Xavier Miley, Giorgia Meloni, Donald Trump, mais aussi la Finlande de Petteri Orpo).
  • La montée en France de groupuscules ouvertement fascistes, de connivence, malgré ses dénégations, avec le Rassemblement national. La question du droit des femmes est un exemple de convergence particulièrement visible.
  • La montée d’une presse d’extrême droite soutenue par des milliardaires, mais aussi malheureusement, la contamination insidieuse des médias du service public par le vocabulaire de l’extrême droite.
  • Enfin, la reprise, par le gouvernement actuel ou par des hommes politiques comme Édouard Philippe ou Bruno Retailleau, des propositions de l’extrême droite (avec la loi immigration par exemple). Sans oublier, sujet qui fâche, la responsabilité d’une certaine « gauche » quand elle était au pouvoir (cela commence avec Jacques Delors...), d’avoir mené une politique de droite. Ces errements d’une partie de la classe politique, traduits dans un slogan de manif par «Ascenseur pour les fachos (4)» a un caractère dévastateur, car elle sème la confusion dans l’esprit des électeurs, ce qui profite au RN.

 

Mais alors, « Que faire ? »

Les propositions de Ludivine Bantigny dans le prochain post !

 

(1) Dans le roman « 1984 », Georges Orwell imagine le concept de « doublepensée », c’est à dire le fait de faire coexister deux points de vue opposés (« La guerre est la paix » « la liberté est l’esclavage » « l’ignorance est la force »). Cela suppose la perte de tout esprit critique, ce que recherche le régime autoritaire du  livre
(2) Référence au slogan « No passaran » des antifascistes espagnols
(3)Voir Marlène Benquet, « La finance aux extrêmes, Enquête sur le capitalisme autoritaire en France »
(4) Jeu de mots sur le titre du film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud »

 

14 avril 2026

Orsay, tu l’aime$ ou tu la quitte$ ?

Conseil municipal du 21 Mars 2026, deuxième épisode:

 

Après la fugace candidature de Nathanaël Rognon, c’était le moment, plus convenu, du discours de candidature de Remi Darmon. Tout en rondeur, évoquant tout à tour "la ville où il fait bon vivre", avec un "haut niveau de services publics", où "la nature a toute sa place", la richesse du monde associatif, la culture, le sport qu’il continuera à soutenir. Ça ronronne, et l’on a alors une quasi révélation : et si Orsay était juste un petit coin de paradis ? Et puis bim !, on se prend soudain un retour de manivelle de réalité brute, d’autant plus violente qu’elle est présentée comme une fierté de notre ville. Extrait du discours de Rémi Darmon : "Ensuite on a parlé d’une ville tournée vers l’éducation et le bien grandir(1). Le cadre proposé à Orsay constitue l’une des raisons de s’installer dans notre ville, c’est une évidence, on a beaucoup parlé avec des papas, des mamans, et je me rappelle de cette maman me dire que oui à Orsay le prix de l’immobilier était cher mais qu’on faisait le choix de rejoindre la ville notamment pour le cadre éducatif et le cadre scolaire. Ca restera notre priorité absolue […]"

 

Réécrivons ce passage en demandant un petit coup de main à Pierre Bourdieu et Monique Pinçon-Charlot, deux sociologues qui ont étudié comment fonctionnent les logiques de  ségrégation sociale : les prix très élevés de l’immobilier entraînent une sélection des habitants d’Orsay, favorisant des gens à fort capital économique et culturel, dont les enfants sont donc parfaitement adaptés à un système scolaire élitiste. Ces élèves brillants contribuent ainsi à la réputation de qualité de l’enseignement, les établissements scolaires se retrouve sans trop d’effort au sommet dans les ranking de performance, ce qui a son tour rend la ville attractive et pousse les prix de l’immobilier à la hausse. Et l’on est parti pour un nouveau round de sélection des plus aisés(2). Casser ce cercle vicieux suppose une politique volontariste de construction de logements sociaux, mais ce n’est certainement pas ce qui est dans la tête du maire quand il parle de "priorité absolue". Pour le dire de façon un peu cash, la priorité c’est de perpétuer l’entre-soi orcéen. Faire le choix de rejoindre cette ville suppose avant tout d’en avoir les moyens financiers.

