Les enfants dans les cours de récréation (les adolescents aussi) jouent souvent à « tu préfères ». Ce jeu est très simple : chacun à tour de rôle est confronté à un choix entre deux options, aussi insupportables l'une que l'autre, proposé par un autre joueur. Exemple : « tu préfères : marcher pieds nus sur des œufs pourris, ou bien te faire un shampoing au roquefort ? ». L'attrait du jeu est qu'il faut obligatoirement choisir une option, on n'a pas le droit de se défiler (même si ce choix reste verbal, donc virtuel). Puisqu'on a le choix, il faut bien choisir, non ? Ça paraît très bête, mais, si on y pense bien, ça doit être une façon qu'ont trouvé les enfants de se familiariser avec des questions importantes, comme la notion de liberté, de libre arbitre, et d'apprivoiser les paradoxes de la vie. Bref un jeu d'enfant.

Avec l'enquête publique sur le contrat de développement territorial (CDT) Paris-Saclay Territoire Sud, c'est à une partie de « tu préfères » que nous sommes conviés. Voici la question : tu préfères ne pas répondre à l'enquête publique parce que c'est au minimum une entourloupe (mais du coup tu passeras pour un affreux opposant systématique qui veut juste s'opposer) ou bien y répondre et, en te prononçant sur les petits bouts que l’Établissement Public Paris-Saclay  propose, donner une caution de bonne pratique démocratique à un projet qui ne l'a jamais été depuis le début ?

La différence avec le jeu des enfants, c'est qu'on n'est pas obligé de choisir. On a donc choisi une troisième option : ne pas répondre à l'enquête publique, c'est à dire ne pas répondre sur l'inventaire qui nous est proposé, mais répondre sur l'enquête publique, point culminant de 10 années de faux semblants et de dénis de démocratie. Et finalement montrer, sur trois exemples, ce qu’un vrai débat public aurait pu apporter à ce projet

Télécharger ici la contribution des CAS à l'enquête publique sur le CDT