Que faut-il a minima pour qu’un processus de concertation ait des chances d’être fructueux ? Il faut que tous ceux qui veulent y participer puissent disposer de la même information, pour être « à armes égales ». C’est d’ailleurs le cas lors des procédures de débat public, où toutes les études préparatoires d’un projet d’aménagement peuvent êtres consultées par le public, qui a de surcroît la possibilité d’exiger des études complémentaires.

Dans le cas de la concertation en trompe l’œil proposée actuellement, rien de cela. Lors de la réunion qui s’est tenue mercredi 6 avril à l’Institut d’optique (cf article précédent), tout portait à croire que l’EPPS (Etablissement Public Paris-Saclay), promoteur du projet, disposait déjà de deux études cruciales : la première portant sur l’hydraulique et la gestion de l’eau du plateau - un des diaporamas présenté mercredi montrait une proposition de création de nouveau bassins, d’une grande rigole, toutes choses que l’on ne peut faire sérieusement sans disposer d’une étude hydraulique. L’autre est la fameuse étude de la SAFER, qui recense les terres agricoles du plateau, outil essentiel pour la délimitation des 2300 ha de terres agricoles inscrites dans la loi. Cette étude a plusieurs fois été citée lors de la réunion comme un travail remarquable réalisé dans un délai très court.

Mais que se passe-t-il quand on demande en réunion publique la communication de ces documents au milieu associatif, pour que celui-ci puisse affûter ses arguments ? Des réponses du style « ils vous seront communiqués dès qu’ils seront rendus public », admirez la tautologie, ou bien du style venez en discuter dans nos petites réunions privées de roulage dans la farine dont on a le secret. Toujours la concertation au bon vouloir du Prince…Mais en attendant nous ne disposons toujours pas des informations. Gageons que ces documents seront rendus publics quand les décisions seront prises et qu’ils ne pourront plus servir aux associations pour argumenter leur position…