 

La force de ces processus de distinction est telle qu’ils paraissent naturels à celles et ceux qui en bénéficient, alors qu’ils se manifestent dans toute leur violence symbolique pour celles et ceux qui les subissent. Avant que l’on nous taxe de procès d’intention quelques signaux : on n’a pas vu dans le programme de Rémi Darmon d’éléments sur le logement social. On a par contre vu que si le dossier de l’enseignement scolaire était confié à sa première adjointe (Marie-Charlotte Benichou), ce qui est en soi une priorité louable, celui du logement était attribué à son avant-dernière conseillère déléguée, Yann Ombrello, 17ème dans l’ordre des conseillers, ordre qui reflète certainement les priorités de la mandature. On lui souhaite bien du courage dans sa mission !

 

(1) Le "bien grandir", le "bien vieillir", le bien ceci, le bien cela, c’est un tic de langage en croissance fulgurante. Ça permet de donner un vernis positif et performant à n’importe quel sujet sans apporter le moindre élément sur ce qu’on va faire vraiment. On sait juste que ça sera bien, et c’est cool.

 

(2) Les cadres et professions intellectuelles supérieures passent de 26 % de la population orcéenne en 2011 à près de 33 % en 2022, seule catégorie socioprofessionnelle dont la part augmente sur cette période tandis que toutes les autres reculent (source INSEE).

 

13 avril 2026

Ne votez pas pour moi !

Conseil municipal du 21 Mars 2026, premier épisode. 

Samedi 21 mars 2026 à Orsay, c’était la séance d’installation du nouveau conseil municipal et d’élection du maire d’Orsay. Après les formalités d’installation des élus(1) vient l’heure de l’élection du maire. A la surprise générale, Rémi Darmon, à la tête de 26 élus sur un total de 33 et donc sûr d’être élu, n’est pas le seul candidat.

 

Nathanaël Rognon--Berchtold, l’unique représentant de la liste Orsay Insoumise et solidaire, présente sa candidature à la fonction de maire. Il rappelle la légitimité de sa présence au conseil municipal, fort de plus de 10 % des voix recueillies par sa liste, et d’un programme de 43 pages avec des propositions construites tout au long de la campagne « pour des politiques municipales socialement engagées, reposant sur un renouveau de la vie démocratique ». Puis il précise sa posture pour la mandature à venir : « pousser ces propositions de rupture au conseil municipal et dans le débat public [...]et jouer un rôle de contre-pouvoir à chaque fois que nous ne serons pas d’accord avec l’équipe qui sera en place dans la ville » Une déclaration d’indépendance claire, renforcée par une conclusion en forme de pied de nez : « Ne votez pas pour moi! », sympathiquement applaudie par une partie des conseiller municipaux, dont Rémi Darmon.

 

Un joli coup ! On sent que l’on devra compter avec cet élu et l’équipe qui le soutient pour bousculer la ville politique orcéenne, autant sur le fond que sur la forme, ce qui est réjouissant!

 

(1) On notera au passage sept démissions d’élus de la liste de Louis Leroy, des passionnés, sans doute prêts à prendre des postes en cas de victoire, mais pas prêts à accompagner leur champion dans la minorité au conseil municipal...

11 avril 2026

Les CAS sont de retour !

Les quoi ? les CAS ? Les citoyens actifs et solidaires ? De retour ? Et les citoyennes actives et solidaires, de retour aussi ?

 

Ben oui, on vous a laissés en plan, en pleine fin de campagne des élections municipales de 2020... Dans notre dernier post, en date du 8 mars 2020, nous avions publié les réponses des candidats à une liste de propositions que nous leur avions adressée. Et puis plus rien, pas même un petit au revoir. Manque de temps, de motivation aussi...

 

Six années ont passé, un mandat municipal entier, initié en mars 2020 par David Ros (son troisième) et achevé par Rémi Darmon en mars 2026. Alors, pour reprendre notre blog là où nous l'avions laissé, il est intéressant de relire les réponses que la liste conduite par David Ros apportait en 2020 à nos propositions. Par exemple, la proposition n°43: "Systématiser le quotient familial pour l’accès aux activités sportives et culturelles", avait reçu la réponse D: "Cette proposition ne faisait pas partie de notre programme, mais nous nous engageons à étudier sa mise en œuvre au cours de notre mandat". Au total plus d'une dizaine de réponses "D" à des propositions qui, pour la plupart, sont restées à l'état d'étude pendant six ans...

