Éditorial du ForumInfo n°6, novembre 1998

Le congrès de l'Association des Maires de France fait ressurgir une crise de la fonction de Maire. Un point retient notre attention, c'est la pression des intérêts particuliers qui exerce un poids croissant sur les élus, aux dépens de l'intérêt général.

Le projet politique, ou encore l'intérêt de la collectivité sont-ils solubles dans l'individualisme ? Un représentant de la municipalité a répondu récemment au conseil d'école, qu'on ne pouvait pas mettre de ralentisseurs parce que les riverains les feraient déplacer.

La participation de tous au décisions locales doit pouvoir être une garantie cantre les pétitionnaires protecteurs de leur simple pré carré. Car pour répondre négativement aux pétitions défendant des intérêts privés, encore faut-il que puissent s'exprimer pleinement les visions et attentes des uns et des autres. La pétition ne peut être une modalité courante d'expression, en revanche, elle demeure un moyen ultime et légitime lorsqu'il n'y a pas d'instance de dialogue.

Si l'on ne veut pas que la ville se transforme en une officine prestataire de service à des clients, une éducation à la citoyenneté locale est incontournable. Et non pas seulement un discours de proximité, qui cache un art de réduire les dépenses sans faire de vague, en attendant 2001.