 

Le 15 mars 2026, une nouvelle équipe municipale a été élue (nous y reviendrons dans un prochain post). Cela nous motive pour reprendre nos activités : 

  • observer et commenter la vie politique locale (voire nationale)
  • faire des propositions pour une démocratie plus vivante
  • et surtout ne pas se prendre trop au sérieux...

 

les CAS sont bien de retour...😊

 

8 mars 2020

Municipales 2020 : des candidat.e.s réagissent à nos propositions

Comme nous l’annoncions suite à notre participation à la journée des associations, nous nous sommes modestement engagés dans le débat des élections municipales en soumettant nos propositions pour Orsay à l’ensemble des listes candidates.

Nous avons reçu deux réponses, celles des listes « Orsay en action » conduite par Jean-Christophe Péral et « Ensemble, Vivons Orsay » conduite par David Ros. En ce qui concerne les deux autres listes, ne pas avoir répondu à ce questionnaire sans même s’en expliquer nous semble envoyer un très mauvais signal aux habitant.e.s sur les intentions des candidats, notamment pour celui qui affirme dans l’une de ses vidéos qu’il n’y a « pas de question interdite, pas de sujet tabou »...

On note avec satisfaction que, parmi nos 46 propositions, les deux listes qui nous ont répondu en ont identifié une dizaine, voire plus, qui ne faisaient pas partie de leur programme mais dont elles s’engagent à étudier la mise en œuvre pendant leur mandat. On garde cela en tête...

Pour un tiers de nos propositions, la réaction de la liste conduite par JC. Péral est mitigée :
- soit que ces propositions ne font pas partie de leur priorités (comme par exemple l’idée de mettre en place un comité citoyen de suivi des promesses de campagne électorale),
- soit que les co-listiers ne souhaitent pas se prononcer, par exemple sur la crise au SIOM ou sur l’accueil des gens du voyage (dans son commentaire général, JC. Peral fait état des réticences de ses colistiers sur certaines de nos propositions, lui même y étant à titre personnel favorable : mais alors, cette liste n’est-elle pas trop hétéroclite?),
- soit encore, dans un cas, que la liste s’oppose à une de nos propositions : celle d’instaurer un volume d'eau à prix réduit pour les besoins essentiels. Rien de révolutionnaire pourtant, il s’agit juste de considérer que, pour les besoins vitaux, l’eau doit être très peu chère, car c’est un droit fondamental, et que plus l’on va vers des besoins de « confort », plus le tarif augmente, ce qui au passage incite à faire des économies. La ville de Libourne l’a fait, pourquoi pas nous ?

Pour plus de la moitié de nos propositions, la liste conduite par D. Ros déclare les avoir déjà dans son programme. Mais on n’y retrouve pas notamment notre proposition, déjà citée plus haut, de mettre en place un comité citoyen de suivi des promesses de campagne électorale. Et pour la plupart des autres, on ne les retrouvent pas toujours de façon explicite. Nous prenons donc acte de ces déclarations d’intention avec vigilance. Par ailleurs, une dizaine de nos propositions sont évaluées comme ne relevant pas des compétences du Maire : c’est sans doute vrai, mais n’est-ce pas une façon facile de se défausser, comme par exemple au sujet de l’urbanisation du plateau de Saclay ? Il y a enfin deux propositions sur lesquelles les co-listiers ne souhaitent pas se prononcer : d’une part le refus du cumul de mandats électoraux, simultanés ou répétés dans le temps (on comprend pourquoi, puisque David Ros se présente pour un troisième mandat consécutif), et d’autre part le refus d’un projet d’hôpital réduisant encore l’accès aux soins (logique également, puisque l’actuel Maire défend ce projet de nouvel hôpital et ne partage pas notre diagnostic à son sujet).

Au delà de ce qui transparaît dans les réponses à notre enquête, cette liste a elle aussi un caractère hétéroclite : à côté des alliés traditionnels du PS (EELV, PCF) qui étaient déjà dans l’actuelle majorité, on retrouve 4 candidats LREM, dont trois en position d’être élus en cas de victoire. S’opposer au niveau national sur des grandes options de société et gouverner ensemble localement : de quoi déconcerter bon nombre d’électrices et électeurs...

Cette analyse se termine volontairement sans conclusion : nous publions ici pour la liste Péral et  ici pour la liste Ros l’ensemble des réponses apportées par chacune des listes pour que chacun puisse se faire sa propre opinion.

 

11 novembre 2019

Dessine-moi une ville : les propositions des CAS pour les élections de 2020 à Orsay

DSC06288A la journée des associations, au mois de septembre, nous sommes venu.es avec des propositions, dans la perspective des élections municipales et communautaires de 2020, et nous avons organisé un jeu-sondage sur les attentes et les envies des visiteurs et visiteuses de notre stand.

Revendiquer la transparence des décisions prises à l’échelle de la communauté d’agglomération Paris-Saclay, renouveler les outils de participation citoyenne et de suivi de l’action publique, mettre en place un projet territoire-agriculture-alimentation ambitieux, réduire l’impact de la N118 sur la santé de ses riverains, refuser un projet d’hôpital réduisant encore l’accès aux soins, régler le conflit au SIOM sans préjudice pour les salariés, considérer l’eau comme un bien commun, démocratiser l’accès au soutien scolaire, à la culture et au sport : voici quelques unes des propositions les plus partagées par les unes et les autres. Sans oublier la proposition la plus appréciée : Remettre des espaces verts dans les cours des écoles !

Retrouvez ici le résultat du jeu et l'ensemble des propositions, qui seront la base de notre engagement dans la campagne des élections 2020.

A suivre !

6 octobre 2019

Autos-vélos : pâté d’alouette entre Saclay et Courtaboeuf

A grands renforts de trompettes, l’État annonce avoir sélectionné 152 projets, répartis sur toute la France, dans le cadre du "Plan Vélo et mobilités actives". Leur seront alloués 43,7 millions d'Euros, principalement pour assurer la continuité d'itinéraires aujourd'hui fractionnés.

Grandiose, pensez-vous? Que nenni !

Commençons par un peu de nombrilisme orcéen : on peut aisément constater en feuilletant la liste des projets retenus qu'aucun ne concerne le territoire de la CPS (Communauté Paris-Saclay) et a fortiori rien de rien pour Orsay. Tant pis pour nous ; nous continuerons d'affronter les pistes mal fagotées qui commencent et débouchent nulle part, de nous contenter des silhouettes de cycliste sur la chaussée, de devoir céder la priorité à tous les véhicules vrombissants sans même qu’ils soient prévenus de notre éventuelle survenue, de faire des détours pénibles, d’ahaner en poussant nos montures dans les escaliers, de risquer notre vie aux carrefours méprisant piétons et cyclistes...

Vélos = 43 M€ sur toute la France vs autos = 150 M€ de Saclay à Courtaboeuf

Mais savez-vous qu'en même temps, la dite CPS, l'EPAPS (Etablissement public d'aménagement Paris-Saclay), le Département, la Région et l’État vont engloutir près de 150 millions d'Euros dans la modification de trois ronds-points ("ring" des Ulis et carrefour de Mondétour, Christ de Saclay, rond-point de Corbeville) ; ceci dans la vaine perspective d’arriver à faire passer encore plus de voitures par la N118 et, par conséquent, de nous encrasser un peu plus les bronches (et il n'est toujours pas envisagé de recouvrement de la N118, notamment dans la cuvette orcéenne, seule opération qui s'intéresse aux habitants).

Certes, ces aménagements comprennent une amélioration des itinéraires cyclables dont on peut facilement imaginer la faible part dans ces travaux titanesques dévolus à la voiture. De plus les documents de l’enquête publique du projet d’aménagement du ci-devant rond-point et désormais « échangeur » de Corbeville mettaient en relief la désinvolture avec laquelle y sont traités les itinéraires cyclables.

Voilà une nouvelle preuve du peu de considération pour les "mobilités actives" par rapport au culte du tout-voiture : 43 millions sur toute la France d’un côté et 150 millions pour trois ronds-points de la N118.

Lien vers les projets sélectionnés sur le site de France mobilités.

 

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>